Campagne électorale

Pourquoi attendre à la fin de la campagne électorale – qui débutera officiellement le 23 août prochain – pour parler des bons et des moins bons coups médiatiques des principaux partis et de leurs chefs ?

En pleine campagne pré-électorale, regardons de plus près ce qui s’est passé dans les médias sociaux au cours des derniers jours…

Twitter : un engagement plus élevé pour le PLQ

Depuis le 1er août, le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec sont très actifs sur Twitter, mais leurs résultats sont différents. Ainsi, même si leur auditoire est semblable (40 000 pour le PLQ, 36 000 pour la CAQ), le taux d’engagement des libéraux est de 1,02 %, contre 0,25 % pour les caquistes. Et 1 libéral sur 603 retweete, contre 1 caquiste sur 2 324.

Alors que la Coalition avenir Québec retweete pratiquement aux heures, Québec solidaire semble manquer de ressources attitrées à sa présence sur les médias sociaux avec, en moyenne, un tweet par jour.

Pour ce qui est du PQ, la stratégie est à toutes fins pratiques axée sur le chef Jean-François Lisée. Sa vice-cheffe, Véronique Hivon, est peu présente, et on retrouve encore sur sa page des tweets de janvier dernier…

Facebook : les libéraux causent plus

Même si la CAQ regroupe plus d’abonnés que le PLQ – 53 000 vs 47 000 abonnés – c’est le parti de Philippe Couillard qui se démarque sur Facebook avec 17 000 de ses abonnés qui en parlent, vs moins de 3 000 pour les troupes de François Legault. Et 1 libéral sur 595 commente, contre 1 caquiste sur 1 440.

Tout comme sur Twitter, les péquistes axent leurs communications sur Facebook autour du chef. Et QS est à la traîne.

Suggestions à tous les partis : les gestionnaires de communauté des partis politiques auraient tout intérêt à inscrire des « J’aime » à la suite des commentaires positifs que publient les Québécois sur leurs différentes plateformes.

RÉAGIR AUX COMMENTAIRES AVEC DES « J’AIME », C’EST INTERAGIR COMME ÇA SE FAISAIT ÉNORMÉMENT, AUPARAVANT, DANS LE PORTE-À-PORTE.

Instagram : seul Philippe Couillard a compris

Instagram a été créé pour mettre des gens, leurs plus belles recettes et des paysages magnifiques en valeur. Pas pour aligner des BBQ et des épluchettes de blé d’Inde…

C’est pourtant ce que font les trois plus importants. QS y est absent.

Cependant, l’entourage du chef des libéraux, Philippe Couillard, publie de belles photos d’ambiance sur son compte personnel, mais à peu près uniquement des photos insipides de BBQ sur le compte du PLQ.

Alors que Philippe Couillard compte près de 8 % d’engagement, François Legault n’a aucune activité sur son compte Instagram…

Jean-François Lisée : du pareil au même

Suivre le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, sur Facebook ou sur Twitter ne change rien : le contenu est à peu près identique sur les deux plateformes.

François Ouimet : silence radio sur Facebook…

La dernière publication du député François Ouimet sur Facebook remonte au 6 août. Il confirmait alors à une journaliste sa candidature à la prochaine élection…

Est-ce parce qu’ils étaient trop ébranlés ? Le député de Marquette, François Ouimet, qui a fait mercredi une sortie orageuse contre son ex-chef Philippe Couillard dans les médias traditionnels, et son entourage n’ont rien publié sur sa page Facebook…

Voilà pour l’instant. Dans une semaine, le coup de départ officiel à une campagne électorale déjà bien amorcée sera donné. D’ici là, les partis politiques ont toujours le temps de peaufiner leur stratégie sur les médias sociaux tout en n’étant pas à l’abri d’autres controverses comme celle de François Ouimet…

Qui a dit que, désormais, ce sont les médias sociaux qui allaient dicter le ton des campagnes électorales ?

Depuis déjà trois semaines, une coalition syndicale a pris d’assaut les poteaux de téléphone de plusieurs villes-clés du Québec; c’était le sujet de notre billet de la semaine dernière. Et aux États-Unis, c’est grâce à la bonne vieille télévision que les campagnes de dénigrement d’adversaires monopolisent, ces jours-ci, des budgets considérables.

