Relations publiques

Souvent, les commissions scolaires ont mauvaise presse.

Leur pertinence est régulièrement questionnée. Leur gestion est souvent perçue comme étant lourde et hermétique. Et que dire de la langue de bois – couramment utilisée avec des termes techniques et abstraits pour parler d’enjeux de proximité avec les familles et les vies de quartier ?

Cette semaine, le mauvais coup médiatique est attribué à la Commission scolaire de Montréal (CSDM) qui continue de s’embourber dans l’octroi d’un important contrat de location.

Rappel des faits

  • le 9 novembre, Le Devoir dénonce, à la une, l’intention de la CSDM de devenir locataire de son prochain siège social et de prendre cette décision à huis clos ;
  • entre le 20 et le 24 novembre, le sujet repart de plus belle, à la fois dans la presse écrite (7) et à la radio (4) ;
  • le 22 novembre, la présidente de la CSDM, Catherine Harel-Bourdon, est l’invitée de Paul Arcand au 98,5 FM. Lors de cette entrevue de 14 minutes, il y est question de la relocalisation du siège social et de l’expulsion de certains groupes communautaires – locataires d’édifices appartenant à la CSDM où ils logent ;
  • le 28 novembre, en soirée, la CSDM annonce par courriel aux médias, à la suite des pressions de certains commissaires et des médias, qu’elle lancera un nouvel appel d’intérêt;
  • le 29 novembre, La Presse+ donne la version des soumissionnaires à l’appel d’intérêt.

CSDM

Combien?

Nous avons analysé trois retombées avec l’outil Mesure D afin d’évaluer l’impact de la couverture négative :

  • Le Devoir, 9 novembre 2017, pages 1 et 8. Toutes les variables sont négatives, dont celles-ci : le titre, l’amorce, le traitement journalistique, la position dans la page, la position dans le média, etc. Déficit cumulé pour la CSDM de – 6 180 $ ;
  • Puisqu’il faut se lever (Paul Arcand), 22 novembre 2017. Quand Paul Arcand veut dénoncer une situation, il enchaîne les questions précises et plus larges; il devient alors difficile à ses interlocuteurs de tenter de défendre l’indéfendable… Déficit pour la CSDM de – 36 750 $ ;
  • La Presse+, 29 novembre 2017, section Affaires, pages 1 et 6. Toutes les variables sont négatives, dont celles-ci : le titre, l’amorce, le traitement journalistique et les citations présentées en mortaises. Déficit cumulé pour la CSDM de – 24 425 $ ;

Gérer, c’est communiquer

Que les élus et les dirigeants de la plus grosse commission scolaire au Québec le reconnaissent ou non, la marque CSDM est en déficit de réputation. Un déficit qu’elle a elle-même créé en traitant un enjeu de gestion – la relocalisation de ses ressources humaines du siège social dans un nouvel édifice et la vente ou la reprise de plusieurs autres – comme une simple décision administrative.

LA DÉCISION DE LA CSDM DE GÉRER AINSI CONSTITUE UN BOULET À SA RÉPUTATION.

Gérer, c’est communiquer. Or, négocier en 2017 des ententes à huis clos avec de l’argent public, tout comme refuser d’identifier les partenaires de cette négociation et changer les règles d’un appel d’intérêt, c’est un risque énorme… qu’aucune organisation publique ne peut prendre.

Même si la couverture de presse à ce sujet est relativement limitée, locale et ponctuelle, elle fait très mal aux dirigeants de la CSDM – spécialement à ceux et celles qui doivent rendre des comptes aux citoyens.

Paul Arcand a coupé en rondelles les arguments de la présidente Catherine Harel-Bourdon, et les quotidiens – qui n’épargnent pas non plus la gestion de la CSDM – sont lus ou entendus dès les premières heures du matin par les parlementaires et les hauts fonctionnaires.

Il s’agit de retombées qui continueront de générer… d’autres retombées négatives !

Cette semaine, notre coup médiatique hebdomadaire prend congé afin de me permettre de souligner l’initiative conjointe de la Société québécoise des professionnels en relations publiques (SQPRP) et d’Infopresse – qui ont réalisé, jeudi le 23 novembre au Centre des sciences de Montréal, le premier Forum Information et Relations publiques.

Tout d’abord, clarifions la situation : j’ai fait partie d’un panel lors de cet événement. Mais, peu importe. Cette initiative est tellement bienvenue que j’ai envie de vous partager tout le bien que l’on peut en tirer.

Deux mots qui disent tout !

Avez-vous remarqué les mots choisis pour titrer et sous-titrer l’événement ? Ce sont les suivants : « le Forum de l’information et des relations publiques, le rendez-vous incontournable des professionnels de l’industrie ».

Ces mots sont rarement ainsi accolés.

IL FALLAIT OSER PLACER « ET » ENTRE INFORMATION ET RELATIONS PUBLIQUES, ET PARLER D’UNE SEULE INDUSTRIE.

Depuis plusieurs décennies, dans leur confrérie respective, les journalistes et les professionnels des relations publiques s’amusent à casser du sucre sur le dos des « ennemis » ou – dit de façon plus politiquement acceptable – des « maux nécessaires ».

Tout ce « PR Bashing » et ce « Journalism Bashing », ça nous a menés où ? Bien plus souvent qu’autrement à des confrontations contreproductives basées sur une méconnaissance du rôle réel des uns et des autres – le tout alimenté par des préjugés.

Au lieu de présenter l’information (domaine du journalisme) en opposition aux relations publiques, ces deux champs complémentaires ont été liés, lors de ce forum : ils font partie de « l’industrie ». D’une seule industrie : celle qui consiste à toujours mieux informer dans une société qui change très rapidement.

Il était plus que temps que les professionnels de l’information et des relations publiques se retrouvent dans un forum conçu spécialement pour eux et elles.

Pourquoi ? Parce qu’au-delà de nos différences notoires et de nos rôles complémentaires dans la société, nous avons plusieurs points en commun.

Journalistes, « PR » et… vendeurs d’autos usagées : même combat

La perception du grand public à nos égards est loin de nous plaire, aux uns et aux autres. Dans ce contexte, personne n’aurait encore avantage à lancer des roches aux autres…

Selon le Baromètre de la confiance (Edelman, 2017), les médias sont considérés, au Québec, comme les grands responsables des problèmes actuels (31 %).

