Gestion de crises

Quel est le dénominateur commun entre l’ancien ministre Raymond Bachand, le Cirque du soleil, le Bonhomme Carnaval, vous et moi ?

C’est simple : nous sommes tous des marques. Et nous avons tous une réputation à préserver, en toutes circonstances. Jour après jour – qu’il s’agisse d’un produit, d’un service ou d’une personne – il faut redoubler d’ardeur pour construire, protéger et défendre le capital le plus précieux des marques commerciales ou personnelles : la réputation.

QU’IL S’AGISSE D’UN PRODUIT, D’UN SERVICE OU D’UNE PERSONNE : IL FAUT REDOUBLER D’ARDEUR POUR CONSTRUIRE, PROTÉGER ET DÉFENDRE SA RÉPUTATION.

Alors, imaginons la réaction qu’a pu avoir l’ancien ministre Raymond Bachand, tôt lundi matin devant son jus d’orange, alors que TVA et le Journal de Montréal affirmaient qu’il est accusé, par le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, d’avoir participé à une activité de financement politique pouvant avoir un lien avec du trafic d’influence…

Une crise à plusieurs volets

Depuis lundi matin, le gouvernement Couillard vit une crise à plusieurs volets. L’épicentre, c’est la « crise Jean-Marc Fournier » – l’actuel Leader du gouvernement qui reconnait avoir participé à une rencontre controversée tout en affirmant haut et fort qu’il n’a rien à se reprocher.

Mais, il y a aussi la « crise Raymond Bachand », pour qui la situation est différente : il n’a pas participé à cette rencontre et, malgré cela, il doit se défendre bec et ongles.

« Comment vous défendez-vous de quelque chose qui n’existe pas ? », se questionne à voix haute M. Bachand depuis lundi, lui qui jouit d’une excellente réputation dans différents milieux.

Combien?

Lundi, ce fut « la » nouvelle de la journée, et un sujet très médiatisé mardi et mercredi avec pas moins de 926 mentions dans les médias québécois !

La radio contribue à marteler les nouvelles – bonnes ou mauvaises, selon le point de vue. M. Bachand en a pris pour son rhume…

Nous avons analysé trois des retombées qui ont causé un énorme déficit de réputation à M. Bachand :

  • Journal de Montréal, 18 septembre. Les lecteurs d’un quotidien se font une idée de la principale manchette du jour en… une seconde. Instantanément, M. Bachand s’est retrouvé au banc des accusés, devant le tribunal de l’opinion publique.  Déficit de – 113 200 $ ;
  • « Puisqu’il faut se lever », 98,5 FM, 18 septembre. Même s’il faisait tout pour ménager la réputation de son ex-adversaire politique, Bernard Drainville a contribué à la mauvaise presse dont a fait l’objet M. Bachand. Déficit de – 23 345 $ ;
  • « La Joute », TVA, 18 septembre. Le seul fait de parler de Raymond Bachand dans le cadre d’une situation à laquelle il jure n’être aucunement associé est très dommageable pour lui. Déficit de – 11 715 $.

Chiffrer le déficit de réputation

Comment MM. Bachand et Fournier pourront-t-ils se relever des coups de massue reçus à leur réputation, même s’il restera probablement un fond de suspicion dans l’air ?

Ils auraient tout intérêt à faire ce qui est de plus en plus fréquent : demander à leurs avocats de faire évaluer – en dollars – le déficit de réputation dont ils ont été victimes. Parce qu’il est facile d’imaginer qu’il s’élève à quelques centaines de milliers de dollars pour chacun d’eux…

Il y a sept ans, le « cas Maclean’s » a marqué les esprits. En effet, en septembre 2010, la direction du Carnaval de Québec avait été estomaquée de constater que Bonhomme faisait la une du magazine Maclean’s avec une valise d’argent ! Et qu’il était associé, sans aucune raison, au titre suivant : « The Most Corrupt Province in Canada »…

Grâce à l’outil Mesure D, les avocats représentant les intérêts du Carnaval ont pu faire chiffrer le préjudice médiatique causé à l’organisation et obtenir, de la part du magazine, une importante compensation.

Bien sûr, de telles compensations ne peuvent pas effacer complètement tous les dommages causés directement et indirectement aux réputations. Mais, elles contribuent, d’une part, à évaluer concrètement les déficits de réputation médiatique et, d’autre part, à obtenir des compensations financières qui devraient faire réfléchir deux fois ceux qui se servent des médias pour tirer à boulets rouges sur les réputations…

P.S. Il y a aussi d’autres crises dans cette histoire : la « crise Claude Béchard » – dont la mémoire est écorchée – et, aussi, la « crise Yves Francoeur » dont la réputation a été de plus en plus malmenée au fil de l’évolution de la couverture médiatique.

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

analyse média

Pourquoi faudrait-il continuer de faire analyser sa couverture obtenue dans la presse écrite (journaux et web), à la radio et à la télévision ?

Cette question, on me l’a posée lors d’une conférence que j’ai donnée à l’événement Communication de crise, organisé la semaine dernière par Les Affaires.

Les médias sociaux se sont retrouvés au cœur de plusieurs discussions entre les conférenciers et les participants.

Rien de surprenant, puisque de plus en plus de campagnes de communication et marketing se déroulent sur les médias numériques, et l’on ne compte plus les crises qui naissent désormais sur Twitter, Facebook et autres.

Aussi, selon une donnée récente provenant du Centre d’étude sur les médias de l’Université Laval :

En 2015, au Québec, les médias numériques détrônaient la télévision comme principal moyen d’être informé.

Une question d’actualité…

Durant ma présentation, j’ai d’abord présenté différents exemples d’analyses de gestion d’enjeux et de crise dans les médias traditionnels (presse écrite, web, radio et télévision) avant d’enchaîner avec des exemples tirés des médias sociaux.

Puis, un participant m’a posé cette question :

« Aujourd’hui, les médias sociaux ont-ils plus d’impact que les médias traditionnels ? Et dans ce contexte, pourquoi analyser encore les médias traditionnels ? »

… et ma réponse en trois points :

 

1- L’évaluation des médias traditionnels et sociaux : un tout.

J’ai donné l’exemple de l’analyse que nous avons fait, à chaque semaine, lors de la campagne électorale fédérale de l’automne dernier.

Il aurait été impensable de ne pas évaluer les gains et déficits de réputation des partis politiques à la suite des chroniques du très populaire Jean Lapierre, tant à la radio qu’à la télévision (médias traditionnels).

Tout comme il aurait été impensable de ne pas se pencher sur les stratégies utilisées par les partis pour mobiliser leurs partisans via les médias sociaux.

Malgré son influent compte Twitter, c’est au 98,5 que le « Québec politique » s’immobilisait, à 7 h 05, pour écouter feu Jean Lapierre.

 

2- Plusieurs histoires naissent sur les médias sociaux et sont reprises par les médias traditionnels. L’inverse est aussi vrai.

Récemment, IGA a annoncé en primeur en primeur dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, une politique de baisse de prix dans ses magasins.

Le président de Sobeys Québec a aussi accordé des entrevues dans les médias traditionnels. Les consommateurs ont rapidement commenté cette nouvelle sur les médias sociaux, y allant à la fois de compliments et de critiques envers IGA.

Puis, La Presse + a répliqué en révélant que la bannière avait haussé le coût de certains aliments, malgré sa promesse de baisse de prix. Instantanément, les critiques sur IGA ont décuplé sur Facebook !

Si on analyse la couverture de la campagne d’IGA sur la baisse des prix, il faut tenir compte des médias traditionnels et sociaux, puisque l’un ne va pas sans l’autre.

