Société

Ruth Ellen Brosseau

Entre le « jingle » de Maxime Bernier, les surplus d’Ottawa et le retour de Jean Chrétien, la 7e semaine de campagne électorale ne soulève pas encore de grande passion.

Le tournoi de golf du Canadien de Montréal est venu nous le prouver, alors que plusieurs médias semblent plus préoccuper par le choix du prochain capitaine du CH que par celui du premier ministre du Canada.

 

Les gains :

1- Surplus d’Ottawa : enfin une bonne nouvelle pour Stephen Harper

L’affaire Duffy, la récession, la crise des migrants… Le chef des conservateurs a été écorché par l’actualité depuis le début de la campagne. M. Harper a toutefois de quoi se réjouir cette semaine, alors qu’Ottawa annonce un surplus de 1,9 milliard dans ses coffres. La nouvelle, favorable aux conservateurs, s’est retrouvée en une du Toronto Star, du Globe and Mail, du National Post et du Ottawa Citizen, pour ne citer que ceux-là. L’article en une du Globe and Mail représente un gain de réputation de 71 885 $ pour Stephen Harper et ses troupes, selon l’outil d’analyse de presse mesure [d].

À cela, s’ajoute le verdict de la Cour d’appel, permettant le port du Niqab, aux cérémonies de citoyenneté. Avec sa décision d’amener la cause en Cour suprême, le gouvernement Harper a l’actualité de son côté cette semaine.

 

2- Après le Stampede, le Festival western de St-Tite

L’Alberta a son Stampede, où les politiciens se présentent chaque année en juillet. Mais le Québec n’est pas en reste avec le Festival western de St-Tite, qui se déroule cette année en pleine campagne électorale. Plusieurs candidats, tous partis confondus, y voient l’occasion d’aller y serrer des mains. Chaussés des traditionnels bottes et chapeaux de cowboys, Denis Lebel, Ruth Ellen Brosseau et Alexandre Boulerice sont, notamment, allés faire leur tour à St-Tite.

Denis Lebel
Source : La Presse

Pendant ce temps, le Regroupement majeur des événements internationaux interpellent les partis fédéraux pour savoir comment ils soutiendront les festivals, comme celui de St-Tite. À cet appel, les candidats restent plutôt muets…

 

3- Jean Chrétien revient à l’avant-scène

La sortie de Jean Chrétien, aux côtés de Justin Trudeau, n’est pas passée inaperçue dans les médias. Plus de 515 articles ont été publiés dans la presse écrite et sur le web à travers le Canada. M. Chrétien en a profité pour égratigner M. Harper sur les réfugiés syriens et le NPD, sur la question référendaire. Même si Thomas Mulcair a répliqué en comparant Jean Chrétien aux Classels… l’appui de l’ex-premier ministre du Canada représente, sans contredit, un gain médiatique pour Justin Trudeau.

 

4- Les jeunes, allez voter !

Radio-Canada lance une initiative intéressante pour inciter les jeunes à voter pour la première fois à une élection fédérale. Sachant que le taux de participation des jeunes à un scrutin est bas, la société d’État a lancé le projet #1ervote. On invite les jeunes de 18 à 22 ans à parler des enjeux qui les préoccupent dans des vidéos de 15 secondes diffusées sur Instagram, cette plateforme sociale de plus en plus populaire. Reste à voir si les jeunes participeront à cette initiative, mais surtout, s’ils iront voter davantage le 19 octobre !

 

Les déficits :

1- En chanson, Maxime Bernier abandonne les conservateurs

Dans un message radio diffusé dans sa Beauce natale, le député conservateur et ministre Maxime Bernier fait cavalier seul. Il y fait tourner un « ver d’oreille » qui ne parle que de lui, « un gars qui nous ressemble », sans aucune allusion à sa formation politique.

C’est un plus pour Maxime Bernier, qui aura réussi à faire parler de lui, grâce à cette publicité, en plein milieu de la campagne. Un reportage sur le député de Beauce, diffusé lundi au Téléjournal 18h, lui vaut un gain de réputation de 7 800 $.