Eh oui ! Les médias ont mauvaise presse… alors que les communicateurs n’apparaissent à peu près jamais dans les classements des professions les plus (et même les moins) respectées. On y trouve de plus en plus les blogueurs et les agents de télémarketing, mais pas les stratèges en communication et relations publiques.

LES GRANDS SPÉCIALISTES DE LA PAROLE ET DU CLAVIER ONT FAILLI À LEUR RESPONSABILITÉ D’EXPLIQUER CLAIREMENT CE QU’ILS FONT…

Il est paradoxal qu’au fil du temps, les grands spécialistes de la parole et du clavier ont failli à leur responsabilité de mieux faire connaître, comprendre et apprécier ce qu’ils font, au quotidien, auprès des publics qu’ils tiennent tant à informer et à influencer. Résultat : nos réputations avoisinent celle des vendeurs d’autos usagées…

Réinventer nos meilleures pratiques et éliminer les autres

L’impact des médias et l’importance de leurs plateformes demeurent essentiels au travail des communicateurs. Et, que contiendraient les médias dits « traditionnels » demain matin si, aujourd’hui, il y avait une grève nationale de la part de tous ceux et celles qui les alimentent en nouvelles et sujets de reportages ?

En 2017, alors que les médias traditionnels se battent pour leur survie, ils ont démontré leur pertinence de façon spectaculaire. Parce que, si c’est le mot-clic « #metoo » qui a démarré une gigantesque tombée de dominos dans le showbiz, ce sont des médias traditionnels qui ont véritablement fait chuter les Weinstein, Salvail, Rozon, Appolo, etc.

Il est évident que les médias réinventent leurs pratiques, et même leurs meilleures – dont leurs techniques d’enquête. Pour leur part, les professionnels des relations publiques font de même, notamment en intervenant plus souvent et de façon plus concrète, en amont, à l’écoute des publics.

Mardi, mon collègue Alexandre Lainesse a eu entièrement raison de dénoncer l’utilisation très souvent ridicule du communiqué de presse à toutes sortes de sauces – ce que déplorait récemment le journaliste Jean-Philippe Cipriani à l’antenne de ICI Première.

Démontrer la valeur ajoutée de ce que l’on fait

Unir les mots information et relations publiques et parler d’une seule industrie, c’est très bien. Mais, l’effet n’aura duré qu’une seule journée.

Le plus grand défi qui doit désormais découler de la pratique de l’information et des relations publiques est le même : démontrer la valeur ajoutée de nos contributions à la société – alors qu’une tonne d’informations de piètre qualité est accessible gratuitement, dans les médias sociaux, et que tout un chacun peut s’improviser « PR »…

LES JOURNALISTES PROFESSIONNELS DOIVENT DÉMONTRER QU’ILS RECHERCHENT LA VÉRITÉ. ET LES PROFESSIONNELS DES RELATIONS PUBLIQUES, PROUVER QU’ILS SONT À LA SOURCE DE CELLE-CI.

 

Existe-t-il une recette infaillible pour gagner des campagnes électorales ?

Bien sûr que non. Chacune d’elles est unique et les ingrédients qui contribuent à une victoire ou à une défaite sont souvent nombreux et complexes. De tout temps, leur dosage a été déterminé par l’instinct de stratèges et – fait relativement nouveau – de plus en plus par des données.

Voici trois leçons à tirer de la victoire de Valérie Plante à titre de première mairesse de l’histoire de la Ville de Montréal :

1- Un message fort

Les Montréalais ont lu et entendu un message fort qu’a répété continuellement la cheffe de Projet Montréal : prolonger le métro grâce à une nouvelle ligne rose.

Elle aurait été brune ou violet, cette ligne, qu’elle aurait fait la manchette. Mais le fait qu’elle soit rose rendait cet engagement plus… coloré !

UNE IDÉE TOUTE SIMPLE – UN TRAJET ADDITIONNEL DANS LE MÉTRO APPELÉ « LIGNE ROSE » – A MONOPOLISÉ L’ATTENTION ET L’INTÉRÊT DES MONTRÉALAIS.

Les médias ont diffusé énormément la carte du « nouveau » réseau de la STM tel qu’imaginé par Projet Montréal. Et hop, le ton était donné pour toute la campagne – au grand dam du maire Coderre qui, en réagissant continuellement à l’idée de son adversaire, s’est placé sur la défensive. Comment un politicien aussi expérimenté a-t-il pu tomber dans pareil piège ?

Du premier au dernier jour de la campagne électorale, Valérie Plante a attiré Denis Coderre sur son terrain : l’enjeu de la ligne rose. Le tiers des 498 mentions de la ligne rose revient au maire sortant.

De toute évidence, cet engagement de Mme Plante a plu aux Montréalais. Pendant ce temps, le maire Coderre a promis… l’agrandissement du Palais des congrès – ce qui ne se trouve pas sur la liste des 100 priorités de mes voisins !

2- une notoriété digne des gagnants

Inconnue du grand public il y a quelques semaines à peine, Valérie Plante avait toute une côte à remonter pour s’approcher de la notoriété de « l’omnimaire de Montréal ».

Au moins quatre options s’offraient à elle, et elle a réussi à se démarquer avec chacune d’elles:

  • accepter les propositions pour participer à de nombreux débats – et même en susciter – contre le maire sortant, ce que lui avait tout intérêt à limiter;
  • créer un « stunt » publicitaire qui lui serait favorable, soit sa campagne « L’homme de la situation : Valérie Plante »;
« L’homme de la situation » a suscité pas moins de 283 retombées de presse favorables ou neutres dans les médias. C’est énorme!
  • avoir continuellement des messages nouveaux ou… les mêmes, mais rafraichissants à donner aux médias, jour après jour;
  • aller à l’émission Tout le monde en parle en même temps que Denis Coderre – ce que celui-ci ne pouvait refuser.

Que l’on ait écouté attentivement cette entrevue à deux volets ou qu’on l’ait regardé distraitement – le volume baissé, c’est également très instructif – il est évident à quel point Mme Plante a crevé l’écran et que « l’omnimaire » tentait de la museler…

Selon l’outil Mesure D, le passage de Mme Plante et de M. Coderre à la grand’messe du dimanche soir a généré des impacts différents pour l’un et l’autre : un gain de réputation de 315 985 $ pour la nouvelle mairesse de Montréal et un gain de réputation de 253 900 $ pour celui qui quittera prochainement l’Hôtel de ville.