 

3- Aussi influents soient-ils, les médias sociaux n’ont pas encore atteint le niveau de crédibilité de certains médias traditionnels

De plus en plus de campagnes de communication-marketing font appel à des influenceurs, des blogueurs, des vlogueurs et des instagrammeurs pour faire parler d’un nouveau produit ou promouvoir des services et des idées. Et des organisations (telles le Club de hockey Canadien) peuvent rejoindre leurs publics, sans intermédiaires, grâce à leurs propres médias.

Malgré cela, des reportages importants – favorables ou défavorables – dans certains médias traditionnels ont encore beaucoup de poids dans l’opinion publique, et monopolisent beaucoup d’énergies chez les communicateurs et les dirigeants.

Par exemple : l’un des participants racontait comment l’équipe de communication de SNC-Lavalin avait utilisé Twitter pour répliquer, en direct, lors d’une émission Enquête, à Radio-Canada.

Ici, on ne pourrait pas se contenter de chiffrer l’interaction de SNC-Lavalin sur les médias sociaux. Il faut aussi mesurer le déficit de réputation de SNC-Lavalin à la suite de l’émission Enquête. C’est d’ailleurs l’impact négatif majeur d’Enquête qui a incité SNC à réagir sur Twitter !

Oser… pour s’améliorer !

En gestion, il est pertinent de connaître le gain de réputation de nos meilleures retombées de presse. Tout comme il faut oser faire mesurer celles qui ont généré un déficit de réputation – pour prendre du recul…

Chez Mesure Média, nous avons adapté notre méthode de mesure du gain et du déficit de réputation en dollars – développée à l’origine pour les médias traditionnels – aux médias numériques.

Nos indices en dollars ainsi que nos scores en pourcentage s’adaptent à la fois aux variables propres à la presse écrite, à la radio, à la télévision, au web et aux journaux numériques, et aussi à Facebook, Twitter, Instagram et compagnie.

Grâce à nos données, nos clients osent se remettre en question… ce qui leur permet de définir plus précisément leurs nouvelles stratégies.

Pour en savoir plus, téléchargez notre Guide de la mesure en dollars de votre réputation sur les médias sociaux

uber

Rares sont les clients qui souhaitent faire analyser les impacts d’une couverture de presse défavorable sur leur organisation ou… sur eux-mêmes. Mais, c’est compréhensible : qui aime replonger dans des moments difficiles ?

Pourtant, ceux qui osent faire évaluer leurs retombées médiatiques négatives ressortent de cet exercice beaucoup mieux outillés pour aborder un prochain enjeu dans les médias.

Beaucoup d’organisations utilisent l’évaluation médiatique pour démontrer leur succès.

L’évaluation médiatique, dans les moments plus difficiles, peut être un outil essentiel pour identifier les faiblesses en communication et apprendre de celles-ci.

Par exemple, certaines organisations n’ont sans doute pas assez analysé leurs retombées de presse et ont commencé l’année 2016 comme ils ont fini 2015…

Le cas Uber

Pensons d’abord au service Uber, dont certains clients se sont plaints d’avoir payé des centaines de dollars pour une course, durant la nuit du Jour de l’an.

Faute d’avoir d’autres nouvelles à se mettre sous la dent au début janvier, les médias ont parlé négativement d’Uber pendant près de deux semaines !

Pourquoi une organisation telle Uber devrait-elle faire analyser toute cette couverture négative à son sujet ?

D’abord, pour déterminer si la stratégie de presse retenue par Uber pour renverser la couverture négative était la bonne.

Rappelons-nous : Uber a réagi timidement dans les médias aux plaintes de ses clients. Était-ce la bonne stratégie à adopter ?

Par exemple, l’entrevue à RDI d’une plaignante et un avocat de la clinique Juripop a généré un déficit de réputation de – 2 965 $ à Uber, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d]. Et cette nouvelle a été reprise abondamment…

De très nombreuses retombées ont contribué à gonfler le déficit de réputation d’Uber…

Plusieurs questions se posent, dont celles-ci :

  • Pourquoi Uber a-t-il laissé ses détracteurs occuper l’espace médiatique à sa place ?
  • Évaluer un tel enjeu négatif dans les médias permet de planifier les opérations de presse qui suivent la crise. Quel geste Uber devrait-il maintenant poser pour renverser la tendance négative ?

Uber a obtenu l’appui de chroniqueurs, dont Patrick Lagacé. Une analyse de presse permet de dégager le positif et le négatif d’une situation afin d’avoir un portrait plus juste de la crise.

Pour les dirigeants d’Uber, une analyse de leur couverture médiatique leur suggérerait sans doute différentes pistes et des influenceurs à approcher pour rehausser leur réputation.

Marcel Aubut et le COC

Parmi les autres organisations écorchées en ce début d’année, le Comité olympique canadien (et l’histoire de Marcel Aubut) est revenu à l’avant-plan de l’actualité.

À la mi-janvier, le COC a rendu public un rapport sur les agissements passés de Me Aubut. La nouvelle présidente, Tricia Smith, du COC s’est excusée en avouant que le Comité avait laissé tomber les athlètes.

À ce stade-ci, pourquoi le COC devrait-il faire analyser la couverture médiatique de l’affaire Aubut ? Pour le recul.

Les révélations, faites à l’automne, à propos de femmes victimes d’harcèlement sexuel de la part de Marcel Aubut ont été très dommageables pour la réputation du COC.

Toutefois, est-ce que les récentes excuses de la présidente Mme Smith ont été reçues favorablement ? Est-ce que cette récente opération de presse a suffi à réhabiliter la notoriété du COC dans les médias ?

C’était sans doute insuffisant, mais jusqu’à quel point ?

La couverture à LCN, titrée « rapport accablant » sur fond d’images de Marcel Aubut, a valu un déficit de réputation de – 2 070 $ au Comité olympique au moment où il dévoilait son rapport. Cet extrait a joué en boucle tout au long de la journée à LCN, augmentant ainsi le déficit de réputation du COC.

Toutefois, plusieurs articles dans les journaux canadiens traitaient des excuses de Mme Smith de manière beaucoup plus factuelle.

Grâce à une analyse de presse, le COC pourrait aussi déterminer quels enjeux, quels médias ou quels leaders d’opinion ont particulièrement affecté la réputation de « la marque COC » par opposition à celle de Marcel Aubut. Aussi, certaines régions du pays ont-elles été plus sensibles à cette crise ?

Ce recul est nécessaire pour rebâtir la réputation malmenée du COC, à quelques mois des Jeux olympiques de Rio.

Cinq raisons pour analyser une couverture de presse défavorable

S’il est important d’analyser une couverture positive, il en va de même pour une couverture négative.

En résumé, voici les cinq principales raisons :

  1. Le recul : Et si ces retombées n’étaient pas si négatives, finalement ? Un regard externe et indépendant peut nuancer la question. Et rassurer la direction.
  2. La distinction : Une analyse fine du contenu de la couverture de presse permet de distinguer l’impact de chacun des enjeux – ce qui est essentiel pour réhabiliter la réputation malmenée de l’organisation.
  3. La clarté : Quels sont les enjeux qu’il serait approprié de mettre de l’avant lors des opérations de presse qui suivront la crise ?
  4. Le score : Une firme spécialisée en analyse de presse peut déterminer, par exemple, le déficit de réputation en dollars. Il faut privilégier une méthode facile à comprendre pour tous les types d’organisations.
  5. La confirmation : Est-ce que la stratégie de presse retenue a permis de renverser la tendance ?

Au final, ce qui importe, c’est de connaître son résultat net.

Autrement dit : pendant ou après une crise, ou à l’heure des bilans, est-ce que nos retombées négatives ont pris le dessus sur les retombées positives ? Ou est-ce l’inverse ?

Quelle est l’étendue des dégâts ? Au bout du compte, l’organisation a-t-elle réussi à faire valoir son point de vue ?