Mais, revenons au Québec où une campagne d’autodérision du Parti Québécois constitue notre bon coup médiatique de la semaine.

Combien ?

À l’époque où le comédien Claude Blanchard débutait ses blagues de stand-up par « C’est l’histoire d’un gars, comprends-tu… », les Québécois disaient : « Parlez-en en mal ou en bien, mais parlez-en ! ». On était encore bien loin de l’analyse des données quantitatives et qualitatives…

Claude Blanchard. Source : fr.canoe.ca

Incidemment, c’est avec des blagues du style de Claude Blanchard qu’Upperkut – l’agence qui a grandement contribué à la notoriété de la future mairesse de Montréal, Valérie Plante – a permis à son client, le Parti Québécois, de faire la manchette au cours des derniers jours.

En seulement quatre jours, les médias traditionnels ont parlé de cette campagne d’affichage au moins 291 fois !

C’est d’ailleurs cet humour qui a inspiré le chroniqueur Mario Girard. Dans La Presse+, mardi, sa chronique intitulée Claude Blanchard à la rescousse du PQ a généré, à elle seule, un gain de réputation de plus de 70 000 $ au Parti Québécois !

La veille, au 98,5 FM, le chroniqueur politique et ex-ministre péquiste, Yves-François Blanchet, et l’animateur Louis Lacroix avaient eu des commentaires favorables envers cette campagne – ce qui a valu au PQ un gain additionnel de plus de 23 000 $ à cette heure de grande écoute.

L’OBJECTIF DU PQ EST ÉVIDENT : S’INSÉRER DANS L’ACTUALITÉ, ALORS QUE LES MÉDIAS SEMBLENT CROIRE QUE LA PROCHAINE ÉLECTION SERA DISPUTÉE ENTRE LE PLQ ET LA CAQ.

Il s’agit d’une campagne qui vise une clientèle jeune et branchée – contrairement au « PQ grisonnant » que veut transformer Paul St-Pierre Plamondon… Le tout premier message a provoqué plus de 1200 « J’aime », les suivants toujours plus de 300.

 

Avec près de 25 000 tweets, le PQ a dominé, au cours des derniers jours, parmi les partis politique au Québec.

 

Les caricaturistes s’en donnent à coeur joie avec cette formule d’humour questions et réponses…

 

… Et les électeurs aussi !

La campagne de… la campagne !

Ce qu’Upperkut vient de réussir une fois de plus – et c’est rare – c’est de créer « la campagne de la campagne ».

Qu’ils l’avouent ou non, tous les créatifs et les agences publicitaires rêvent que leurs campagnes aillent au-delà des médias où ils ont acheté de l’espace et du temps d’antenne afin qu’elles deviennent « the talk of the town », ce dont on parlera à la machine à café au travail ou dans les épluchettes, cet été.

Avec cette campagne du PQ, c’est réussi !

Il fallait y penser : alors qu’une campagne électorale s’annonce et que les médias n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent durant l’été, une coalition syndicale a voulu s’imposer dans l’actualité en créant une campagne d’affichage. Mission accomplie !

Mais… Rapidement, un bras de fer s’est engagé entre la Ville de Québec et la coalition syndicale – chacune interprétant à sa façon la réglementation portant sur l’affichage.

Rappel des faits

  • Le 17 juillet, une coalition de six syndicats prend d’assaut les poteaux de certaines villes – Québec, Roberval, Montréal et Saint-Jérôme – afin d’y installer des affiches d’allures électorales sous le thème « Libécaquiste Caquibéral : du pareil au même » ;
  • Graduellement, plusieurs autres villes ont droit à un tel affichage selon une habile stratégie de presse qui consiste à recréer la nouvelle !
  • Rapidement, la Ville de Québec réagit en invoquant sa réglementation interdisant un tel affichage. Débute alors une partie de bras de fer entre la Ville et la coalition syndicale – bras de fer qui se poursuit ;
  • À Québec, des employés municipaux enlèvent les affiches et, aussitôt, les syndiqués – qui avaient sans doute prévu le coup – en installent d’autres ;
  • Puis, à la suite d’un apparent réchauffement des relations – quand la Ville de Québec a invité la coalition à formuler une demande d’affichage formelle – les choses se gâtent de nouveau mercredi : l’administration municipale avise la coalition syndicale qu’elle s’expose à des amendes de 400 000 $ par jour en cas de récidive.