En effet : même si M. Coderre a eu sensiblement plus de temps d’antenne que son adversaire, son ton était souvent cassant et son non-verbal, éloquent.

3- Des données qui parlent

La mode est aux données. Or, en gestion, il faut bien se méfier des modes…

LE POIDS SANTÉ EST SOUVENT BIEN PLUS PERTINENT QUE LE POIDS MÉDIA.

Tout comme les nutritionnistes font la différence entre le poids sur la balance et le « poids santé », il est possible de faire de même dans la gestion de la réputation des marques, des organisations et des personnalités.

Souvent utiles, les données sur le poids média ne peuvent donner à elles seules, le portrait complet et précis que recherchent les gestionnaires; elles peuvent très facilement induire en erreur.

Par exemple : en se fiant uniquement au poids média, l’équipe Coderre pouvait croire qu’elle dominait au chapitre de la couverture de presse… alors qu’elle a été à la remorque de Projet Montréal depuis le 22 septembre dernier, jour du lancement de la campagne électorale !

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

Lundi, l’animateur Bernard Drainville a diffusé, en exclusivité, le point de vue du député Guy Ouellette au 98,5FM. Il s’agit de notre bon coup médiatique de la semaine.

C’EST UN EX-PARLEMENTAIRE QUI A INTERVIEWÉ GUY OUELLETTE. LA COMPASSION ÉTAIT ÉVIDENTE.

Rappel des faits

  • Mercredi, 25 octobre : l’Unité permanente anticorruption (UPAC) arrête, puis relâche le député de Chomedey de l’Assemblée nationale du Québec;
  • Vendredi, 27 octobre, en après-midi : le député Guy Ouellette marche au centre-ville de Montréal. Prétendant être suivi par des policiers, il entre dans l’immense Place Bonaventure et trouve refuge dans les studios de Cogeco. Qui était en ondes à ce moment-là ? Nul autre que l’animateur Bernard Drainville – son ancien adversaire mais néanmoins collègue au Salon bleu;
  • Lundi, 30 octobre : dans une entrevue exclusive enregistrée vendredi en fin d’après-midi – mais diffusée au début de l’émission de l’ancien ministre – Guy Ouellette donne sa version des faits, relativement à l’arrestation qu’il continue de déplorer;
  • Mardi, 31 octobre, début d’après-midi : le président de l’Assemblée nationale, Jacques Chagnon, fait une rare sortie et celle-ci passera à l’histoire de la vie parlementaire québécoise. Il lance d’un ton sans équivoque, à propos de l’UPAC : « Qu’on accuse ou qu’on s’excuse ». L’intervention de M. Chagnon deviendra rapidement tendance sur Twitter;

  • Mardi, 31 octobre, vers 14h15 : M. Ouellette s’adresse brièvement aux 124 autres parlementaires de l’Assemblée nationale et suscite l’attention d’énormément de Québécois qui ne demandent pas mieux que de le croire;
  • Mardi, 31 octobre, 16 h 30 : pressée par le Premier ministre du Québec de prendre la parole, l’UPAC fait face à un barrage de questions des journalistes.

L’un se sert de l’autre

Pourquoi Guy Ouellette a-t-il choisi d’aller chez Drainville plutôt que chez Arcand, Auger, Bruneau, Dussault ou Roy ?

Vieux routier dans les médias, Guy Ouellette savait très bien qu’il avait besoin d’accorder une seule entrevue. Et que, peu importe le média choisi, son contenu serait énormément repris.

Présence de Guy Ouellette dans les médias québécois entre le 23 octobre et le 2 novembre à 9h00.

Guy Ouellette a choisi un animateur en qui il avait déjà confiance – les liens créés au sein de la confrérie des parlementaires ont servi l’un et l’autre.

Pour sa part, Bernard Drainville – qui est en train d’instaurer une nouvelle habitude d’écoute, entre 12h00 à 15h00 au 98,5FM – n’a eu qu’à écouter son ancien collègue et à lui ouvrir son micro – ce qui a donné une entrevue sans complaisance mais empreinte de compassion.

Ce fut un excellent coup pour la notoriété de cette émission puisqu’il y a eu pas moins de 362 mentions portant sur cette entrevue exclusive, et ce, à la télévision, dans les quotidiens et, bien sûr, au 98,5FM et dans les stations sœurs de Cogeco !

Selon Mesure Média, cette entrevue a généré un gain de réputation de 35 510 $ au bénéfice de Guy Ouellette et un déficit de réputation de – 60 815 $ pour l’UPAC (l’avenir nous dira qui a dit vrai)…

L’UPAC omniprésente

Affirmer que l’UPAC recherche l’attention continuelle des médias serait un euphémisme.

Chose certaine, la dernière semaine a placé cet organisme – dont la mission consiste à lutter contre la corruption pour un système public intègre – à la fois à l’avant-scène et sur la défensive.

Nombre de mentions de l’UPAC dans les médias québécois entre le 23 octobre et le 2 novembre à 9h00.

La pertinence des médias traditionnels

CE SONT LES MÉDIAS DIT « TRADITIONNELS » QUI CONTINUENT DE FAIRE ET DE DÉFAIRE LES RÉPUTATIONS.

Malgré l’impact exponentiel des médias sociaux, il est toujours fascinant de constater que ce sont les médias dits « traditionnels » qui continuent de faire et de défaire les réputations. En effet : que l’on reproche des inconduites sexuelles à des vedettes du show-business ou on ne sait trop quoi à des élus, ce sont les médias reconnus pour la qualité de leur journalisme d’enquête qui sortent la nouvelle… que d’autres s’empressent de reprendre afin de favoriser les commentaires de toutes sortes.

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

 

Katie Paine

Pour une deuxième année consécutive, j’ai participé à l’événement Summit on the Future of Communication Measurement, tenu au New Hampshire à la mi-octobre et qui traitait de l’avenir des relations publiques.