En somme, l’analyse de presse est un outil indispensable pour planifier ses stratégies de communication.

Entre froid intense et printemps tardif, nous voilà déjà rendus à la moitié de l’année 2015. Alors que s’entame la saison estivale en information, faisons le point sur les bons coups et les flops médiatiques des six derniers mois.

Pour lire les tops et flops de juillet à décembre 2015

Tops :

1- La laïcité, les intellectuels et Greenpeace contre Jean Tremblay : le maire de Saguenay a perdu ses batailles depuis le début de l’année. Fini la prière à l’hôtel-de-ville, a jugé la Cour suprême du Canada. Sans compter la sortie en règle du maire contre Greenpeace et les intellectuels dans le dossier de l’usine Résolu, ce qui lui a valu plusieurs railleries dans les médias.

Laïcité : +1, Greenpeace : +1, Jean Tremblay : -2.

 

2- Les réalisateurs québécois à Cannes : Telle l’hirondelle qui revient à chaque printemps, Xavier Dolan trouve toujours le moyen de briller sur le radar médiatique en mai, au cours du Festival de Cannes.

Cette année, c’est comme membre du jury que le réalisateur s’est illustré. Il a toutefois dû partager le « spotlight » avec un autre Québécois, Denis Villeneuve, dont le film Sicario était en nomination.

La critique élogieuse de ce film dans le quotidien français Le Figaro vaut à Sicario et à son réalisateur un gain de réputation de 65 708 $*, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d].

 

3- Gaétan Barrette et Denis Coderre en « shape » de plage : Sont-ils les seuls à avoir tenu leurs résolutions de début d’année ? Toujours est-il que le ministre Gaétan Barrette et Denis Coderre ont perdu plusieurs kilos ces derniers mois.

Si le régime miracle du Dr Barrette reste mystérieux, le maire de Montréal s’est fait un plaisir de dévoiler aux journalistes son vélo stationnaire installé à son bureau de l’hôtel-de-ville. Prouvant sa nouvelle forme physique, le maire Coderre a parcouru les 50 km du Tour de l’Île à vélo.

Le reportage de TVA en direct de l’événement a valu au maire un gain de réputation de 3 035$*.

 

4- « Call me Caitlyn » : Les médias en ont beaucoup traité. Trop même. Bruce Jenner, ex-athlète olympique américain devenu femme, a fait la une du Vanity Fair sous les nouveaux traits de Caitlyn Jenner.

Stratégie de relations publiques bien huilée, Caitlyn Jenner a choisi d’utiliser un média traditionnel, soit un magazine réputé, pour faire sa première grande sortie publique. C’est toutefois sur les nouveaux médias du Web et des réseaux sociaux que l’histoire a explosé. Sur Twitter, @Caitlyn_Jenner a brisé le record du compte atteignant le plus rapidement le million d’abonnés. Un record détenu auparavant par nul autre que Barack Obama…

 

5- Dignes de mention :

  • Le CH en séries : Encore une fois, le CH a écrasé la couverture de tous les autres sports, le temps de faire deux rondes en séries éliminatoires. Avons-nous besoin d’en rajouter ?
  • PKP : Sans surprise, l’homme d’affaires a remporté la chefferie du PQ. Préférant s’exprimer sur Facebook au lieu de multiplier les entrevues aux journalistes, Pierre Karl Péladeau n’a pas fini de faire jaser pour ses liens entre la politique et son empire médiatique Québecor.
  • L’Impact de Montréal : Alors que Joey Saputo évoquait durant l’hiver la fin du « buzz » pour l’Impact de Montréal, l’équipe de soccer a tout de même suscité de l’intérêt au printemps lors de sa participation à la finale de la Ligue des champions. Le « buzz » semble toutefois difficile à maintenir pour la saison régulière de l’Impact…
  • Michael Sam : Parlant de « buzz », la venue à Montréal du premier joueur de football professionnel à s’avouer homosexuel, Michael Sam, a créé un engouement médiatique certain. Au moins 200 articles ont été publiés en quelques jours dans les médias québécois.
  • Froid intense : La météo a fait l’objet de mentions quotidiennes dans les médias au cours de l’hiver 2015. La preuve ? En moyenne, 8,5 articles par jour au Québec ont mentionné l’expression « froid intense » !
  • La liberté d’expression : Mise à mal par l’attentat de Charlie Hebdo et l’emprisonnement du blogueur Raif Badawi en Arabie Saoudite, la liberté d’expression cause bien des débats. En prime, Jeff Fillion trouve le moyen de s’en mêler…

 

Flops :

1- Un printemps chaud ? : Avons-nous rêvé, mais il nous semble que plusieurs groupes sociaux nous avaient prédit un printemps chaud ? Force est d’admettre que ça n’a pas eu lieu…

À part les traditionnelles manifestations du 1er mai, les syndicats sont restés tranquilles. Seuls les étudiants ont tenté de recréer le vaste mouvement du printemps 2012. En vain.

C’est la réputation de l’UQAM qui en a pris pour son rhume : un reportage au TVA 18 Heures, montrant le saccage à l’université, a valu un déficit de réputation de – 9 675 $* pour l’UQAM. Bref, « mère nature » a gagné : le printemps a été froid finalement !

 

2- François Bugingo : Le journaliste, spécialisé en information internationale, a essuyé la plus importante perte de réputation jusqu’à maintenant dans les médias en 2015.

Après la publication en « une » de La Presse d’une enquête dévoilant, ni plus ni moins, que Bugingo était un menteur, le journaliste a perdu toutes ses tribunes.

Le reportage complet publié dans La Presse (papier) du samedi 23 mai a représenté un déficit de réputation de -516 985 $* pour François Bugingo. Difficile dans ce contexte de ne pas remettre sa carte de presse…

 

3- Vedettes en déroute : Tout a commencé avec Joël Legendre qui s’est fait prendre les culottes à terre par un policier dans un parc de Longueuil. L’histoire, révélée en « une » du Journal de Montréal, a poussé l’animateur à se retirer de la sphère publique… jusqu’à dimanche dernier où il est apparu sur le plateau de Pénélope McQuade et Jean-Luc Mongrain.

Puis, est venue le rejoindre au rang des vedettes à la réputation ternie, Marie-Chantal Toupin.

Récemment, la chanteuse a perdu un contrat pour une émission de déco à Moi & Cie pour avoir tenu des propos haineux sur Facebook. Malgré un mea culpa publié sur Facebook et rédigé par une relationniste, personne n’y a cru…

 

4- Yves Bolduc, prise 22 : Nous ne pouvions passer sous silence le départ du ministre de l’Éducation Yves Bolduc de la vie politique. Il a commis tellement de gaffes « payantes » pour les médias que les journalistes s’ennuient sûrement de lui.

C’est sa déclaration controversée sur les fouilles à nu dans les écoles qui l’a achevé. Ses dernières controverses lui ont valu 22 caricatures dans les journaux. Un exploit ! Toutes ces caricatures ont représenté un déficit de réputation de – 103 345 $* pour le Dr Yves Bolduc, qui soigne aujourd’hui des centaines de patients dans une clinique médicale de Québec.

 

5- L’opposition à l’Assemblée nationale : Avec la course à la chefferie du PQ et l’arrivée de PKP comme chef, les autres partis de l’opposition à l’Assemblée nationale, la CAQ et Québec solidaire, souffrent d’une faible couverture médiatique. D’ailleurs, qui a entendu parler de Québec solidaire récemment ?

Du côté de la CAQ, la défaite de la candidate Jocelyne Cazin dans le comté de Chauveau témoigne d’une dure campagne pour elle : candidate parachutée, photo retouchée sur sa pancarte, #cazingate sur Twitter, rien n’a échappé aux journalistes. Est-ce la faute des médias comme elle le prétend ?