Combien ?

Jusqu’à maintenant, il y a eu trois vagues importantes dans les médias. Et d’autres étapes suivront assurément !

Nous avons analysé deux de ces retombées :

  • La Ville juge les pancartes illégales, Le Soleil, 20 juillet, page 3. Pour la Ville de Québec, le titre et l’amorce sont positifs. Pour la coalition syndicale, la photographie et la légende sous la photo sont déterminantes. Gain de 24 323 $ pour la Ville de Québec et de 25 289 $ pour « les syndicats » ;
  • Des affiches syndicales qui pourraient coûter cher, Le Journal de Québec, 2 août, page 9. La Ville de Québec essuie des citations négatives de la part du directeur québécois du SCFP, Marc Ranger, et elle a choisi de ne pas répliquer. Gain de 3 113 $ pour la Ville de Québec et de 4 242 $ pour « les syndicats ».
  • Plusieurs réputations, plusieurs bénéfices

Certaines méthodologies d’analyse du contenu des médias traditionnels et sociaux permettent de déterminer le gain de réputation – ou le déficit – au bénéfice des entreprises, des organisations, des marques ou des personnalités.

LA COALITION SYNDICALE A PARTI LE BAL. ET LES AUTRES VILLES ONT DÛ RÉAGIR, LES UNES APRÈS LES AUTRES.

Dans ce cas-ci, les syndicats ont créé la nouvelle, et de très nombreuses villes – notamment Québec, Montréal, Laval, Saint-Jérôme, Sainte-Catherine et plusieurs autres – se sont retrouvées dans les médias, à cause d’un enjeu qu’elles n’ont pas choisi. Conséquemment, les retombées pourraient être analysées au bénéfice des syndicats et de chacune des villes mentionnées.

La Ville de Québec est gagnante

Au moment de débuter un mandat, c’est le client qui détermine le bénéfice qu’il recherche. C’est le seul moment où le client peut avoir un certain impact sur le mandat qui sera réalisé à l’externe.

Ainsi, bien qu’elle aurait probablement voulu éviter toute la couverture de presse sur l’affichage syndical, la Ville de Québec – qui a choisi la ligne dure – pourrait vouloir connaître son gain de réputation en fonction de sa stratégie.

De ce point de vue, la Ville de Québec a su tirer son épingle du jeu dans son bras de fer contre les syndicats, et plusieurs retombées lui sont favorables – ou relativement neutres, ce qui, dans les circonstances, est très bon pour sa réputation.

… et la coalition syndicale aussi

Pour sa part, la coalition syndicale pourrait faire analyser l’ensemble de sa couverture dans les médias traditionnels et sociaux au bénéfice de « les syndicats » – une appellation qui a été beaucoup plus utilisée par les médias que « coalition syndicale ». Et chacun des syndicats pourrait vouloir connaître le nombre de mentions à son sujet, tout en sachant que c’est le leader du groupe – le Syndicat canadien de la fonction publique et son porte-parole, Marc Ranger – qui a pris le haut du pavé.

Chose certaine, c’est Mission accomplie ! pour les syndicats qui se sont démarqués, jusqu’à maintenant, dans l’avant-campagne électorale.

inauguration Donald Trump

Couverture médiatique de l’inauguration à travers le monde

  • ​Les ¾ de la couverture proviennent de l’Amérique du Nord
  • 18 % de la couverture en provenance des médias de l’Europe, surtout de la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
  • Et la Russie ? 1 % de la couverture en Europe… C’est peu.
  • Ton de la couverture : moitié positive (discours de M. Trump, parade, bals, etc.) et l’autre moitié négative (visibilité des manifestations, critiques, peur et opposition).

couverture inauguration Trump

Donald Trump sur les médias sociaux

  • ​Donald Trump publie 13 publications par jour en moyenne sur les médias sociaux (Twitter, Facebook et Instagram) depuis le 9 novembre.
  • Plus de 900 publications au total
  • Les mots clés les plus utilisés par Donald Trump :

#usa
#trumpTrain
#MAGA
#MakeAmericaGreatAgain
#AmericaFirst
#ThankYouTour2016

  • ​Donald Trump est actif sur Twitter, mais aussi sur Facebook et Instagram …
  • Depuis le 9 novembre, c’est d’ailleurs sur Facebook qu’il a le plus publié.