Mais c’est aussi un moins pour M. Bernier… Déjà un électron embêtant pour les conservateurs – rappelons-nous l’affaire Julie Couillard – voilà que le candidat joue à un jeu bien dangereux : visant à être réélu sans se soucier de son parti, il pourrait se retrouver dans l’opposition… ou sur les banquettes d’arrière-ban si Stephen Harper redevenait Premier ministre…

 

2- Quand le Canadien fait de l’ombre aux élus

caricature campagne électorale
Source : Le Journal de Montréal

Jusqu’à maintenant, cette campagne électorale ne soulève pas les passions. Le tournoi de golf annuel du Canadien de Montréal est venu nous le rappeler de belle façon, il y a quelques jours. Si l’on se demande qui sera le prochain élu à la tête du Canada, force est d’admettre que le choix du prochain capitaine du CH motive davantage bon nombre de Québécois, sans parler des médias… Le Journal de Montréal a consacré sa une et 12 pages au tournoi de golf de nos glorieux. La Presse n’est pas en reste avec 4 pages complètes et une photo de Max Pacioretty sur sa une. À quand une pareille couverture pour les partis fédéraux ?

 

 

3- La Pennsylvanie, nouvelle terre d’accueil du Bloc

Un internaute perspicace a découvert lundi qu’une publicité du Bloc, visant les agriculteurs québécois, utilisait un paysage de campagne de la Pennsylvanie… Le Bloc a retiré rapidement la photo des médias sociaux, mais le mal était fait. Si quelques heures plus tôt, Gilles Duceppe avait rencontré Denis Coderre, c’est plutôt cette bourde publicitaire, qui a résumé le début de la semaine du Bloc. Pour un parti en mal de bonne visibilité médiatique, ça fait mal. Cette histoire, publiée dans Le Journal de Montréal, représente un déficit de réputation de – 8 894 $ pour le Bloc québécois.

publicité bloc québécois

 

4- Justin Trudeau ne chiffre pas sa plateforme électorale

Voilà une nouvelle qui n’a pas fait grand bruit dans un contexte où l’économie occupe une place importante dans cette campagne. Si l’on se fie à un article de La Presse Canadienne, diffusé mardi, Justin Trudeau ne publiera pas le coût total de sa plateforme électorale. Selon le chef des libéraux, nul besoin de chiffrer sa plateforme dans la mesure où il détaille les dépenses liées à chacune de ses promesses. Alors que l’incertitude économique plane sur le Canada, M. Trudeau fait le pari de ne pas dévoiler son cadre financier. Ce choix lui nuira-t-il, ce soir, durant le débat sur l’économie ?

Le choix du nouveau chef du Parti québécois fait déjà partie des plus importantes nouvelles politiques de l’année 2015.

Pierre Karl Péladeau sera couronné à moins d’un revirement de situation inattendu.

Les liens entre la politique et les médias ont été au cœur des débats de cette course à la chefferie.

Plusieurs s’inquiètent du type de couverture médiatique que PKP peut recevoir en étant actionnaire du plus important groupe de presse au Québec, soit Québecor.

Sans grande surprise, Pierre Karl Péladeau a été plus médiatisé que les autres candidats à la direction du PQ.

Si l’on analyse le simple volume de mentions (sans pondération) des aspirants chefs du PQ dans les médias du Québec, voici la part de chacun depuis le 18 octobre 2014 (date du début de la période de mise en candidature).

En gros, dans les journaux du Québec, PKP obtient le tiers des mentions et les autres candidats se partagent le reste :

Chefferie PQ
L’autre question que certains se sont posés : est-ce que les médias de Québecor couvrent trop leur ancien patron par rapport aux autres candidats ?

Comparons le volume de mentions des candidats dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec vs La Presse et Le Soleil (depuis le 18 octobre 2014) :

Chefferie PQ

Ainsi, PKP accapare 34 % du volume de mentions accordé aux six candidats dans La Presse et Le Soleil, et 39 % de celles du Journal de Montréal et du Journal de Québec. L’écart est peu significatif.

Certains reprocheront aux médias de Québecor de couvrir plus favorablement PKP… D’autres diront que les médias de Gesca ou Radio-Canada sont les plus critiques à l’endroit de PKP…

Qui dit vrai ? Au-delà du volume de mentions, il faut aussi s’intéresser au poids santé, soit la valeur qualitative de la médiatisation du député de St-Jérôme.

À titre de comparaison, le rassemblement de Pierre Karl Péladeau, réunissant plusieurs artistes au National, lui a valu un gain de réputation :

Il s’agit ici d’un simple exemple qui ne permet de tirer aucune conclusion. Seule une analyse plus approfondie de la couverture accordée à PKP peut confirmer ou non certaines impressions.

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

Qui peut se vanter, au Québec, d’avoir été caricaturé à une vingtaine de reprises en une semaine ?

Primes de 215 000$ comme médecin, livres dans les écoles, fusion de commissions scolaires, fouilles à nu respectueuses, prime de départ de 155 000 $… En moins d’un an, l’ex-ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, s’est révélé une source inépuisable de controverses « payantes » pour les médias.