 

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

 

Guide RP 2015

Réputation UQAM

Avec la collaboration de Caroline Roy.

Depuis quelques semaines, l’UQAM a mal à sa réputation. Très mal. Dans un tel contexte, est-ce possible de renverser la situation ?

Oui, c’est tout à fait possible. Mais… à certaines conditions !

Alors que le Club de hockey Canadien est sans contredit, aujourd’hui, l’une des marques les plus aimées, il est important de savoir qu’il y a une décennie à peine, elle était enfouie bien loin dans le fond du cœur des Québécois…

En effet : à une époque pas si lointaine, il y avait beaucoup de sièges et de loges qui ne trouvaient pas preneur au Centre Bell. Les commanditaires étaient rares dans le temple du CH. Les produits dérivés étaient très rares en ville. Et les médias étaient sévères envers la Sainte-Flanelle…

Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il n’y avait plus de véritable communication entre le club et ses partisans. C’est alors que les présidents Pierre Boivin, puis Geoff Molson – des fans du CH avant d’être d’excellents gestionnaires – ont transformé l’entreprise du tout au tout.

Il y a là une leçon de gestion très efficace à tirer pour la direction de l’UQAM.

Austé-austérité…

Différents événements survenus – sous le prétexte de l’austérité, semble-t-il – se sont traduits par des levées de cours, l’intervention de personnes masquées et de policiers, et du saccage. Conséquemment, les médias ont fait paraître l’UQAM sous son pire jour…

Que doivent faire les gestionnaires et les communicateurs devant une telle situation ?
Plusieurs marques ont été relancées avec succès en suivant une recette toute simple ; nous vous la présentons plus loin. Mais avant, rappel de quelques faits.

Les médias déforment le meilleur… et le pire
Que rapportent les médias ? Des nouvelles, c’est-à-dire des événements qui sortent de l’ordinaire.

Durant plusieurs jours d’affilée, tout ce dont il a été question à propos de l’UQAM traitait de situations exceptionnelles, choquantes pour la grande majorité des Québécois.

Les médias de nouvelles continues s’étant mis de la partie, nous avons été inondés de nouvelles !

  • Question : Dans le cas de l’UQAM comme dans toutes les situations de crise : est-ce aussi pire que les médias l’ont laissé croire ?
  • Réponse : La situation à l’UQAM est pire que la réalité… puisque la perception des différents publics est devenue « leur » réalité. Et au « tribunal de l’opinion publique », cette réalité est la suivante : l’UQAM est à feu et à sang !
  • Conséquence :

Au-delà des dégâts causés aux locaux et aux équipements, la « marque UQAM » a subi un très important déficit de réputation qui ne pourra pas être rétabli de sitôt…

Les « contre quelque chose » sortent toujours en premier…

Personnes masquées, étudiants à visage découvert, porte-parole syndicaux et tutti quanti : les « contre quelque chose » ont été les premiers – et de loin les plus bruyants ! – à prendre position dans les médias traditionnels et sociaux, donnant l’impression durant plusieurs jours qu’ils parlaient au nom de la « grande famille » de l’UQAM.

… et la contrepartie est toujours nécessaire
Heureusement – parce que nous vivons en démocratie et que tous les points de vue peuvent être transmis – la contrepartie s’est exprimée : d’abord par la sortie sans équivoque de la présidente du conseil d’administration de l’UQAM, Mme Lise Bissonnette, et celle de 184 enseignants et chargés de cours, dont l’ancien Premier ministre – et ex-leader étudiant – Bernard Landry.

La « marque UQAM » vaut plus cher que ses édifices

Quoiqu’ils en disent, tous les publics de l’UQAM ont un sentiment d’appartenance à cette marque. Mais… nous avons constaté qu’il y a des façons bien différentes de l’exprimer !

Il existe de nombreuses définitions du mot « marque ». En voici une qui nous plaît particulièrement :

« Une marque, c’est… l’opinion que nos publics se créent à notre sujet ».

Or, une opinion, ça fluctue au gré d’innombrables éléments – aussi irrationnels que rationnels – qui viendront influencer les gens qui ont une relation avec une marque.

Et, surtout : une marque, c’est la plus importante composante de la valeur d’une organisation – au-delà de sa valeur économique.

Voilà pourquoi l’UQAM doit – le plus rapidement possible – regagner une place enviable dans l’esprit – et même le cœur – de ses nombreux publics. Et ce, même si des blessures laisseront sans aucun doute de profondes cicatrices…

Voici sept des éléments clés auxquels les gestionnaires de nombreuses marques ayant connu des difficultés ont recouru :

1) Mesurer l’impact négatif sur la réputation auprès des différents publics en posant les « vraies questions » (sondages, groupes discussion et analyse de presse)

2) Admettre que la direction a commis des erreurs de gestion et de communication (c’est généralement l’étape la plus douloureuse pour les gestionnaires en cause !)

3) Identifier ces erreurs (sans nécessairement les mentionner publiquement)

4) Regrouper les leaders des différents publics autour d’une même table (même les plus critiques…)

5) Écouter « pour vrai » leurs plaintes et considérer leurs pistes de solution

6) Apporter les correctifs qui s’imposent (organisationnels, matériels, communicationnels, etc.)

7) Annoncer que des changements seront rapidement mis en place à la suite d’une révision du fonctionnement de l’organisation

Comme le disait l’ancien Président de la France, François Mitterrand :
« Il faut laisser du temps au temps » … mais seulement après que les étapes précédentes auront été réalisées !

Tout n’est pas perdu pour l’UQAM

Heureusement, tout n’est pas perdu pour cette université qui n’en est pas à ses premières secousses… ni à ses dernières !

Si elle s’est fait très souvent malmener dans les médias, l’UQAM a également eu droit à une couverture de presse favorable ces derniers jours. Voici quelques exemples analysés selon notre outil d’évaluation mesure (d) :

La vraie UQAM se lève, La Presse +, chronique d’Yves Boisvert (14 avril)
– Coût publicitaire : 12 210 $
– Gain de réputation pour l’UQAM : 25 930 $ *

Je suis aussi l’UQAM, lettre d’opinion des professeurs publiée dans Le Journal de Montréal (14 avril)
– Coût publicitaire : 5 983 $
– Gain de réputation pour l’UQAM : 11 791 $ *

Lendemain de veille difficile, TVA 18 Heures (9 avril)
– Coût publicitaire : 5 480 $
– Déficit de réputation pour l’UQAM : – 9 675 $ *

Bien que les images de saccage véhiculées dans les médias aient fait mal à l’UQAM, il faut aussi s’attarder aux retombées de presse qui condamnent ces gestes.

Une analyse de presse plus approfondie démontrerait quelles voix ont eu le plus d’impact médiatique : les manifestants « contre quelque chose » ou les personnalités et commentateurs qui ont appuyé l’UQAM ?

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

Qui peut se vanter, au Québec, d’avoir été caricaturé à une vingtaine de reprises en une semaine ?

Primes de 215 000$ comme médecin, livres dans les écoles, fusion de commissions scolaires, fouilles à nu respectueuses, prime de départ de 155 000 $… En moins d’un an, l’ex-ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, s’est révélé une source inépuisable de controverses « payantes » pour les médias.

Alors que la Commission Charbonneau – qui a alimenté pendant deux ans les médias québécois en scandales de toutes sortes – a quitté les feux de la rampe, il faut bien trouver d’autres matières à controverses ! 