Facebook : 380 publications
Twitter : 359 publications
Instagram : 178 publications

  • ​Ses abonnés interagissent d’ailleurs plus sur Facebook et Instagram que sur Twitter.
  • ​Durant l’inauguration (19 au 21 janvier), plus de 15 millions d’interactions (j’aime, partage, commentaires, retweet) de ses « fans » ou détracteurs sur les plateformes sociales de Donald Trump. ​
  • C’est plus de 40 000 « j’aime » (ou commentaires, partages, etc.) à chaque minute…

Trump Twitter

Trump Instagram

La présidentielle américaine a été exceptionnelle sur plusieurs aspects, y compris pour la couverture médiatique !

Contrairement à la tendance habituelle, les médias américains n’ont pas suivi les sondages. Depuis le début du mois d’août, peu de journées n’ont passé sans que Donald Trump ne soit plus couvert qu’Hillary Clinton.

Même lorsque la candidate démocrate dominait sur son adversaire dans les sondages, le candidat républicain demeurait plus médiatisé.

À l’aide de l’outil d’analyse médiatique Eureka.cc Analytik, Mesure Média a trié près de 400 000 retombées de presse, et ce, uniquement entre le 1er août et le 7 novembre 2016 !

Voici quelques données:

  • Les médias américains ont plus couvert Donald Trump que Mme Clinton : 53 % vs 47 %.
  • Toutefois, le ton de la campagne a été souvent négatif. M. Trump a été éclaboussé par des scandales fort médiatisés, dont ses propos controversés sur les femmes.
  • Malgré une couverture plus abondante, M. Trump s’est retrouvé régulièrement en déficit de réputation dans les médias.

médias et présidentielle américaine

 

Évolution de la couverture par jour dans les médias américains

  • Les trois pointes médiatiques de couverture représentent les trois débats qui ont eu lieu entre Hillary Clinton et Donald Trump.
  • Les médias ont davantage couronné Mme Clinton comme gagnante de ces débats.
  • Deux controverses ont aussi affecté M. Trump en marge de ces débats, soit le fait qu’il avait évité de payer ses impôts pendant plusieurs années et ses propos sur les femmes.

couverture média présidentielle américaine

 

Couverture de la présidentielle américaine à travers le monde

  • Plus balancé que les médias américains, les médias à travers le monde ont toutefois accordé une part égale d’attention aux deux candidats. couverture médiatique présidentielle américaine

 

  • Plus de 70 % de la couverture médiatique de la présidentielle américaine provient de l’Amérique du Nord, suivi de 19 % de l’Europe.

présidentielle USA

  • Plus de 60 % de la couverture de la présidentielle américaine était en anglais et 18 % en français. Les médias de la France ont couvert abondamment cette campagne.

campagne présidentielle usa

 

Nous sommes en 2012, à quelques semaines de la campagne électorale au Québec. Mon associée Caroline Roy et moi sommes très fiers d’avoir mis au point un nouvel outil de mesure des performances des partis : www.gagnerlajournee.com

Autour de nous, on dit que c’est un outil original qui nous permettra de nous positionner dans l’actualité. Mais, ça ne nous suffit pas. Il nous manque une opinion : celle de Jean Lapierre.

Un ami commun l’appelle et lui dit : « Jean, j’ai un ami qui a créé un outil de mesure pour les élections et il aimerait ça t’en parler, pourrais-tu prendre un café avec lui ? ». Hyperactif, il n’avait probablement retenu que trois mots : mesure, élections et café. Il dit oui tout de suite.

Deux jours avant le déclenchement des élections, Caroline et moi le rencontrons au Latini. Il nous accueille chaleureusement et nous allons droit au but : voici notre outil et ses attributs. Passionné, il nous bombarde de questions très pertinentes. Puis, il s’arrête, nous sert son sourire si connu et nous dit : « C’est bon, votre affaire. J’aime ça et je vais en parler ».

En effet, il a souvent diffusé nos scores à la radio, à la télévision et sur Twitter – contribuant à donner beaucoup de crédibilité à notre entreprise.

Merci et au revoir, Jean !

Hillary Clinton PR

Par Pierre Gince, ARP et Caroline Roy

Quel est le dénominateur commun entre Hillary Clinton et Justin Trudeau ?