Alors que la Commission Charbonneau – qui a alimenté pendant deux ans les médias québécois en scandales de toutes sortes – a quitté les feux de la rampe, il faut bien trouver d’autres matières à controverses ! 

D’ailleurs, si les mêlées de presse avant l’entrée des ministres au caucus est autant couverte, en direct, sur les chaînes d’info continue, c’est parce que la commission Charbonneau ne siège plus…

Dans ce contexte, Yves Bolduc était devenu le souffre-douleur médiatique par excellence. Le docteur Bolduc répondait assidûment aux questions des journalistes, et ces derniers étaient presque certains d’obtenir une déclaration qui leur permettrait d’occuper les ondes pendant une journée entière… et même plus !

La question qu’il faut désormais se poser : qui remplacera Yves Bolduc comme souffre-douleur des journalistes politiques ? Car il y en aura un… mais qui ?

 La risée des caricaturistes

J’ai déjà rédigé un blogue sur pourquoi il ne faut pas hésiter à analyser sa couverture de presse négative. Les organisations – politiques ou autres – ne veulent pas toujours se faire dire jusqu’à quel point elles récoltent une couverture défavorable… Mais parfois, c’est nécessaire pour prendre des décisions éclairées.

C’est sans doute à cet exercice douloureux – mais essentiel – que le cabinet Couillard s’est prêté avant de décider (finalement) de remercier Yves Bolduc. 

Pour vous donner une idée du degré de couverture négative à l’endroit de l’ex-ministre, il suffit de répertorier les récentes caricatures à son sujet.

Depuis le 18 février, il s’est publié :

Pour un grand total de 22 caricatures – toutes négatives ! – en une semaine !

Et ce décompte ne comprend pas tous les quotidiens du Québec…

À elles seules, ces 22 caricatures représentent, pour Yves Bolduc, un déficit de réputation de – 103 345 $, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d *. Et c’est sans compter les innombrables commentaires qui en ont découlé à la radio et à la télévision…

 Le Journal de Montréal s’est même gâté un peu, avant qu’Yves Bolduc disparaisse complètement du radar, en publiant 21 photos drôles du ministre déchu…

À lui seul, cet article illustre pourquoi les médias s’ennuieront d’Yves Bolduc !

Déficit accumulé

Dès le départ, Yves Bolduc a connu un règne ardu.

En plein été, alors que les médias ont peu de nouvelles à se mettre sous la dent, il a dû justifier une prime controversée de 215 000 $ pour avoir accepté davantage de patients alors qu’il était député dans l’opposition.

Il y a tellement eu de mises au point dans ce dossier qu’on ne se souvient plus si le ministre a remboursé ou non sa prime, en totalité ou en partie, quand et à qui a-t-il donné l’argent… Bref, de quoi alimenter les médias pendant tout le mois de juillet !

Par exemple, l’entrevue de l’ex-ministre de la Santé Claude Castonguay  au Téléjournal 18h de la SRC, qui demande la démission d’Yves Bolduc, a valu à ce dernier un déficit de réputation de – 27 770 $, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d*.

C’est l’accumulation de tous ces faux pas et ces controverses dans les médias qui ont eu raison d’Yves Bolduc en politique.

Comme quoi, il faut parfois se décoller de l’arbre, évaluer l’impact de sa couverture négative et prendre les décisions qui s’imposent… ce qu’ont fini par faire le Premier ministre et son entourage.

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

Il ne fait aucun doute : le choix du prochain chef du PQ sera parmi les grosses nouvelles politiques en 2015.

Si l’on se fie aux sondages, Pierre Karl Péladeau est presque déjà couronné. Dans ce contexte, PKP est-il trop couvert par les médias ? Quelles miettes médiatiques reste-t-il pour les autres candidats à la chefferie du Parti québécois ?

Récemment, des adversaires de PKP à la direction du PQ se sont plaints au chroniqueur du quotidien Le Soleil, Gilbert Lavoie, de l’immense attention médiatique dont bénéficie l’ex-dirigeant de Québecor.

Dans sa chronique intitulée « La notoriété de PKP déséquilibre la couverture des médias », Gilbert Lavoie cite, sous le couvert de l’anonymat, l’un d’eux : « Pierre Karl a des réponses à donner, mais si les médias le couronnent à l’avance… Parce que les médias estiment que c’est réglé, ils lui accordent plus de couverture. Et en lui accordant plus de couverture, ils accréditent l’idée que c’est réglé. »

Toujours dans cette chronique, un autre candidat, qui s’exprime aussi anonymement, s’indigne que le réseau LCN ait couvert pendant une heure complète, le lancement de campagne de PKP le dimanche 30 novembre (aucun autre candidat n’a eu droit à un tel traitement).