Organisé par la spécialiste américaine de la mesure en relations publiques Katie Paine, alias «The Queen of Metrics», ce sommet réunissait quelques dizaines de professionnels des communications dans le décor automnal enchanteur de la Nouvelle-Angleterre.

J’ai retenu quatre tendances déterminantes pour l’avenir des relations publiques :

1- «Be business professional first, communication professional after»

Les conférenciers étaient formels: pour que les communicateurs soient à la table des décideurs, ils doivent, d’abord et avant tout, adopter une vision d’affaires. Comment? En fournissant des données stratégiques qui attireront l’attention des dirigeants.

Les données sur l’impact des communications doivent être en lien avec les objectifs d’affaires.

LES DONNÉES SUR L’IMPACT DES COMMUNICATIONS DOIVENT ÊTRE EN LIEN AVEC LES OBJECTIFS D’AFFAIRES.

Selon Michael Ziviani, président de la firme Precise Value en Australie, les indicateurs de performance des campagnes de relations publiques parlent uniquement aux professionnels des communications… et non à la haute direction. D’où l’importance d’avoir des données sur l’impact des communications en lien avec l’atteinte des objectifs d’affaires des organisations.

2- Aucune norme pour la mesure des médias sociaux

Depuis 2011, Katie Paine et ses collaborateurs tentent d’établir des standards internationaux pour l’évaluation de la performance des organisations sur les médias sociaux. L’équipe s’avoue toutefois dépassée par la tâche…

D’abord, il est extrêmement difficile d’établir des standards, alors que ces médias évoluent constamment.

Ensuite, le sentiment sur les médias sociaux (positif, négatif et neutre) ne s’applique pas uniformément à toutes les marques. Certaines organisations reçoivent peu de commentaires positifs sans que leur réputation soit en danger pour autant. Dans ce contexte, il est impossible de faire du sentiment un standard.

CE N’EST PAS DEMAIN LA VEILLE QU’IL Y AURA DES NORMES UNIFORMES ET EFFICACES POUR ÉVALUER LES MÉDIAS SOCIAUX.

Sans compter qu’on s’entend à peine sur les différentes définitions: que signifient les impressions vs la portée vs l’engagement? Bref, ce n’est pas demain la veille qu’il y aura des normes uniformes et efficaces pour l’évaluation de Twitter, Facebook et cie.

3- Y a-t-il un avenir pour les agences de relations publiques?

Cette table ronde a eu le mérite d’en secouer plusieurs!

Les trois panélistes (Laura Browne, Jackie Price et Sam Richlewicz) travaillent tous dans une agence de relations publiques qui a pris le pari de placer les données au centre de leur pratique.

LES AGENCES DE RELATIONS PUBLIQUES PERDENT LEUR TEMPS À ESSAYER D’OBTENIR LA REVUE DE PRESSE LA PLUS ÉPAISSE POSSIBLE…

Selon eux, les agences de RP traditionnelles perdent leur temps, en 2017, à essayer d’obtenir la revue de presse la plus épaisse possible.

L’avenir réside plutôt dans l’analyse des données pour cibler efficacement différents publics. Cela est encore plus vrai dans un monde où les organisations peuvent s’adresser directement aux consommateurs sans passer par les médias – qui sont, de toute façon, en perte de crédibilité et envahis par les fausses nouvelles… Ouf!

4- Analyser les crises de ses concurrents et… apprendre de leurs erreurs!

Le transporteur aérien Southwest Airlines est une organisation qui place la veille et l’analyse médiatique au cœur de ses activités d’affaires.

Pendant la crise sur la surréservation (overbooking) chez United Airlines le printemps dernier, Southwest Airlines a analysé ce que vivait sa concurrente sur les médias sociaux, en direct.

Très vite, l’équipe des communications a constaté que la discussion s’éloignait d’United Airlines pour s’étendre à toutes les sociétés aériennes. Un vieil article, passé inaperçu lors de sa publication, a ressurgi sur les médias sociaux, disant que Southwest Airlines était le pire transporteur en matière de surréservation… Oups!

Peu après la crise, ses communicateurs ont monté des tableaux de bord, destinés à la haute direction, afin de recommander un changement radical de la gestion des surréservations. Aujourd’hui, Southwest Airlines ne pratique plus de surréservation – en bonne partie grâce aux données de ses analystes en communication… et de la crise de son concurrent!

Il était une fois… Blade Runner, un film culte qui revit le 5 octobre 2017 dans une nouvelle version, grâce à un budget et des effets spéciaux sans limites et un réalisateur qui a la cote au Québec et partout sur la planète : Denis Villeneuve.

Quoi faire en situation de crise… indirecte?

La fusillade survenue à Las Vegas, dimanche dernier, a bousculé de façon radicale toute la stratégie de communication et de marketing définie autour de la marque « Blade Runner 2049 ».

Pourtant, il ne s’agissait pas d’une situation de crise liée directement à Blade Runner 2049 – une copie piratée du film aurait très bien pu circuler dans les médias sociaux, ça s’est vu souvent…

Mais, il reste qu’une crise de l’ampleur de la tragédie survenue à Las Vegas peut venir contrecarrer une planification visant à créer un lancement « parfait ».

Comme le mentionnait, mercredi, le journaliste Marc-André Lussier, dans La Presse + :

« Dans le calendrier hollywoodien, la soirée du 3 octobre 2017 était ciblée depuis longtemps comme l’une des plus importantes de l’année. (…) Mais voilà, rien de tout cela n’a eu lieu, car le destin s’en est tristement mêlé. Au lendemain de la tuerie de Las Vegas, qui a fait 59 morts et plus de 500 blessés, personne n’avait l’âme au glamour, hier, surtout dans une ville qui a tissé des liens aussi intimes avec la capitale du jeu. Ainsi, toutes les activités de cette nature ont été supprimées du programme de la soirée. »

ÉTAIT-IL NÉCESSAIRE D’ATTÉNUER DE FAÇON AUSSI MARQUÉE LE LANCEMENT DE BLADE RUNNER 2049?

On pourrait croire que de poser la question, c’est y répondre. Et pourtant…

Je me souviens très bien du mardi 11 septembre 2001. J’étais avec des clients lors d’une activité qui réunissait plus de 300 personnes. Sur l’heure du lunch, avant le début de la deuxième réunion, je leur ai proposé – alors qu’ils venaient de voir les images du World Trade Center en train d’imploser – de demander une minute de silence. C’est arrivé, mais j’avais dû insister pour que cela se produise…

Combien?