En plus d’être perçus comme des progressistes, ils sont des « bêtes politiques » qui aspirent à prendre le pouvoir (Clinton) ou à y demeurer (Trudeau).

Pour ce faire, ils doivent s’entourer, notamment, de stratèges imaginatifs en contenu, des meilleurs rédacteurs de « lignes » qui marqueront l’imaginaire populaire et de gestionnaires de données hors du commun.

En effet, le big data, les sondages et l’analyse des médias traditionnels et sociaux sont désormais primordiaux pour gagner ses élections.

L’instinct du bon vieux temps : terminé !

Dans un récent blogue, Katie Paine – une analyste américaine du contenu des médias – s’est penchée sur le phénomène exponentiel de la cueillette et l’analyse des données dans les campagnes électorales à succès.

Que ce soit chez nos voisins du sud, au Québec ou au Canada : les campagnes électorales du bon vieux temps, menées de façon un peu aléatoire, c’est terminé.

Plus que jamais, la cueillette efficace des données et leur analyse poussée guident chaque battement de cœur des candidats et de leurs stratèges.

Sans surprise, les campagnes à la présidence de Barack Obama – en 2008 et 2012 – ont changé la façon de faire pour gagner une élection des deux côtés de la frontière. En effet, les équipes des candidats Clinton et Trudeau tentent de répliquer le succès obtenu par Barack Obama et ce, en utilisant des tonnes de données – transformant ainsi une campagne électorale en un gigantesque « laboratoire humain ».

Une telle démarche a permis, par exemple, de connaître la quantité exacte de bénévoles nécessaire pour aller frapper à un nombre précis de portes, dans un secteur particulier de l’État du New Hampshire. Pourquoi ? Afin de déterminer combien de conversations favorables allaient être nécessaires afin qu’Hillary puisse se démarquer, à une heure ciblée, dans les médias sociaux ! Malheureusement pour elle, cet exercice très sophistiqué n’a pas été suffisant…

Dans un contexte très évolutif, voici trois leçons à retenir et à mettre en pratique :

 

1) Ne jamais cesser d’apprendre pour évoluer

Lors des présidentielles de 2008 et de 2012, l’équipe d’Obama avait renversé tout le monde avec ses techniques d’analyse des données et des tendances, notamment sur les médias sociaux. L’entourage actuel d’Hillary Clinton a pris des notes et applique aujourd’hui ces techniques d’analyse.

Pour les communicateurs, les entreprises et les marques, le message est clair : l’évaluation de vos stratégies de communication vous rendra meilleurs… seulement si vous apprenez de celle-ci !

Par exemple : plusieurs organisations font seulement analyser leurs retombées de presse positives pour démontrer leur succès. Par contre, celles qui évoluent sont celles qui font aussi évaluer leurs insuccès médiatiques et qui apprennent de ceux-ci.

Autrement dit : il faut aller au-delà des premières impressions positives. Et oser mesurer la couverture de presse négative pour apprendre et s’améliorer.

 

2) Garder les yeux sur l’objectif

En politique, l’objectif est clair : il faut générer le plus d’appuis possibles pour son candidat.

Le jour du scrutin aux primaires du New Hampshire, les bénévoles du clan démocrate avaient l’habitude de se pointer aux intersections fréquentées et de tenir des pancartes en soutien à leur candidat. Ce temps est révolu.

L’analyse des sondages et d’autres données ont démontré que cette tactique avait peu d’impact sur les électeurs du New Hampshire, car ceux-ci se font une tête quelques jours avant le vote. Désormais, les bénévoles démocrates ont cessé de se geler les fesses aux coins de rues le jour du vote… et maximisent leur temps à rencontrer des électeurs à une semaine du scrutin !

Dans le cas d’une stratégie de presse, l’objectif est parfois moins direct qu’en politique. Mais ce n’est pas une raison pour perdre de vue le but d’une campagne de presse. Le même principe s’applique au rapport d’analyse de presse.

Il faut cibler à quoi servira l’analyse de la couverture médiatique du client pour lui proposer les variables et données appropriées. Inutile de produire un rapport de 50 pages avec des données qui n’aident pas le client à atteindre son objectif de communication !

 

3) Utiliser les données pour recadrer sa stratégie

Impossible de mener une campagne électorale sans imposer une discipline de fer aux employés et aux bénévoles.