« Ça vaut combien d’argent, une heure en direct à LCN ? », demande-t-il. 

Qu’en est-il vraiment ? Les adversaires de PKP ont-ils raison de critiquer la couverture média dont il fait l’objet ? Combien coûte vraiment une heure d’antenne à LCN le dimanche après-midi ?

Regardons les chiffres…

D’abord, une heure à LCN, en plein cœur de l’après-midi du 30 novembre valait la somme ridicule de 1 890 $, selon une estimation effectuée par l’agence Touché! phd. Il y avait seulement 2 600 téléspectateurs à l’écoute par tranche de 30 secondes ; rien pour s’étouffer…

Le dimanche après-midi, ça n’a rien à voir avec le primetime du matin ou l’heure du souper !

En comparaison : 30 secondes de publicité coûtent en moyenne 800 $ (tarif non-négocié) durant l’émission matinale de Paul Arcand au 98,5 FM. Si on extrapole, c’est donc 96 000 $ pour une heure de temps d’antenne chez Arcand. On est loin du coût de LCN le dimanche après-midi…

pierre karl péladeau caricature
Source : Hervé Philippe, La Tribune

 

PKP vs les autres

Maintenant, comparons jusqu’à quel point Pierre Karl Péladeau est plus médiatisé que les autres candidats à la direction du PQ.

Si l’on analyse le simple volume de mentions (sans pondération) des aspirants chefs du PQ dans les médias du Québec, voici la part de chacun depuis le 18 octobre 2014 (date du début de la période de mise en candidature) :

Candidats

%

Pierre Karl Péladeau

32 %

Martine Ouellet

17 %

Bernard Drainville

16 %

Alexandre Cloutier

15 %

Jean-François Lisée

14 %

Pierre Céré

5 %

 

100 %

 

En clair, PKP obtient le tiers du volume de mentions ; les autres se partagent les deux tiers du gâteau restant.*

PKP est donc deux fois plus mentionné en lien avec la course à la chefferie du PQ que les candidats Ouellet, Drainville, Cloutier et Lisée.

L’autre question – plus importante aux yeux des adversaires de PKP : est-ce que les médias de Québecor couvrent trop leur ancien patron par rapport aux autres candidats ?

Comparons le volume de mentions des candidats dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec vs La Presse et Le Soleil : 

 

La Presse /
Le Soleil

JdeM / JdeQ

Pierre Karl Péladeau

35 %

40 %

Jean-François Lisée

19 %

15 %

Martine Ouellet

14 %

14 %

Bernard Drainville

14 %

12 %

Alexandre Cloutier

13 %

13 %

Pierre Céré

6 %

5 %

 

100 %

100 %

 

Ainsi, PKP accapare 35 % du volume de mentions accordé aux six candidats dans La Presse et Le Soleil, et 40 % de celles du Journal de Montréal et du Journal de Québec. L’écart est non significatif.

 

Poids santé

Mais les plus malins reprocheront peut-être aux médias de Québecor de couvrir plus favorablement PKP que les autres groupes de presse…

Car au-delà du poids médiatique, il faut aussi s’intéresser au poids santé de la couverture de presse.

Si on est hyper-médiatisé, mais que l’on reçoit uniquement de la couverture négative, ça cause plus de tort que de bien ! À l’inverse, si notre couverture est favorable, là, ça devient avantageux !

Parmi les retombées de presse qui semblent avoir fait jaser au sein des troupes péquistes, on retrouve un reportage sur « La semaine gourmande de Pierre Karl Péladeau », signé par Thierry Daraize.

Combien vaut ce reportage publié à la fois dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec ?

Compte tenu que PKP y est présenté sous son plus beau jour, il s’agit d’un gain de réputation de 71 820 $ pour lui, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d]**. Une retombée de presse très payante pour l’ex-magnat de la presse.

Sur les médias sociaux, plusieurs ont aussi souligné – pour ne pas dire raillé – que l’agence QMI, propriété de Québecor, ait élu PKP personnalité de l’année 2014. Bref, le débat est lancé.

En somme, tous les médias, qu’ils soient propriété de Québecor ou non, couvrent abondamment PKP et laissent des miettes aux autres candidats à la direction du PQ.

Mais si en plus, l’homme d’affaires, devenu politicien, bénéficie d’une visibilité plus favorable, complaisante et glamour que les autres candidats – pensons au mariage qui s’en vient – on pourra vraiment parler, à ce moment-là, d’un avantage médiatique marqué pour PKP.