D’ailleurs, si les mêlées de presse avant l’entrée des ministres au caucus est autant couverte, en direct, sur les chaînes d’info continue, c’est parce que la commission Charbonneau ne siège plus…

Dans ce contexte, Yves Bolduc était devenu le souffre-douleur médiatique par excellence. Le docteur Bolduc répondait assidûment aux questions des journalistes, et ces derniers étaient presque certains d’obtenir une déclaration qui leur permettrait d’occuper les ondes pendant une journée entière… et même plus !

La question qu’il faut désormais se poser : qui remplacera Yves Bolduc comme souffre-douleur des journalistes politiques ? Car il y en aura un… mais qui ?

 La risée des caricaturistes

J’ai déjà rédigé un blogue sur pourquoi il ne faut pas hésiter à analyser sa couverture de presse négative. Les organisations – politiques ou autres – ne veulent pas toujours se faire dire jusqu’à quel point elles récoltent une couverture défavorable… Mais parfois, c’est nécessaire pour prendre des décisions éclairées.

C’est sans doute à cet exercice douloureux – mais essentiel – que le cabinet Couillard s’est prêté avant de décider (finalement) de remercier Yves Bolduc. 

Pour vous donner une idée du degré de couverture négative à l’endroit de l’ex-ministre, il suffit de répertorier les récentes caricatures à son sujet.

Depuis le 18 février, il s’est publié :

Pour un grand total de 22 caricatures – toutes négatives ! – en une semaine !

Et ce décompte ne comprend pas tous les quotidiens du Québec…

À elles seules, ces 22 caricatures représentent, pour Yves Bolduc, un déficit de réputation de – 103 345 $, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d *. Et c’est sans compter les innombrables commentaires qui en ont découlé à la radio et à la télévision…

 Le Journal de Montréal s’est même gâté un peu, avant qu’Yves Bolduc disparaisse complètement du radar, en publiant 21 photos drôles du ministre déchu…

À lui seul, cet article illustre pourquoi les médias s’ennuieront d’Yves Bolduc !

Déficit accumulé

Dès le départ, Yves Bolduc a connu un règne ardu.

En plein été, alors que les médias ont peu de nouvelles à se mettre sous la dent, il a dû justifier une prime controversée de 215 000 $ pour avoir accepté davantage de patients alors qu’il était député dans l’opposition.

Il y a tellement eu de mises au point dans ce dossier qu’on ne se souvient plus si le ministre a remboursé ou non sa prime, en totalité ou en partie, quand et à qui a-t-il donné l’argent… Bref, de quoi alimenter les médias pendant tout le mois de juillet !

Par exemple, l’entrevue de l’ex-ministre de la Santé Claude Castonguay  au Téléjournal 18h de la SRC, qui demande la démission d’Yves Bolduc, a valu à ce dernier un déficit de réputation de – 27 770 $, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d*.

C’est l’accumulation de tous ces faux pas et ces controverses dans les médias qui ont eu raison d’Yves Bolduc en politique.

Comme quoi, il faut parfois se décoller de l’arbre, évaluer l’impact de sa couverture négative et prendre les décisions qui s’imposent… ce qu’ont fini par faire le Premier ministre et son entourage.

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

ratés médiatiques

Alors que l’année 2014 tire à sa fin et que les traditionnelles revues de l’année sont en préparation, permettez-nous de vous proposer la nôtre. Et puisque nous avons souvent le nez plongé dans l’actualité, voici la 2e partie de nos « tops » et nos « flops » médiatiques de 2014.

ratés médiatiques

Les « tops »

1- Éric Savail : Il anime deux émissions à V, et bientôt trois. Il a remporté l’Artis du meilleur animateur, devant Guy A. Lepage et Véronique Cloutier. Il a piloté l’anti-gala de Vrak TV. En termes de cotes d’écoute, il talonne régulièrement les bulletins de nouvelles de 22h. TVA a même tenté, sans succès, de renouveler la formule de son 22 heures tellement la compétition de son talk-show est forte. Éric Salvail a bien gagné sa place dans notre palmarès 2014 !

Parmi les nombreuses retombées médiatiques récoltées par l’animateur au cours de l’année, soulignons son passage au micro d’Isabelle Maréchal au 98,5 FM, qui lui a donné un gain de réputation de 33 450 $*, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d]. Éric Salvail peut célébrer 2014 en s’envoyant quelques shooters derrière la cravate, même si l’organisme Educ’alcool risque de lui taper sur les doigts…

 

2- Écosse : Haut lieu de refuge des souverainistes en mal de référendum, l’Écosse sera apparu sur le radar des nouvelles internationales de nos médias québécois. Pierre Karl Péladeau, Alexandre Cloutier et Martine Ouellet s’y sont rendus en septembre pour constater la démarche des Écossais vers la souveraineté. Malheureusement pour eux, le camp du « non » l’a finalement emporté… Tout de même, le référendum en Écosse figure parmi les nouvelles internationales qui ont été les plus médiatisées au Québec en 2014, entre les crises au Moyen-Orient et la menace de l’Ebola…  

 

3- Samuel de Champlain : Il est décédé il y a près de 400 ans, mais on ne s’est jamais autant rappelé de lui qu’en 2014 ! Du moins dans la région de Montréal…

Alors que l’enjeu du péage sur le pont Champlain n’est pas réglé, son nom, lui, l’est. Le pont Champlain restera Champlain.

Le fondateur de la ville de Québec peut remercier le président français François Hollande et plusieurs leaders d’opinion québécois pour s’être porté à sa défense après que le ministre Denis Lebel ait sérieusement songé à nommer le nouveau pont Maurice Richard en l’honneur du célèbre hockeyeur.

Avec seulement 200 mentions dans les médias en 2013, Samuel de Champlain connaît un regain de popularité avec cinq fois plus de citations en 2014 !

 

4- Ginette Reno : Qui eut cru que Ginette Reno deviendrait le porte-bonheur du Canadien de Montréal en séries éliminatoires cette année ? Certainement pas la principale intéressée !

La chanteuse s’est imposée en entonnant l’hymne national, match après match, au Centre Bell. Sans elle, il était devenu clair que le CH ne pouvait l’emporter ! Bien que la Sainte Flanelle ait perdu en finale de l’est contre les Rangers de New York, Ginette, elle, a « scoré ». Avec plus de 5 300 de mentions de la chanteuse dans les médias québécois en 2014, sa visibilité est nettement en hausse.

À elle seule, l’entrevue, publiée en « une » de la section «arts » de La Presse après une soirée au Centre Bell, a généré un gain de réputation de 82 660 $* pour la « nouvelle coqueluche des sportifs », selon notre outil mesure [d].

 

5- Les dénonciations des femmes dans la foulée de l’affaire Ghomeshi : L’ex-animateur vedette de la radio CBC, Jian Ghomeshi, est sans contredit celui dont la réputation a le plus dégringolé en 2014. Il déloge donc l’ex-maire de Toronto, Rob Ford, qui s’était distingué dans cette catégorie en 2013, mais pour d’autres raisons… Dans les deux cas, des révélations du Toronto Star sont à l’origine de la chute de réputation de ces deux hommes.

Le principal point positif de l’affaire Ghomeshi, c’est que plusieurs femmes qui ont, tour à tour, raconté, notamment sur les médias sociaux, avoir été victimes d’agression sexuelle durant leur vie. Espérons que toutes ces sorties médiatiques feront bouger les choses pour éviter d’autres cas à la Ghomeshi…

 

Les « flops »

1- Les syndiqués municipaux : En août, les syndiqués du secteur municipal nous ont promis un automne chaud. Les médias ont relayé leur message. Alors que l’hiver est à nos portes, la question qui tue : l’automne a-t-il été si chaud ? Non.  Mais l’hiver 2015 pourrait l’être… alors que les syndicats sortent leurs pancartes contre l’austérité.