Les gestionnaires des communications doivent aussi être fermes dans leurs décisions. Quand les données de sondages ou d’analyses de presse viennent indiquer qu’une stratégie ne fonctionne plus, il faut revoir ses orientations, son budget, ses ressources et l’organisation de ses employés.

Avec des données précises, il est beaucoup plus facile de convaincre une équipe – qui inclut souvent des bénévoles de longue date – qu’une stratégie doit être abandonnée ou corrigée le plus rapidement possible.

En conclusion : les stratèges d’Hillary Clinton, de Justin Trudeau et des prochains leaders politiques ont tout intérêt à accorder – tant en campagne électorale que durant leurs mandats – une place grandissante au big data, aux sondages et à l’analyse des médias traditionnels et sociaux.

campagne électorale fédérale 2015

Quels ont été les principaux gains et déficits de réputation médiatiques de la campagne électorale fédérale ?

Qui s’est démarqué sur les médias sociaux ?

Quel chef a suscité le plus d’engagement ?

Pour télécharger notre bilan de la campagne fédérale 2015

médias sociaux campagne électorale

L’une des plus longues campagnes électorales de l’histoire du pays tire à sa fin. Tout au long des onze semaines de cette campagne, nous avons analysé la performance des chefs sur les médias sociaux en tenant compte de différents indicateurs pour vous donner un portrait global de la situation.

Étant donné que les chefs atteindront le fil d’arrivée dans quelques jours, nous profitons de cette dernière chronique pour dresser un bilan de cette campagne remplie de rebondissements.

 

Justin Trudeau : le plus populaire

Il est clair depuis plusieurs semaines que l’un des objectifs que s’était fixé le chef du parti libéral était de devancer Stephen Harper au niveau du nombre total d’abonnés sur les médias sociaux.

À quelques jours des élections, Justin Trudeau a gagné son pari. Il devance maintenant le chef conservateur avec un nombre total d’abonnés de 1 183 900 comparativement à 1 165 000 pour le chef conservateur.

médias sociaux campagne électorale

 

Bien que cette victoire ait une portée symbolique importante – celle d’être le chef politique le plus suivi au Canada, elle n’a eu que très peu d’impact au niveau des performances sur les médias sociaux. En effet, les techniques de ciblage publicitaire sur les médias sociaux permettent de rejoindre un bassin d’électeurs qui dépasse largement le nombre d’abonnées sur les diverses plateformes.

Par ailleurs, le nombre d’abonnées est une chose, mais si les abonnées n’interagissent pas avec les publications qui sont diffusées, ils n’ont pratiquement aucune valeur.

 

Nombre de publications : quand la quantité supplante la qualité

Difficile de déchiffrer une stratégie claire pour le nombre et la fréquence des publications chez les chefs. Seuls les conservateurs ont procédé de façon méthodique en augmentant graduellement le nombre de publications selon l’avancement de la campagne.

Justin Trudeau et Thomas Mulcair, très certainement animés par des impératifs internes, ou en réponse au déroulement de la campagne, ont eu une fréquence de publication plutôt irrégulière lors de cette campagne.

médias sociaux campagne électorale

 

Comme mentionné à quelques reprises, l’augmentation du nombre de publications devrait en théorie faire croître le nombre d’interactions (j’aime, partages, retweets, commentaires, etc.) et donc ultimement avoir un impact à la hausse sur le taux d’engagement.

Toutefois, cette règle ne s’applique que si le contenu diffusé est suffisamment de qualité pour faire réagir l’électorat. Force est de constater, en comparant le nombre de publications au taux d’engagement, que ce ne fut pas toujours le cas pour le chef libéral et le chef néo-démocrate.

médias sociaux campagne électorale

 

Engagement : Harper domine, Duceppe crée la surprise

Lors de la campagne, le taux d’engagement a été calculé en comptant le nombre d’interactions pour ensuite le diviser par 100 abonnées. Cette méthode de calcul a l’avantage de mettre tous les chefs de parti sur le même pied d’égalité, indépendamment de leur nombre d’abonnés sur chaque plateforme.