 

* La recherche a été effectuée dans la base de données Eureka.cc dans les journaux, sites Web, radio et télévision du Québec.

** Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

La semaine dernière, ce blogue vous proposait notre palmarès des « tops » et des « flops » de l’été 2014. Mais puisque la récente saison chaude s’est avérée riche en faux pas médiatiques, nous récidivons cette semaine, à la demande générale, avec la suite de nos « fameux » flops de l’été. 

 

1- Trivago : Ça ne devait être qu’une publicité vantant un site Web de réservation d’hôtels. Mais Trivago est devenu « Le » sujet par excellence pour les chroniqueurs médias, qui ont dénoncé l’incessante diffusion de cette pub, qui met en vedette une jeune voyageuse qui se tortille dans son lit d’hôtel (qui n’existe même pas !)  à Venise. La chronique d’Hugo Dumas dans La Presse vaut un déficit de réputation de – 26 085 $ pour Trivago. Le blogue de Marie-Claude Ducas, sur le site du Journal de Montréal, représente, quant à lui, un déficit de – 1 756 $ au détriment de Trivago, selon notre outil d’évaluation des médias, mesure [d]*.

trivago

2- Guêpes : La mairesse de La Prairie, Lucie F. Roussel, est morte tragiquement au cours de l’été après avoir été piquée par de nombreuses guêpes. Nous le savons tous, les nids de guêpes sont dangereux. Mais en pleine saison creuse, les médias se sont fait un plaisir de nous le rappeler. Qui n’a pas entendu un spécialiste des insectes se prononcer sur la soudaine peur des guêpes ? L’entomologiste Georges Brossard s’en plaignait d’ailleurs sur les ondes du 98,5 FM. Les guêpes ont fait l’objet de 755 mentions dans les médias québécois cet été. En 2013, pendant la même période, nous avons recensé 550 mentions. Quelle mouche a piqué nos médias ?

 

3- Procès de Lise Thibault : Quelle source de distraction que ce procès en plein cœur des vacances de la construction ! Les citations surréalistes de l’ex-lieutenant gouverneure du Québec ont fait rire autant dans les médias traditionnels que sociaux. Meilleur qu’un spectacle d’humour ! Des blogueurs se sont payé sa tête, dont Mathieu Charlebois du magazine L’actualité. Lise Thibault affirme qu’elle lisait huit journaux par jour comme un chef d’État doit les lire… Parions que cette couverture médiatique l’a découragée à faire analyser ce qui se dit à son sujet…  

 

4- Serge Losique et le FFM : C’est sans doute le miracle de l’été ! Le Festival des films du monde de Montréal (FFM) a eu lieu, malgré une couverture terriblement négative et des bailleurs de fonds absents. La virulente lettre de Danièle Cauchard, la directrice du FFM, contre la présidente de la Sodec, Monique Simard, a provoqué la démission du directeur des communications du festival, qui était en poste depuis 15 ans. De nombreux artisans du cinéma ont dénoncé les agissements du FFM. Bref, une gestion de crise désastreuse !

La chroniqueuse Nathalie Petrowskia néanmoins senti le besoin de défendre le FFM dans sa chronique du 5 juillet dans La Presse. Une rare voie positive qui représente un gain de réputation de 38 575 $* pour le FFM, selon notre outil d’évaluation des médias, mesure [d]. Un léger baume sur la plaie

serge losique FFM

 

5- Postes Canada : Ragaillardi par ses vacances estivales, le maire de Montréal, Denis Coderre, est tombé à bras raccourcis sur Postes Canada à la mi-août. « Immonde et même stupide », a-t-il dit à propos des clients handicapés qui devront obtenir des billets de médecin pour avoir leur courrier livré à domicile. Un reportage de TVA sur la réaction du maire Coderre cause un déficit de réputation de – 9 175  $* pour Postes Canada.

 

6- Information internationale : Commençons par la bonne nouvelle : l’actualité internationale a occupé davantage d’espace dans nos bulletins d’information ces dernières semaines : Gaza, Ukraine, Syrie, Irak, l’Ebola en Afrique, etc. Toutefois, dire qu’il s’agit de mauvaises nouvelles est un euphémisme… Avec le retour dans l’actualité de la commission Charbonneau, de la course à la chefferie du PQ, du projet de loi 3, ces enjeux internationaux risquent de passer de la page une à la page 20 de nos journaux. Il ne s’agit donc pas d’un « flop » à proprement parler, mais d’un triste constat…

 

7- Tony Accurso : Alors que nous venons d’apprendre que son yacht a trouvé un acheteur, Tony Accurso a échoué cet été dans l’une de ses dernières tentatives pour éviter de comparaître à la commission Charbonneau. L’homme d’affaires doit témoigner cette semaine à la CEIC. Le dernier « flop » de l’été serait-il encore à venir ? 