D’une certaine façon, les syndicats municipaux, qui luttent contre le projet de loi 3 visant leur régime de retraite, se sont brûlés au cours de l’été avec des manifestations qui ont viré au vandalisme et au saccage. Ces manifestations ont suscité bien des critiques dans la population. Sans compter les policiers vêtus de pantalons d’armée…

Un reportage assorti d’une photo publiée dans Le Devoir, montrant les policiers les bras croisés devant les manifestants à l’hôtel de ville de Montréal, représente un déficit de réputation de -22 555 $* pour les policiers du SPVM, selon notre outil mesure [d].

Source : Journal de Québec
Source : Journal de Québec

 

2- Trois évadés de prison en hélicoptère et la ministre Thériault : la première véritable crise à laquelle le nouveau gouvernement Couillard a dû faire face est l’évasion en hélicoptère, en juin, de trois détenus de la prison de Québec.  

La ministre de la Sécurité publique, Lise Thériault, s’est empêtrée dans différentes contradictions, faute d’avoir de l’information claire sur cette évasion.

À lui seul, un reportage de TVA, diffusé à heure de grande écoute, durant lequel l’opposition demande la démission de la ministre Thériault, lui a valu un déficit de réputation de -75 335 $*, selon notre outil mesure [d].  

 

3- La peur de l’Ebola au Québec : Même grippé et congestionné, le Dr Barrette a dû défendre pendant plus d’une semaine, dans les médias, le fait que les hôpitaux du Québec étaient prêts à recevoir d’éventuels malades atteints du virus. Une nécessité après la découverte de quelques cas d’Ebola aux États-Unis.

Quelque 7000 personnes sont mortes du virus de l’Ebola, en Afrique, depuis le début de l’épidémie. Bonne nouvelle toutefois : le 1er décembre, l’Organisation mondiale de la santé annonçait qu’elle envisage de « prendre le dessus » sur cette maladie en Afrique.

Outre quelques manchettes à la radio et sur le Web, cette nouvelle a passé inaperçue dans les médias du Québec, noyée à travers la mise à jour économique du gouvernement et les trios du CH. Pas mal plus inaperçu que la peur de l’Ebola, il y a quelques semaines, dans les hôpitaux du Québec…   

Parmi les autres « flops » qui auraient aussi pu se retrouver dans notre palmarès, soulignons : Eddy Savoie, les péquistes à vélo, Lise Thibault, Denise Bombardier et sa déclaration d’amour à Tony Accurso, Trivago, Jonathan Bernier à propos de Nelson Mandela…

 

Pour finir : quelques hoquets médiatiques

1- « Gras dur » et la prime de départ du Dr Gaétan Barrette : C’est sans doute parmi les « unes » les plus marquantes de l’année.

À quelques jours du vote aux élections québécoises, Le Journal de Montréal découvre que le Dr Barrette a reçu une prime de 1,2 million à son départ de la Fédération des médecins spécialistes du Québec.

La nouvelle se retrouve en « une », assortie d’une photo du Dr Barrette et du titre « Gras dur ». Digne des meilleurs tabloïds américains ! Devenu ministre, Gaétan Barrette a aussi fait la joie des caricaturistes, qui font toujours référence à son surplus de poids. La blague durera-t-elle en 2015 ?

Le Journal de Montréal
Le Journal de Montréal

 

2- Radio-Canada : Depuis le printemps, des centaines d’emplois ont été coupés à Radio-Canada. Des artistes, des journalistes vedettes et même Pierre-Karl Péladeau se sont alors prononcés en faveur du diffuseur public.

Mais c’est l’annonce de la fermeture du costumier de Radio-Canada (ah, la nostalgie de notre enfance…) qui a vraiment fouetté la population et qui a poussé plus de 20 000 manifestants à marcher à Montréal contre les coupures à Radio-Canada. Le costumier, qui renferme des costumes tels celui de Bobino, est devenu le symbole des coupures à la SRC – au point d’avoir obtenu 240 mentions dans les médias québécois au cours de l’automne. Quel costumier peut se vanter d’autant de visibilité médiatique ?

 

Le grand débranchement : La palme du journaliste qui s’est le plus mis en scène dans ses propres chroniques, revient à Patrick Lagacé.

À l’automne, le chroniqueur de La Presse s’est coupé d’Internet, retiré des médias sociaux et a mis au rancart son téléphone intelligent pour une série de chroniques intitulées « Le grand débranchement ».

La Presse + a misé énormément sur ces chroniques, les plaçant quatre fois en une de son édition numérique, ce qui lui a valu quelques railleries des lecteurs sur Twitter.

Lagacé a aussi signé une chronique, plus notable cette fois, qui racontait sa rencontre avec des enquêteurs de la SQ voulant lui soutirer les noms de ses sources dans l’Affaire Davidson. Comment récidivera-t-il en 2015 ?

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Sur ce, je vous souhaite un excellent temps des fêtes ! Nous serons de retour sur ce blogue dès le mardi 13 janvier.

 

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

Alors que l’année 2014 tire à sa fin et que les traditionnelles revues de l’année sont en préparation, permettez-nous de vous proposer la nôtre. Et puisque nous avons souvent le nez plongé dans l’actualité, voici la 1ière partie de nos « tops » et nos « flops » médiatiques de 2014. 

revue média 2014

 

Les « tops » :

1- Denis Coderre : On peut possiblement reprocher certaines choses au maire de Montréal, mais pas celle de manquer de visibilité médiatique.

Y-a-t-il une seule journée durant laquelle il ne donne pas d’entrevues ?

Certains commentateurs le qualifient d’« omnimaire ». À l’image de ses nombreuses priorités, le maire Coderre est partout dans les médias. Dans les seuls journaux du Québec, Monsieur le Maire récolte 4614 mentions durant les 12 derniers mois. En comparaison, l’ex-maire Gérald Tremblay avait eu une présence deux fois plus faible avec 2152 mentions en 2011 (année avant sa démission).

coderre-titres 

 

2- Quatre athlètes féminines : Bien que les joueurs du Canadien soient tous plus médiatisés que les autres athlètes, ce sont surtout quatre femmes qui ont su se démarquer dans les pages sportives, mondaines et culturelles en 2014.

Pendant les Jeux olympiques de Sotchi, le public a découvert les trois sœurs Dufour-Lapointe. De spécialistes des bosses, elles sont devenues, entre autres, les visages d’une marque de cosmétique, des souliers Spring, en plus de prêter leur voix au film d’animation Les avions.

Pour sa part : grâce à ses succès sur les courts des grands chelems, Eugenie Bouchard a fait la manchette durant la saison chaude. Elle s’est retrouvée 10 fois en une de La Presse +. Comme quoi, il n’y pas juste les hommes qui lancent et comptent !

 

3- Bernard « Rambo » Gauthier : Voilà un homme qui pourrait se retrouver autant dans les « tops » que les « flops » !

Malgré ses démêlés avec la justice dans des causes d’intimidation et d’harcèlement, Bernard « Rambo » Gauthier a surpris lors de son passage à la Commission Charbonneau. Il était si bien préparé que plusieurs se sont demandé si un professionnel de la communication le conseillait ainsi. Mystère et boule de gomme…

Martelant son message à l’effet qu’il défendait sans conditions les travailleurs de la Côte-Nord, il s’est posé en syndicaliste accompli, nous faisant presque oublier son comportement de fier-à-bras…

À son retour sur la Côte-Nord après la Commission, ses collègues l’ont accueilli avec des porte-clés à son effigie – porte-clés dont les profits de la vente ont été remis à des bonnes œuvres. Le Soleil titrait alors « Rambo superstar », qui ce a valu un gain de réputation de 28 160 $* pour Rambo Gauthier, selon notre outil mesure [d].

En prime, « Rambo » termine l’année avec une biographie rédigée par nul autre que Victor-Lévy Beaulieu !