La campagne a permis de constater que Stephen Harper détenait un net avantage sur ses compétiteurs. En moyenne, il a obtenu un taux d’engagement de 2,24 % lors de la campagne. Son plus proche compétiteur, Gilles Duceppe a effectué une belle remontée en fin de campagne pour devancer Harper au fil d’arrivée. Le chef du Bloc Québécois a toutefois terminé la campagne avec un taux d’engagement moyen de 1,52 %, ce qui le place au deuxième rang devant Thomas Mulcair (0,96 %) et Justin Trudeau (0,35 %).

médias sociaux campagne électorale

 

Plusieurs facteurs peuvent expliquer la domination de Stephen Harper à ce chapitre.

Son contenu, collé à l’actualité et bien préparé, a réussi à bien stimuler ses partisans. Bien qu’impossible à chiffrer, le chef conservateur disposait sans aucun doute d’un budget publicitaire important qui lui a permis d’obtenir plus d’engagements.

Finalement, le chef conservateur a été en mesure de bien doser ses publications pour inclure à la fois du contenu sur son programme électoral, mais également du contenu plus léger, comme lorsqu’il s’adonnait à une séance de jeux vidéos avec son fils.

La fin de la campagne s’annonce plutôt corsée puisque le chef du NPD et le chef libéral semblent avoir entamé une remontée lors des deux dernières semaines.

 

Meilleures publications : la question du niqab trouve écho

Stephen Harper a joué à fond la carte identitaire avec la question du niqab. De toute évidence, cette stratégie a soulevé les passions sur les médias sociaux.

La publication ayant obtenu le plus d’interactions lors de cette campagne est celle de Stephen Harper sur Facebook qui affiche une citation de lui disant qu’il ne demandera jamais à sa fille de se couvrir son visage.

Cette publication a obtenu 87 526 interactions (54 023 likes, 29 200 partages, et 4 303 commentaires), soit plus de trois fois plus que la deuxième publication ayant obtenu le plus d’interactions (27 943).

médias sociaux campagne électorale

 

Stephen Harper est un habitué de la première place pour la meilleure publication de la semaine. Il a d’ailleurs partagé ce top 5 avec Justin Trudeau tout au long de la campagne à l’exception de quelques percées du NPD.

Justin Trudeau fait donc également très bonne figure à ce chapitre. Fait important à noter : trois des quatre publications qui se retrouvent au top 5 ont été diffusées par le chef libéral lors de la dernière semaine.

Cette percée peut signaler deux choses : soit il a le vent dans les voiles (comme le démontrent les sondages) ou il a augmenté sa mise publicitaire en fin de campagne pour tenter de rejoindre plus de gens et susciter plus d’interactions.

Dans les deux cas, il s’agit d’un bon signe pour le chef libéral dans le dernier droit de la campagne.

Entre les électeurs masqués, la montée de Justin Trudeau et le retour de Rob Ford, les partis politiques entament le dernier sprint de cette trop longue campagne électorale. Difficile à croire, mais après 11 semaines de ce marathon politique et médiatique, le jour du vote approche enfin !

 

Les gains :

1- Justin Trudeau : passage remarqué à Tout le monde en parle

Justin Trudeau défilait à son tour sur le plateau de Tout le monde en parle, dimanche dernier, soit le même soir que Gilles Duceppe. C’est toutefois le chef libéral qui a fait davantage la manchette que son homologue bloquiste. « On n’a pas besoin d’une coalition » est le message de M. Trudeau que les médias ont retenu à la suite de son entretien à TLMEP. Le chef libéral s’en est aussi mieux tiré que Thomas Mulcair. Les médias avaient surtout rapporté que le chef néo-démocrate s’était dit « inconfortable » avec le niqab durant son entrevue avec Guy A. Lepage.

 

2- Les libéraux vous enlèveront de l’argent, menace Stephen Harper

Stephen Harper a profité du congé de l’Action de Grâce pour insister sur le «risque» que prendront les électeurs en appuyant l’approche libérale, affirmant qu’elle était axée sur l’augmentation des impôts. Reprenant son numéro de la veille – comparé sur les médias sociaux à la célèbre émission The Price Is Right – M. Harper a sorti de nouveau ses billets de 10 $ et de 20 $ pour illustrer le coût que représentent les mesures libérales, notamment pour les petites entreprises.

Source : Radio-Canada.ca
Source : Radio-Canada.ca

Cette mise en scène semblait inspirée de l’annonce de la réduction de la TPS, annoncée le 30 juin 2006.