Tony Accurso et son yacht
Source : TVAnouvelles.ca

 

8- Eddy Savoie : Ce dernier nous a été suggéré par quelques lecteurs désireux de le retrouver parmi nos « flops » de l’été. Le président des Résidences Soleil a bien mal commencé le mois de mai en devant dévoiler sa fortune de 1,5 milliard de dollars. Et son mois d’août se termine tout aussi mal alors qu’il doit remettre 300 000 $ à la fille d’une ancienne résidente qu’il poursuivait en diffamation. Pour Eddy Savoie, il s’agit d’un « flop », mais pour les victimes de poursuites-bâillons, avouons qu’il s’agit plutôt d’une « victoire » de l’été !

 

Est-ce d’autres « flops » nous auraient échappé ? Merci de commenter !

Pour lire le premier volet de nos « tops » et nos « flops » de l’été 2014. 

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

C’est connu : l’été est la saison tranquille dans l’information. Ce qui n’empêche pas certaines organisations ou personnalités de se démarquer dans nos médias, et parfois aussi de trébucher… Puisque la mode est aux listes, allons-y de nos « tops » et nos « flops » de l’actualité de l’été 2014 !

 

Les « tops » :

1- La commémoration après la tragédie de Lac-Mégantic : L’été 2013  a été tout sauf tranquille après la catastrophe ferroviaire à Lac-Mégantic. Un an plus tard, la Croix Rouge a annoncé avoir aidé un méganticois sur deux grâce aux dons des Québécois. Le point de presse de Michel Léveillé, directeur de la Croix-Rouge Québec, diffusé en direct à RDI, vaut un gain de réputation de 5 480 $ pour l’organisme.

2- P.K. et Eugenie : Il y a eu la Coupe du monde de soccer, le Tour de France, Wimbledon, mais… Rien n’y fait, c’est un joueur de hockey qui a fait le plus la manchette parmi tous les sportifs qui ont brillé cet été.

P.K. Subban, qui a négocié son lucratif contrat avec le CH durant la saison chaude, a néanmoins bataillé aux côtés d’Eugenie Bouchard pour la palme de l’athlète le plus médiatisé de l’été. Après tout, la joueuse de tennis s’est retrouvée 10 fois en une de La Presse +, contre une seule fois pour P.K. Sans compter un article sur elle dans le New York Times. Avantage : Eugenie !

Eugenie Bouchard La Presse

3- La nostalgie : Les festivals sont toujours les rois de l’information culturelle, de juin à août. Si un spectacle s’est démarqué entre tous, c’est certainement celui du groupe RBO au festival Juste pour rire. Le vaste compte-rendu de la soirée dans La Presse a généré un gain de réputation de 125 300 $ pour RBO, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d. L’engouement pour la nostalgie a aussi profité au film 1987, qui a obtenu des critiques unanimement favorables dans les médias. L’industrie du cinéma québécois jubile après des mois de vaches maigres !

RBO festival Juste pour rire
Source : Hollywood PQ

4- Agropur : Les entreprises profitent souvent de l’été pour annoncer des pertes d’emplois. Les annonces d’acquisition, d’expansion et d’investissement sont plus rares. Agropur a fait exception à cette règle en faisant l’acquisition, cet été, de l’entreprise américaine Davisco Foods International et doublant du même coup ses activités de transformation aux États-Unis. Bonne nouvelle, ont clamé les chroniqueurs économiques. La transaction a eu des échos jusque dans le Wall Street Journal.  

5- Le blé d’inde de Neuville : En plein milieu des vacances de la construction, le 98,5 FM nous apprenait que le blé d’inde de Neuville est le meilleur au Québec ! Médé Langlois, producteur de maïs de Neuville, a eu la chance d’expliquer le succès de son blé d’inde à l’animateur Jean Pagé au cours d’une entrevue d’une dizaine de minutes. Ni plus, ni moins. Le gain de réputation pour les producteurs de maïs de Neuville : 16 670 $.