 

4- Bélugas et GND : Même si leur population est en déclin, force est de constater que les bélugas sont moins menacés ces jours-ci que le projet de pipeline de TransCanada. Des citoyens ont commencé à manifester, dès cet été, contre les travaux de forage de TransCanada, à Cacouna, site de reproduction des bélugas.

L’enjeu cheminait tranquillement dans l’actualité jusqu’à ce que le plan de communication de TransCanada, jugé agressif par des groupes environnementaux et des journalistes, soit dévoilé publiquement.

Gabriel Nadeau-Dubois (GND) a ajouté sa touche en offrant sa bourse du Gouverneur général à l’organisme Coule pas chez nous, qui lutte contre le projet de TransCanada. Les bélugas peuvent remercier GND, car qui veut maintenant de cet oléoduc après tout ce battage ?

 

5- Xavier Dolan : Dans la catégorie des ambassadeurs du Québec à l’étranger, difficile de passer à côté du travail du cinéaste Xavier Dolan.

Dans les journaux français seulement, avec le succès de son film Mommy au Festival de Cannes, Dolan est mentionné dans pas moins de 2 625 articles depuis le début de l’année 2014. C’est beaucoup et exceptionnel !

Parmi ces nombreuses retombées de presse, le quotidien français Le Monde a publié, en plein durant le festival de Cannes, une critique très élogieuse du film qui représente un gain de réputation de 171 790 $* pour Dolan et son film, selon notre outil d’évaluation des médias en dollars mesure [d]. Avec une présence possible aux Oscars, parions que Xavier Dolan ne disparaîtra pas du radar médiatique en 2015…

 

xavier dolan Cannes
Source : theguardian.com

 

Les « flops » :

1- La Charte de la laïcité : Elle a fait couler tellement d’encre à l’automne 2013, puis à l’hiver 2014… Mais aujourd’hui, cette charte, qui devait affirmer nos valeurs québécoises et assurer la victoire électorale au PQ, est reléguée aux oubliettes.

Outre Bernard Drainville, la plupart des ténors péquistes l’ont reniée. Parmi les victimes collatérales, soulignons la famille Pineault-Caron, qui a comparu, en janvier, à la Commission parlementaire sur la Charte. Cette famille de la Côte-Nord, venue raconter ses voyages en Turquie et au Maroc, est devenue la risée d’Infoman et des médias sociaux… Sur YouTube, la vidéo a été vue plus de 480 000 fois.

 

2- Marcel Aubut et Vladimir Poutine aux Jeux olympiques : Cette visite aurait dû se transformer en bon coup, mais il s’agit plutôt d’un « flop »…

Après tout, le président du comité olympique canadien avait réussi à attirer Vladimir Poutine à la maison du Canada à Sotchi. Mais Marcel Aubut aurait sans doute dû se garder une petite gêne avant de faire une accolade enthousiaste au président russe. Même Poutine a eu l’air étonné d’autant d’amitié !

Me Aubut s’est retrouvé sur la défensive pendant deux semaines dans les médias. Il a été ridiculisé et caricaturé. « Je me suis expliqué quarante fois, c’est assez », a-t-il répliqué à un journaliste de Québecor à son retour au pays après les Olympiques. Cet article, publié notamment dans Le Journal de Montréal, représente un déficit de – 33 830 $* pour Marcel Aubut, selon notre outil mesure [d].

 

3- Yves Bolduc : Relégué au poste de ministre de l’Éducation, alors que son collègue Gaétan Barrette occupe le siège de la Santé, Yves Bolduc a connu un début de règne ardu.

Rappelons-nous qu’il a dû justifier une prime controversée de 215 000 $ pour avoir accepté davantage de patients alors qu’il était député dans l’opposition. M. Claude Castonguay – devenu à sa façon la belle-mère des libéraux – a ensuite demandé la démission d’Yves Bolduc.

L’entrevue de M. Castonguay au Téléjournal 18h de Radio-Canada vaut à Yves Bolduc un déficit de réputation de – 27 770 $*, selon notre outil mesure [d].

 

4- Fatima Houda Pépin : Entendons-nous, Fatima Houda-Pépin n’est pas un « flop » à proprement parler.

Mais après avoir été très médiatisée pour ses idées sur la Charte des valeurs et pour avoir tenu tête à ses anciens collègues libéraux, l’ex-députée de La Pinière a complètement disparu de la carte après avoir perdu son comté au profit de Gaétan Barrette.

Plusieurs ex-politiciens deviennent commentateurs dans les médias après leur carrière politique. Où est donc Fatima ?

fatima houda pépin 

 

L’entre-deux

PKP : Difficile de qualifier de « flop », l’ex-homme d’affaires qui caracole en tête des sondages comme aspirant chef du PQ.

Pourtant, son poing droit levé pour « faire du Québec un pays », lors de son entrée en scène aux dernières élections, fait partie des causes probables de la déconfiture électorale du PQ…

PKP est tellement médiatisé qu’il n’a qu’à respirer et il fait automatique la manchette ! J’exagère à peine…

Parmi les retombées célèbres sur PKP en 2014, soulignons la « une » du magazine Maclean’s avec ce titre « Is this the man who will break up Canada ? » au cours de la campagne électorale. Malgré certains éléments négatifs, ce reportage avait valu, selon notre outil mesure [d], un gain de réputation de 751 200 $* pour le PQ et son candidat vedette. La force de PKP réside dans cette capacité à générer une couverture médiatique que le PQ n’aurait pas sans lui. Pour le meilleur et pour le pire…  

 

La semaine prochaine, la suite des « tops » et des « flops » 2014…

 

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

Vous êtes un professionnel de la communication. Un matin, votre organisation se retrouve en une du journal ou fait les choux gras de Paul Arcand pour des mauvaises raisons. De très mauvaises raisons…

Vous travaillez fort pour exprimer votre point de vue, rétablir les faits et sortir de la crise. Votre organisation est secouée. Vos patrons sont très nerveux.

collège brébeuf
Source : Collège Brébeuf

Dans ce contexte, oseriez-vous mesurer l’impact de toute cette couverture négative sur votre organisation ?

Je ne vous apprendrai rien en affirmant que les bonnes nouvelles font rarement la « une ».

Je suis convaincue, par exemple, que le Collège Brébeuf, à Montréal, réalise des projets inspirants, voire même innovateurs, pour favoriser le dépassement de ses élèves. Des initiatives louables qui ne seront jamais des histoires suffisantes pour ouvrir le bulletin de nouvelles de 18h.

Par contre, quand le Collège Brébeuf met à la porte une animatrice de théâtre – que ce soit justifié ou non, là n’est pas la question – la nouvelle se retrouve dans les principales manchettes du jour. Puis, la nouvelle s’étire sur plusieurs jours… La réputation de Brébeuf en prend pour son rhume. C’est ainsi que va la machine médiatique !

Craindre ou non ?

Ce type de situation arrive à plusieurs de nos clients, qui nous demandent de mesurer les effets de la couverture médiatique négative sur leur organisation. Ils s’interrogent à juste titre : leur réaction à la couverture négative a-t-elle envenimé ou apaisé la crise ?

Mais certains professionnels des communications peuvent hésiter à faire analyser des retombées de presse défavorables… Après tout, personne n’appréciait recevoir un bulletin truffé de « D » à l’école !

L’analyse de presse diffère d’un bulletin scolaire !  