Dans le cas de Blade Runner 2049, la stratégie visant à créer une campagne globale répartie sur plusieurs semaines a été gagnante puisqu’elle aura permis de préparer de très nombreuses retombées à l’intention des médias traditionnels et sociaux, et ce, pour une diffusion après le 1er octobre.

Voici quelques exemples :

  • Denis Villeneuve à Tout le monde en parle, 1er octobre 2017. Lors de cette entrevue préenregistrée, Denis Villeneuve a eu droit à tous les éloges de Guy-A et de Dany. Gain de réputation pour Blade Runner 2049 et Denis Villeneuve : 591 750 $;
  • « A Down-to-Earth Look for ‘Blade Runner », New York Times, 1er octobre 2017. La costumière québécoise Renée April est en vedette dans ce texte très positif  dans lequel elle est citée plusieurs fois. Gain de réputation pour Blade Runner 2049 et Renée April : 286 230 $;
  • « Requiem hypnotique pour humains et robots et Denis Villeneuve : Faire une suite de “Blade Runner”, je n’aurais jamais osé avoir cette idée, Le Monde, 4 octobre 2017. Il s’agit d’une critique très positive qui comprend une entrevue avec le cinéaste Denis Villeneuve. Gain de réputation pour Blade Runner 2049 et Denis Villeneuve : 211 980 $.
Une excellente critique dans le quotidien Le Monde

Sur les médias sociaux, l’engouement se poursuit :

  • les pages « Blade Runner 2049 » sur Facebook, Twitter et Instagram rassemblent une communauté de près d’un million de fans !
  • depuis une semaine, ces derniers ont commenté, partagé ou aimé près de 70 000 fois l’une des publications apparaissant sur les plateformes sociales du film.

Des commentaires dans toutes les langues défilent aussi sur Twitter, témoignant de la médiatisation internationale du long-métrage :

Denis Villeneuve : un cinéaste du monde

SEULEMENT 11% DES RETOMBÉES À L’EXTÉRIEUR DU QUÉBEC MENTIONNENT QUE DENIS VILLENEUVE EST MONTRÉALAIS OU QUÉBÉCOIS.

Pas moins de 79 % des retombées portant sur Blade Runner 2049 et Denis Villeneuve, ces derniers jours, proviennent de l’Amérique du Nord; mais le rayonnement planétaire de cette réédition d’un film culte est loin d’être complet.

Et il est impressionnant de constater que « notre Denis » a été adopté par les cinéphiles de partout puisqu’à l’extérieur du Québec, seulement 11 % des retombées mentionnent le fait qu’il est montréalais ou québécois…

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

 

Depuis mardi, je considère qu’Uber a gagné une nouvelle fois l’appui de ses principaux publics (ses partenaires chauffeurs et ses clients), mais… a subi une autre défaite auprès du grand public et du gouvernement du Québec.

Regardons le contexte.

Dans cette bataille au tribunal de l’opinion publique, on retrouve quatre principaux protagonistes : Uber, le gouvernement du Québec, les trois partis d’opposition à l’Assemblée nationale et l’industrie du taxi.

Sans surprise, Uber s’est nettement démarqué dans les médias sociaux, où un courant de sympathie et d’appui a rapidement pris forme. Voici quelques exemples :

Mais, on y a trouvé également de nombreuses personnalités qui ont mal réagi à la menace d’Uber – notamment Guy A. Lepage qui a écrit ceci :

Dans les médias traditionnels, au-delà des faits, les commentaires ont souvent été négatifs pour la multinationale. Voici deux exemples :

  • TVA Nouvelles 18h00, le 26 septembre : « Québec n’a pas l’intention de se mettre à plat ventre devant Uber ». Déficit de réputation au bénéfice d’Uber : – 12 483 $
  • The Gazette, le 27 septembre: “Quebec won’t give in to Uber’s threats: minister”.  Les principaux éléments d’analyse sont négatifs : le positionnement en une, le titre, l’amorce, les citations des intervenants, etc. Déficit de réputation au bénéfice d’Uber : – 68 657 $

L’importance de choisir une stratégie

Au moment de déterminer un objectif, Uber et toutes les organisations au monde – peu importe le domaine – doivent absolument déterminer une stratégie. Or, sans surprise, menacer le gouvernement du Québec, mardi matin, a constitué la stratégie d’Uber – c’est dans l’ADN de la marque.

Mais, il faut être conscient que le fait de choisir de menacer une institution contribue à cristalliser l’image d’une entreprise : on l’aimera encore plus ou… la détestera davantage !

Ainsi, au nom de cette multinationale, le directeur général Jean-Nicolas Guillemette a réagi au nouveau cadre que veut lui imposer le gouvernement. La conférence de presse n’était pas encore terminée que la tendance était donnée dans les médias traditionnels et sociaux : la démarche d’Uber était associée à une stratégie de menace.

EN DEUX JOURS, LES MÉDIAS TRADITIONNELS ONT ASSOCIÉ 974 FOIS LES MOTS « MENACE » ET « UBER ». CECI DONNE UN ARGUMENT DE POIDS AU GOUVERNEMENT COUILLARD POUR DEMEURER FERME.

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

Même si l’attention des médias a été passablement monopolisée par l’ouragan Irma au cours des derniers jours, plusieurs sujets auraient pu constituer un bon coup médiatique ou… un mauvais.

J’ai retenu un énorme mauvais coup : celui d’Equifax. Rappel des faits.

Qui?

Equifax fait partie des trois plus grands groupes américains spécialisés dans l’évaluation du crédit et plus particulièrement dans l’établissement de score de crédit – une notation de la solvabilité et fiabilité financière des individus pour l’obtention d’un crédit, l’ouverture de compte ou autre. Les consommateurs n’ont pas le choix de se retrouver dans ces banques de données, ni d’en choisir une de confiance…

Equifax et ses homologues, Experian et TransUnion, utilisent les données personnelles et fiscales des individus ainsi que leurs données comportementales recueillies via leurs connexions sur internet.

Quoi?