 

Les « flops » :

1- Yves Bolduc : Premier « flop » de l’été : le ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, qui a dû justifier une prime de 215 000 $ pour avoir accepté plus de patients alors qu’il était député dans l’opposition. Il y a tellement eu de mises au point dans ce dossier qu’on ne se souvient plus si le ministre a remboursé ou non sa prime, en totalité ou en partie, quand et à qui a-t-il donné l’argent ? L’entrevue de l’ex-ministre de la Santé Claude Castonguay au Téléjournal 18h de la SRC, qui demande la démission d’Yves Bolduc, vaut à ce dernier un déficit de réputation de – 27 770 $, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d.

2- Les syndicats des employés municipaux : Au plus creux de l’actualité estivale, l’accoutrement des policiers municipaux était « Le » sujet de controverse au Québec vers lequel les médias se sont tournés.À défaut d’avoir l’opinion publique de leur côté, les policiers ont fait parler d’eux. Dans les lettres d’opinion des journaux, plusieurs citoyens se sont dits choqués par les pantalons d’armée des policiers. Si la population est ainsi dérangée, ultimement les cadres policiers, les maires et le gouvernement le seront aussi. N’est-ce pas la stratégie recherchée par les syndicats des employés municipaux ?

3- L’industrie aérienne : Sale temps pour ceux qui ont peur de l’avion ! Le 24 juillet dernier, RDI diffusait cette infographie…

photo-RDI  

Dans la foulée de ces catastrophes aériennes, l’industrie du transport aérien a convoqué une réunion d’urgence à Montréal. Certains journalistes l’ont qualifié « d’opération de relations publiques »… ce qui les amuse toujours beaucoup !  Cette réunion et d’autres gestes concrets s’imposaient dans le but de rassurer les voyageurs…

Puisque l’été 2014 a été fécond en « flops », la suite mérite un second blogue… pour votre plus grand plaisir !

À mardi prochain…

C’est connu : les stratèges en communication, marketing, publicité, médias sociaux, web, design, etc. travaillent si intensément qu’ils ont souvent de la difficulté à tout oublier lorsqu’arrivent les vacances.

Alors si, tout comme nous, vous jugez nécessaire de devoir « décrocher » graduellement au cours de l’été, voici trois suggestions de livres…

 

Jacques Bouchard : des petits puddings à… Trudeau !

 Bouchard

 Il y a quelques semaines, la journaliste, blogueuse et auteure Marie-Claude Ducas a publié chez Québec Amérique, un livre qui s’imposait : Jacques Bouchard, le créateur de la publicité québécoise.

 

Jacques Bouchard fut le premier Mad Man québécois, le roi du slogan, l’auteur des  36 cordes sensibles des Québécois et un artisan majeur de la Révolution tranquille.

 

À compter de 1963, Jacques Bouchard a créé avec ses équipes chez BCP, les slogans publicitaires les plus célèbres du Québec durant la révolution tranquille. Cette période a façonné durant une décennie, un Québec fier qui a élu le Parti Québécois le 15 novembre 1976… au grand dam du fédéraliste Jacques Bouchard, qui conseillait le Premier ministre Pierre-Eliott Trudeau !

 

Bouchard a vendu de la bière (Lui, y connaît ça ! et On est six millions, faut se parler), une panoplie de services des caisses populaires (Pop-sac-à-vie-sau-sec-fi-co-pin pour Desjardins), des petits puddings au chocolat (Qu’est-ce qui fait chanter les p’tits Simard ? pour Laura Secord), de l’électricité  (On est propre, propre, propre pour Hydro-Québec), des voyages au soleil (Mon bikini, ma brosse à dents pour Air Canada), des déplacements en transport en commun (Il fait beau dans le métro, etc.

 

Tirant parti de son expérience de publicitaire, Jacques Bouchard a publié en 1978, le best-seller Les 36 cordes sensibles des Québécois d’après leurs six racines vitales.

 

Ce portrait qui est dans une classe à part encore vendu aujourd’hui dans les librairies présente les Québécois sous leur plus beau jour… et avec toutes les contradictions qui nous caractérisent !

 

À propos du chemin parcouru par les Québécois depuis 1978, voici d’ailleurs ce qu’écrivait à ce sujet le blogueur Claude Bérubé  dans le Huffington Post du 11 mai 2013 :

 « Nous ne sommes plus les perpétuels porteurs d’eau à la solde de l’establishment anglophone, mais des audacieux capables de leadership et d’audace. Notre complexe d’infériorité issu de notre racine de minoritaire bat de l’aile pour être remplacé par la fierté. L’esprit de clocher a pris un virage avec le «pas dans ma cour» en flirtant avec le fanatisme politique et un patriotisme belliqueux. L’étroitesse d’esprit et le commérage ont pris une envergure avec les réseaux sociaux. »

 

Je suis convaincu que si la profession des relations publiques avaient été plus développée à cette époque, les 36 cordes sensibles des Québécois aurait au cœur des études universitaires et de la pratique.