Voici cinq raisons qui justifient pourquoi il faut oser faire analyser les retombées défavorables :

  • Le recul. Et si ces retombées n’étaient pas si négatives finalement ? Un regard externe et indépendant peut nuancer la question. Et rassurer la direction.
  • Le score. Une firme spécialisée en analyse de presse peut déterminer, par exemple, le déficit de réputation en dollars. Il faut privilégier une méthode facile à comprendre pour tous les types d’organisations.
  • La confirmation. Est-ce que la stratégie de presse retenue a permis de renverser la tendance ?
  • La distinction. Une analyse fine du contenu de la couverture de presse permet de distinguer l’impact de chacun des enjeux – ce qui est essentiel pour réhabiliter la réputation malmenée de l’organisation.
  • La clarté. Quels sont les enjeux qu’il serait approprié de mettre de l’avant lors des opérations de presse qui suivront la crise ?

Même lorsque la couverture médiatique est négative, l’analyse de presse constitue un outil de gestion très utile.

Pourquoi ? Parce qu’elle permet de constater des faits, et d’ajuster ce qui fonctionne bien ou moins bien dans ses communications.

Revenons un cas du Collège Brébeuf…

L’institution privée n’a pas renouvelé le contrat d’une animatrice de théâtre parce qu’elle avait tourné, il y a près de 50 ans, dans des films où on la voyait nue. De perspicaces élèves avaient retrouvé sur Internet certaines scènes « érotiques pour l’époque » mettant en vedette leur professeure d’art dramatique. Oh scandale !

  • Prenons une retombée défavorable au Collège Brébeuf, publiée en page 7 du Journal de Montréal, le mardi 20 octobre. Cet article vaut un déficit de réputation de – 41 420 $ * au Collège Brébeuf, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d]
Jacqueline Laurent Auger
Source : Radio-Canada

En réponse à la crise, mercredi dernier, la direction du Collège Brébeuf a émis un communiqué de presse laissant entendre qu’elle est ouverte au retour de l’enseignante.

  • Dans la foulée du communiqué, le directeur du collège Brébeuf, Michel April, a donné une entrevue à Paul Arcand (98,5 FM). Dans la mesure où l’entrevue n’a pas trop mal viré, elle représente un gain de réputation de 11 960 $ * au bénéfice du Collège Brébeuf.

N’eut été du terrible attentat à Ottawa, le directeur de Brébeuf aurait sans doute donné davantage d’entrevues au cours de la journée. Malgré tout, Brébeuf en a-t-il fait assez pour rétablir sa réputation dans cette affaire ?

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

 

La semaine dernière, ce blogue vous proposait notre palmarès des « tops » et des « flops » de l’été 2014. Mais puisque la récente saison chaude s’est avérée riche en faux pas médiatiques, nous récidivons cette semaine, à la demande générale, avec la suite de nos « fameux » flops de l’été. 

 

1- Trivago : Ça ne devait être qu’une publicité vantant un site Web de réservation d’hôtels. Mais Trivago est devenu « Le » sujet par excellence pour les chroniqueurs médias, qui ont dénoncé l’incessante diffusion de cette pub, qui met en vedette une jeune voyageuse qui se tortille dans son lit d’hôtel (qui n’existe même pas !)  à Venise. La chronique d’Hugo Dumas dans La Presse vaut un déficit de réputation de – 26 085 $ pour Trivago. Le blogue de Marie-Claude Ducas, sur le site du Journal de Montréal, représente, quant à lui, un déficit de – 1 756 $ au détriment de Trivago, selon notre outil d’évaluation des médias, mesure [d]*.

trivago

2- Guêpes : La mairesse de La Prairie, Lucie F. Roussel, est morte tragiquement au cours de l’été après avoir été piquée par de nombreuses guêpes. Nous le savons tous, les nids de guêpes sont dangereux. Mais en pleine saison creuse, les médias se sont fait un plaisir de nous le rappeler. Qui n’a pas entendu un spécialiste des insectes se prononcer sur la soudaine peur des guêpes ? L’entomologiste Georges Brossard s’en plaignait d’ailleurs sur les ondes du 98,5 FM. Les guêpes ont fait l’objet de 755 mentions dans les médias québécois cet été. En 2013, pendant la même période, nous avons recensé 550 mentions. Quelle mouche a piqué nos médias ?

 

3- Procès de Lise Thibault : Quelle source de distraction que ce procès en plein cœur des vacances de la construction ! Les citations surréalistes de l’ex-lieutenant gouverneure du Québec ont fait rire autant dans les médias traditionnels que sociaux. Meilleur qu’un spectacle d’humour ! Des blogueurs se sont payé sa tête, dont Mathieu Charlebois du magazine L’actualité. Lise Thibault affirme qu’elle lisait huit journaux par jour comme un chef d’État doit les lire… Parions que cette couverture médiatique l’a découragée à faire analyser ce qui se dit à son sujet…  

 

4- Serge Losique et le FFM : C’est sans doute le miracle de l’été ! Le Festival des films du monde de Montréal (FFM) a eu lieu, malgré une couverture terriblement négative et des bailleurs de fonds absents. La virulente lettre de Danièle Cauchard, la directrice du FFM, contre la présidente de la Sodec, Monique Simard, a provoqué la démission du directeur des communications du festival, qui était en poste depuis 15 ans. De nombreux artisans du cinéma ont dénoncé les agissements du FFM. Bref, une gestion de crise désastreuse !

La chroniqueuse Nathalie Petrowskia néanmoins senti le besoin de défendre le FFM dans sa chronique du 5 juillet dans La Presse. Une rare voie positive qui représente un gain de réputation de 38 575 $* pour le FFM, selon notre outil d’évaluation des médias, mesure [d]. Un léger baume sur la plaie

serge losique FFM

 

5- Postes Canada : Ragaillardi par ses vacances estivales, le maire de Montréal, Denis Coderre, est tombé à bras raccourcis sur Postes Canada à la mi-août. « Immonde et même stupide », a-t-il dit à propos des clients handicapés qui devront obtenir des billets de médecin pour avoir leur courrier livré à domicile. Un reportage de TVA sur la réaction du maire Coderre cause un déficit de réputation de – 9 175  $* pour Postes Canada.

 

6- Information internationale : Commençons par la bonne nouvelle : l’actualité internationale a occupé davantage d’espace dans nos bulletins d’information ces dernières semaines : Gaza, Ukraine, Syrie, Irak, l’Ebola en Afrique, etc. Toutefois, dire qu’il s’agit de mauvaises nouvelles est un euphémisme… Avec le retour dans l’actualité de la commission Charbonneau, de la course à la chefferie du PQ, du projet de loi 3, ces enjeux internationaux risquent de passer de la page une à la page 20 de nos journaux. Il ne s’agit donc pas d’un « flop » à proprement parler, mais d’un triste constat…

 

7- Tony Accurso : Alors que nous venons d’apprendre que son yacht a trouvé un acheteur, Tony Accurso a échoué cet été dans l’une de ses dernières tentatives pour éviter de comparaître à la commission Charbonneau. L’homme d’affaires doit témoigner cette semaine à la CEIC. Le dernier « flop » de l’été serait-il encore à venir ? 

Tony Accurso et son yacht
Source : TVAnouvelles.ca

 

8- Eddy Savoie : Ce dernier nous a été suggéré par quelques lecteurs désireux de le retrouver parmi nos « flops » de l’été. Le président des Résidences Soleil a bien mal commencé le mois de mai en devant dévoiler sa fortune de 1,5 milliard de dollars. Et son mois d’août se termine tout aussi mal alors qu’il doit remettre 300 000 $ à la fille d’une ancienne résidente qu’il poursuivait en diffamation. Pour Eddy Savoie, il s’agit d’un « flop », mais pour les victimes de poursuites-bâillons, avouons qu’il s’agit plutôt d’une « victoire » de l’été !

 

Est-ce d’autres « flops » nous auraient échappé ? Merci de commenter !

Pour lire le premier volet de nos « tops » et nos « flops » de l’été 2014. 

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.