Au cours des derniers jours, il y a eu un énorme coup dur à la réputation d’Equifax, causé par une cascade d’erreurs commises par l’entreprise dans… deux crises ! En voici quelques-unes :

Première erreur : Le 29 juillet dernier, Equifax a découvert le piratage des données personnelles d’environ 143 millions de consommateurs américains.

Deuxième erreur : La direction a attendu près de six semaines – soit à la fin de la semaine dernière – avant d’en informer les consommateurs.

Troisième erreur : Equifax a refusé de commenter ce délai.

Quatrième erreur : L’entreprise a pris près de 40 jours avant de rendre public cette attaque, et a assuré seulement maintenant qu’elle allait saisir les autorités compétentes – laissant supposer que ni la justice, ni le FBI, n’ont été informés en amont de l’importance de la fuite.

Cinquième erreur : Comme si cette crise ne suffisait pas, une deuxième s’est invitée dans l’actualité alors que l’entreprise a dû s’expliquer en urgence sur des transactions d’initiés. En effet, trois cadres ont vendu pour des centaines de milliers de dollars de titres dans les jours qui ont suivi la découverte du piratage.

Sixième erreur : Même si le piratage des données a touché près d’un Américain sur deux, et que des experts affirment que les données des clients d’autres pays sont tout aussi vulnérables, le premier réflexe de la direction d’Equifax Canada a été de refuser de commenter…

COMBLE DE L’IRONIE : EQUIFAX OFFRE DORÉNAVANT UN SERVICE GRATUIT CONTRE LE VOL D’IDENTITÉ… APRÈS LE VOL DES DONNÉES DE 143 MILLIONS DE SES CLIENTS!

Combien?

Entre le 1er janvier et le 6 septembre 2017, on compte 384 mentions d’Equifax dans les médias québécois.  Depuis jeudi dernier, on en compte 382, et 97 % de celles-ci sont en lien avec le vol de données. Les deux crises ont généré 50 % de la couverture médiatique annuelle d’Equifax, ce qui est énorme.

C’est la station de radio CJAD 800 AM, de Montréal, qui a généré le plus de retombées du côté des médias anglophones ; du côté francophone, c’est à la station 98,5 FM qu’il a été le plus souvent question de la crise survenue chez Equifax.
Près de 95 % des articles imprimés ou web sont signés par les agences de presse.

Nous avons analysé deux de ces retombées :

« Piratage massif d’Equifax : Les Canadiens exposés à une vague de vols d’identité ? », Les Affaires (web), 8 septembre 2017. Toutes les variables sont négatives, dont celles-ci : le titre, l’amorce, la légende et le traitement journalistique. Déficit de – 8 530 $.

“Equifax breach exposes 143 million people in U.S. to identity theft”, Financial Post (web) , 7 septembre 2017. Toutes les variables sont négatives, dont celles-ci : le titre, l’amorce, la légende et le traitement journalistique. Déficit de – 20 060 $.

Imaginez la somme de 382 retombées négatives…

Des excuses… pour changer quoi?

Dans une vidéo diffusée sur YouTube, le PDG d’Equifax, Rick Smith, a présenté des excuses… sans empathie. Pire : il a indiqué l’ouverture d’un site dédié à l’incident et précisé qu’Equifax offrait en compensation un service gratuit de protection contre le vol d’identité et de suivi du dossier de crédit… Quelle ironie !

L’entreprise Bombard’s Body Language a repris la vidéo du fade président, l’arrête à plusieurs endroits et commente le langage non-verbal. C’est très dur… et très instructif.

Aliments Maple Leaf et Equifax : même type de crise?

Fondamentalement, toute crise ressemble à une autre : il s’agit d’une situation prévisible – à condition d’avoir pris le temps d’anticiper qu’elle pourrait survenir – mais… on ne peut pas savoir quand elle arrivera, ni combien de temps elle durera.

LORSQU’UNE CRISE EST BIEN GÉRÉE, ELLE N’A MÊME PAS LE TEMPS D’ÉCLATER AU GRAND PUBLIC

Dans un blogue intitulé Relations publiques : gestion de crise 101, qui a été publié en 2015 dans Infopresse, John Larsen, d’Edelman Canada, mentionnait que le quart de la valeur marchande d’une entreprise est directement lié à sa réputation.

Or, le quart de la valeur des Aliments Maple Leaf – une entreprise qui a su se relever avec brio à la suite de décès causés par la listériose – c’est une somme énorme. Le quart de la valeur d’Equifax, aussi !

Si la valeur de la réputation peut sembler intangible, les effets négatifs d’une crise mal gérée sont tangibles : l’action d’Equifax a chuté de 15 % au cours des derniers jours…

Dans ce blogue, Ève Laurier, directrice générale d’Edelman Montréal, affirmait avec raison que lorsqu’une crise est vraiment bien gérée, elle n’a même pas le temps d’éclater au grand public. Une leçon à retenir pour les dirigeants et les communicateurs d’Equifax… et les gestionnaires qui ne prennent pas le temps d’anticiper les crises !

Source : Les Affaires

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

À travers les secousses des derniers jours (Harvey, Irma, Donald et Kim), il y a eu un éclair dans le ciel montréalais, suivi d’un rayon de soleil !

C’est un euphémisme d’affirmer que Lady Gaga est une marque qui, depuis déjà très longtemps, est gérée de façon très habile.

La « machine Lady Gaga » en a donné une nouvelle preuve, lundi soir à Montréal, alors que la bête de scène a été contrainte d’annuler son spectacle prévu au Centre Bell… tout en faisant plaisir à beaucoup de fans !

Rappel des faits.

Une crise bien gérée

Après avoir chanté sous la pluie, lors d’un récent concert à New York, Lady Gaga est arrivée à Montréal avec infection respiratoire et une laryngite. Même si son entourage lui conseillait de ne pas aller se démener sur scène, ce n’est pourtant qu’à la dernière minute (vers 17h00) que l’annonce de l’annulation du spectacle du soir même est survenue.

C’est là que la crise a débuté…

Une crise pour beaucoup de ses fans en larmes devant le Centre Bell, dont plusieurs avaient engagé beaucoup de frais pour cette sortie. Une crise pour l’équipe de l’artiste et Evenko qui, en plus d’absorber des pertes considérables, devaient trouver rapidement une nouvelle date pour revenir à Montréal.