PM-photo-GST-3

Puisqu’il peut être payant de recycler du vieux, cette récente sortie médiatique, publiée sur le site Radio-Canada.ca, vaut un gain de réputation de 2 990 $ aux troupes conservatrices, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d] .

 

3- Vote par anticipation : l’Halloween avant l’heure

Pour ceux qui auraient vu des reportages sur le vote par anticipation le week-end dernier, sachez que l’Halloween n’est pas encore arrivée. Et que les bureaux de vote ne distribuent pas des bonbons… En réalité, plusieurs électeurs se sont présentés au bureau de scrutin le visage masqué avec des sacs de patates, de faux niqabs, des foulards ou des masques de clowns. Pourquoi pas ? L’instigatrice de ce mouvement – visant à protester contre le port du niqab – a donné une entrevue à l’animateur Sylvain Bouchard du 93,3 FM à Québec. Catherine Leclerc s’est ainsi mérité un gain de réputation de 6 960 $*.

 

4- La famille Trudeau en vedette

Source : Le Journal de Montréal
Source : Le Journal de Montréal

La famille de Justin Trudeau a été relativement discrète tout au long de la campagne. Sophie Grégoire, l’épouse du chef libéral, allaite toujours, nous dit-on, pour expliquer cette discrétion. Cela dit, alors que le parti libéral est porté par des sondages favorables, Justin Trudeau en a profité pour offrir quelques portraits de famille aux photographes qui suivent sa campagne. Nous avons donc eu droit aux Trudeau dans le Grand Nord et aux Trudeau dans le potager de citrouilles. Mignon, n’est-ce pas ?

Source : Star Touch
Source : Star Touch

 

Les déficits :

1- NPD ou comment survivre aux sondages

Le défi du NPD jusqu’au jour du vote sera de survivre aux sondages, qui positionnent le parti en 3e position, sans réel chance de former le gouvernement. Malgré tout, Thomas Mulcair se veut positif, profitant du lancement de sa plateforme électorale, à Montréal, pour ouvrir la porte à une éventuelle alliance avec les partis fédéralistes. L’autre défi de M. Mulcair sera de se maintenir dans l’actualité, alors que les médias seront tentés de porter toute leur attention sur la lutte entre les libéraux et les conservateurs.

 

2- Quand la dinde a son mot à dire…

D’après les commentateurs politiques, la dinde a parlé cette fin de semaine. Et elle n’aurait pas parlé « bleu »… En fait, la dinde aurait vu rouge… si l’on se fie aux derniers sondages. Prudence tout de même.

Certains chroniqueurs, surtout hors-Québec, se sont permis d’offrir des conseils sur comment éviter les sujets politiques durant le repas de l’Action de Grâce. Dans le Toronto Star, une spécialiste de la bienséance conseillait d’ouvrir une autre bouteille de vin advenant le cas où les esprits s’échauffaient trop. Dans ce contexte, pouvons-nous vraiment nous fier aux prédictions de la dinde ?

 

3- Le spectre du gouvernement minoritaire

Il fait presque aussi peur que les électeurs masqués au bureau de vote. De quoi parlons-nous ? Du spectre du gouvernement minoritaire… Selon les sondages, on se dirige possiblement vers un gouvernement minoritaire conservateur ou libéral. À tour de rôle, Gilles Duceppe, Justin Trudeau et Thomas Mulcair ont affirmé qu’ils renverseraient, à la première occasion, un gouvernement minoritaire conservateur. En entrevue éditoriale avec La Presse, M. Duceppe a martelé que « M. Harper ne sera pas premier ministre, même s’il arrive premier ». Bref, le gouvernement minoritaire a mauvaise presse.

 

4- Le retour des Ford

On le croyait disparu à jamais, mais l’ex-maire de Toronto, Rob Ford, est revenu sur le radar médiatique, question de donner un coup de pouce aux troupes conservatrices dans la Ville-Reine. Il faut croire que Rob Ford, tombé dans la disgrâce après avoir avoué qu’il consommait du crack, possède toujours une certaine aura à Toronto. Sinon, pourquoi Stephen Harper se serait-il présenté aux côtés de Rob Ford et de son frère, Doug ? À moins que la campagne électorale des conservateurs aille mal à ce point…

 

* Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.