Une crise, aussi, pour la réputation de Lady Gaga. Mais celle-ci, appuyée par un entourage expérimenté, a eu le flair de réagir aussi habilement que rapidement.

Premier acte : vêtue d’un chandail de la designer montréalaise Sabrina Barilà arborant le slogan « Je parle féministe », elle s’est excusée sur ses médias sociaux de devoir faire faux bond.

Deuxième acte : elle est sortie sur le toit de l’hôtel William Gray, où elle logeait, pour envoyer la main à ses fans. Puis, un clip vidéo a été mis en ligne et des photos autographiées ont aussitôt été distribuées.

Troisième acte : elle a diffusé qu’elle allait payer la pizza à ceux et celles qui se pointeraient devant son hôtel. Le chiffre de 80 pizzas « jumbo » a circulé ! Et après que Lady Gaga soit sagement allée au lit, quelques dizaines de personnes étaient encore sur place à chanter Grigio Girls !

DANS TOUTE SITUATION DE CRISE, PRÉSENCE RAPIDE ET EMPATHIE FONT LA DIFFÉRENCE – CE QUE VIENT DE PROUVER LADY GAGA.

Combien?

Lundi et mardi, il y a eu 560 mentions dans les médias au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde. Fait à noter : les médias ontariens ont généré 42 % de cette couverture médiatique et ceux du Québec, 31 %.

Compte tenu du court délai entre le moment de l’annulation du spectacle et celui-ci, c’est surtout à la radio, à la télévision et sur le web que la nouvelle a fait le plus de bruit.

Nous avons analysé deux de ces retombées :

  • abcnews.go.com, 4 septembre: « Lady Gaga forced to postpone show in Montreal due to illness ». Bien que le titre soit négatif, d’autres variables, dont le traitement journalistique et les photos, sont quant à elles neutres ou positives.  Gain de réputation : 39 234 $ US.
  • La Presse+, 5 septembre: « Concert reporté, fans comblés ». Malgré que l’annonce soit négative, le titre est neutre, l’amorce est positive et on note la présence d’une vidéo montrant la chanteuse sur le toit de l’hôtel William Gray.  Gain de réputation : 47 140 $.

Et maintenant…

Dans les circonstances, la réputation de Lady Gaga est sauve. Mais, si dans l’avenir elle devait annuler à nouveau un spectacle, elle aurait tout intérêt à repérer les pizzérias autour de son hôtel… puisque ses fans ne s’attendront à rien de moins !

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

Alors que le soleil ose enfin se pointer le bout du nez et que la saison des vacances débute, Mesure Média récidive pour décerner ses fameux tops et flops médiatiques pour les six premiers mois de l’année 2017.

Les Tops

1 – Barack Obama à Montréal

En juin, Montréal a accueilli nul autre que Barack Obama. En invitant le 44e Président des États-Unis à sa tribune, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain poursuivait un double objectif : tenir un événement marquant (et rentable) et attirer vers Montréal l’attention des médias de tout le Québec et, surtout, de l’international.

Chose promise, chose faite : durant 36 heures, 83 % des retombées médiatiques sur Montréal dans le monde portaient sur cette activité – ce qui est énorme pour une destination qui travaille continuellement à attirer des touristes et des gens d’affaires.

2 – Québec Solidaire et GND

Pour un parti qui ne compte que 3 députés à l’Assemblée nationale, Québec Solidaire a su être très bien médiatisé depuis le début de l’année 2017 : Manon Massé qui évite la destruction de sa circonscription, Françoise David qui annonce son départ sous les hommages et, surtout, l’arrivée de l’enfant prodige Gabriel Nadeau-Dubois, alias GND, désormais député de Gouin.

Durant l’hiver, l’ex-leader étudiant a eu droit à son moment de gloire à Tout le monde en parle. Durant près de 17 minutes, Gabriel Nadeau-Dubois a défilé avec aisance ses messages-clés, ce qui lui a valu un gain de réputation exceptionnel de 1 030 250 $.

Signe additionnel de l’élan médiatique de ce parti: QS avait récolté 142 304 $ en dons, le 30 avril 2017, soit près du double des 71 843 $ amassés durant la même période l’an dernier. Et 6 000 nouveaux membres ont joint le parti.

3 – P.K. Subban: encore !

Que seraient les tops et les flops médiatiques sans une mention sur le hockey ?

Les Montréalais – et notamment les jeunes patients de l’Hôpital pour enfants – ont passé bien près de toucher à la Coupe Stanley cet été. Malheureusement pour les partisans de P.K., les Predators ont été battus en finale de la Coupe Stanley…

Même s’il ne joue plus avec le CH, la popularité de P.K. Subban ne fait aucun doute au Québec. La preuve : jusqu’à 1,222 million de téléspectateurs ont regardé l’ultime match entre les Predators et les Penguins sur TVA Sports, qui peut remercier PK Subban pour ce record d’auditoire !

4 – Alex Harvey fait la une

Cet hiver, le fondeur Alex Harvey a remporté l’épreuve de 50 km style libre au Championnat du monde disputé en Finlande. Selon son père – l’ex-athlète olympique Pierre Harvey – cette compétition ne constitue rien de moins que « la coupe Stanley des Norvégiens » !

Se retrouver à la une d’un quotidien avec une bonne nouvelle est loin d’être évident. Or, le fait est tellement exceptionnel qu’Alex Harvey s’est retrouvé à la une de huit quotidiens québécois… le même jour ! Pour un athlète amateur et ses commanditaires, c’est extraordinaire ! 170 005 $ : c’est le gain total de réputation d’Alex Harvey seulement pour sa présence sur les 8 unes à la suite de sa victoire.

5 – Sylvain Bellemare et son Oscar

Les artisans québécois du cinéma continuent de rayonner à l’international. L’une des recrues  est Sylvain Bellemare, qui a gagné l’Oscar du meilleur montage sonore pour le film L’arrivée (Arrival), de Denis Villeneuve. Durant ses remerciements, Sylvain Bellemare a lancé un « Salut, Montréal » bien franc tout en vantant la qualité des équipes techniques d’ici.

Grâce à cette visibilité exceptionnelle, ce « Salut Montréal ! » a valu 6,2 millions de dollars en gain de réputation pour la « marque Montréal ».

6 – Marc Bergevin rayonne… finalement !

Critiqué par d’innombrables partisans qui croient qu’ils pourraient faire mieux que lui comme DG du CH – lui reprochant notamment que P.K. (encore lui !) ait joué plus longtemps en séries que Shea Weber – Marc Bergevin est pourtant devenu un héros, le 15 juin.

Tel un magicien, Bergevin est allé chercher Jonathan Drouin à Tampa Bay en retour d’une recrue qui n’avait pas encore fait ses preuves.

En quelques heures, plus de 2 000 retombées ont parlé de cette transaction dans les médias du Canada – et c’est sans compter la couverture de presse favorable portant sur le Canadien, passablement actif des derniers jours.

Les flops

1 – Bombardier: l’affaire (ou le cadeau?) du 48%

Pendant neuf jours – une éternité pour les gestionnaires de crise et ceux qui en subissent une –, la marque Bombardier s’est retrouvée condamnée, à la fin mars, au tribunal de l’opinion publique québécoise.

Comme une traînée de poudre, « l’Affaire du 48 % de Bombardier », soit des hausses de salaire de 48 % pour six hauts dirigeants, a pris d’assaut à peu près tous les médias traditionnels et sociaux au Canada. En quelques jours, près de 5 000 retombées de presse avaient traité du sujet au Québec ! Il s’agit d’un volume exceptionnel de retombées négatives pour une entreprise québécoise.

2 – Les problèmes d’eau chaude de Michaëlle Jean

Venue à Montréal afin de participer à un événement, l’ex journaliste et Gouverneure générale du Canada Michaëlle Jean – aujourd’hui Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) – fut d’abord prise à partie par le Journal de Montréal.

Grâce à un dossier explosif, le JdeM démontrait les coûts exorbitants de la rénovation de l’appartement qui lui est prêté à Paris. De nombreux autres médias ont pris le relais.

Sur un ton précieux qui a choqué le public payeur de taxes et de rénovations d’appartements de fonction, elle s’est défendu de ne pas être une princesse… Et c’est sans compter les 500 mètres qu’elle a faits en limousine, entre l’Hôtel Bonaventure et… la Place Bonaventure !

Source : La Presse +

Serge Chapleau, dans La Presse+, s’en est donné à cœur joie. Déficit de députation de -47 415 $ pour Michaëlle Jean, uniquement avec cette caricature. Imaginons la valeur négative de tout son séjour…

Après les crises Bombardier et Michaëlle Jean, les flops médiatiques qui suivent ont presque l’air de « crisettes ». Et pourtant…

3 – La sortie de United Airlines

Décidément, le secteur aérien a souffert en cette première moitié de 2017. La compagnie américaine United Airlines s’est retrouvé dans l’embarras – le mot est faible – pour avoir sorti violemment un passager d’un avion pour cause de surréservation sur le vol. Plusieurs vidéos de l’incident ont fait le tour des médias sociaux. Sur YouTube, l’une d’elles a été vue par 4 millions d’internautes !

Le PDG de United Airlines a mis 48 heures avant de s’excuser – une éternité en cette ère de nouvelles instantanées sur les réseaux sociaux et les chaînes télé. Bref, qui veut aujourd’hui acheter un billet d’avion sur United Airlines ?

4 – La ?*&V!$# de température

Après le hockey et la politique, la météo est le 3e sport national dans nos médias.

La première moitié de 2017 ne nous a pas épargné alors que des inondations ont touché plusieurs régions du Québec où l’on a vu un bel élan de solidarité, n’en déplaise à M. Potter, ex-directeur de l’Institut d’études canadiennes de McGill.

Mais le flop magistral côté météo revient au fiasco de l’autoroute 13 à Montréal alors que 300 automobilistes y ont été bloqués toute une nuit pendant la grosse tempête de neige de la mi-mars.

Sur le terrain, les autorités de Transports Québec et les policiers ont failli à la tâche. Dans les jours suivants, La Presse + nous apprenait que le capitaine de la SQ, chargé de l’A13, était chez le notaire pour ses propriétés immobilières durant les premières heures de la congestion routière. Rien pour améliorer l’image des policiers…

5 – Inauguration de Donald Trump et l’ère des alternative facts

Les premiers mois de Donald Trump à la présidence des États-Unis constituent un flop médiatique sans précédent. Par où commencer ?

Par le début, soit l’inauguration du président Trump en janvier. L’événement a reçu une couverture médiatique mondiale. L’un des éléments qui a retenu l’attention, ce sont les photos comparant l’assistance à l’inauguration de Barack Obama à celle de Donald Trump.

Alors que la nouvelle administration américaine affirmait avoir brisé un record de foule à l’inauguration de M. Trump, les images parlaient d’elles-mêmes… À gauche, l’inauguration d’Obama. À droite, l’inauguration de Trump.

Une porte-parole de M. Trump, Kellyanne Conway, a avoué que cette affirmation – pour ne pas dire mensonge – était, en réalité, des faits alternatifs (alternative facts)… Aussitôt, l’expression fut consacrée et a été utilisée plus de 40 000 fois dans les médias à travers le monde depuis le début de l’année (selon les sources disponibles dans Eureka.cc) !

6 – Jean Charest, sous la loupe de l’UPAC

Pour la Xième fois, les faiblesses éthiques sont venues hanter le gouvernement Couillard ce printemps.

À la fin avril, les médias de Québecor ont diffusé une enquête explosive dévoilant que l’ex Premier ministre Jean Charest et l’argentier du PLQ, Marc Bibeau, ont été sous surveillance de l’UPAC jusqu’en 2016. Les reportages nous montraient même la fiche policière de l’ex-premier ministre… Du jamais vu !

Les libéraux – Jean-Marc Fournier en tête – ont attaqué le biais politique des médias de Québecor, mais le mal était fait… La « une » du Journal de Montréal représente un déficit de réputation de -135 995 $ pour Jean Charest et la « marque » PLQ.

Source : Le Journal de Montréal

Le 15 juin, c’était au tour de La Presse + d’y aller de son propre dossier. La journaliste d’enquête Kathleen Lévesque faisait état d’un « pont d’or » dont aurait bénéficié M. Charest pour passer d’Ottawa à Québec.

Sur ce, bon été !

Note : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.