 

Brand Vandals : apprendre à penser autrement

Brand vandals 

Après Brand Anarchy: Managing Corporate Reputation, les auteurs britanniques Steve Earl et Stephen Waddington récidivent avec Brand Vandals: Reputation Wreckers and How to Build Better Defences: Corporate Reputation Risk and Response.

 

Écrit à quatre mains par Stephen, Waddington, directeur Europe du digital et des médias sociaux chez Ketchum, et Steve Earl, directeur général Europe de Zeno Group, ce livre s’articule autour de deux grandes sections.

 

La première s’attaque à décrypter le profil, les comportements, les aspirations et les impacts qui caractérisent « les vandales de marques » et leurs agissements dans l’univers des médias sociaux.

 

La seconde explique comment les communicateurs doivent apprendre à penser autrement afin de concevoir des dispositifs pertinents face aux attaques potentielles.

 

Et tirer profit – dans le bon sens du terme ! – de la conversation numérique pour établir « autrement » notre réputation, là où les intervenants peuvent changer d’avis et devenir vos meilleurs alliés.

 

Notre collègue Olivier Cimelière a écrit ceci à propos de ce livre :

 « Peu de livres professionnels peuvent autant s’enorgueillir d’avoir su analyser aussi finement les nouveaux enjeux réputationnels des marques et des entreprises, à l’heure où un tweet suffit à ruiner deux ans de communication tous azimuts. (…) Ils décortiquent au scalpel le renversement de pouvoir entre les marques et leurs publics. Ils décrivent sans concessions les dommages que peuvent infliger les assaillants numériques sur la réputation d’une marque. Mais loin de céder à un discours anxiogène, ils tracent les solutions concrètes pour que la communication sorte de son nombrilisme contrôlant et entreprenne une authentique révolution passant par une écoute active et un dialogue accru avec ses audiences ».

 

Bernard Motulsky : la recette pour gérer ses communications 

 Motulsky

Entre les baignades à la plage et les verres de rosée, il est toujours le temps d’apprendre « Comment gérer efficacement ses communications ». C’est le titre du nouveau livre du professeur de relations publiques à l’UQAM, Bernard Motulsky.

 

Le bouquin s’adresse principalement aux apprentis du monde des communications. « Ce livre vise aussi à procurer aux personnes qui sont démunies les outils indispensables pour mieux communiquer et mieux travailler avec les professionnels », écrit son auteur.

 

À vos questions simples, le professeur Motulsky a des réponses courtes et efficaces. « Un journaliste m’appelle, que dois-je faire ? » : la réponse tient en quatre paragraphes bien tassés.

 

Aussi, puisque les livres de recettes ont la cote, Bernard Motulsky donne sa recette pour « communiquer en quatre coups de cuillère à pot ! » : « quatre démarches simples, mais rigoureuses, qui non seulement permettent de fixer des résultats réalistes, mais aussi de les obtenir », dit-il.

 

Les initiés des relations publiques ne sont pas en reste. Ils apprécieront plus particulièrement la dernière section du livre qui s’attarde à des études de cas. Évidemment, la pire gestion de crise de l’histoire récente du Québec, celle de la MMA durant la tragédie ferroviaire au Lac-Mégantic, est analysée.

 

Bernard Motulsky se penche aussi sur la nouvelle marque de yogourt Iögo, la crise étudiante de 2012 et la gestion des communications par les dirigeants de la STM et du pont Champlain.  

 

Bref, un livre pratique pour apprendre ou se rappeler les bases des communications.

 

Sur ce, nous vous souhaitons un été des plus reposants. Après quelques semaines de relâche, nous serons de retour sur ce blogue afin de continuer de commenter l’actualité avec nos points de vue de communicateurs.

 

Pierre Gince, ARP

Caroline Roy

radio-canada

Alain Gravel, Patrice Roy, Céline Galipeau, Pascale Nadeau, Pierre Karl Péladeau, Jean-Marc Fournier, Gabriel Nadeau-Dubois, Linden MacIntyre, Marc Cassivi, Marc Labrèche… Plusieurs journalistes et personnalités bien en vue ont dénoncé les récentes compressions de 130 millions de dollars.

Bien que ces sorties publiques bénéficient d’une grande visibilité, force est de se demander si ce battage médiatique n’est pas en vain ?

Car battage médiatique, il y a.

Seulement dans la presse imprimée et les principaux sites Web d’information du Québec près de 500 articles ont été rédigés sur le sujet depuis le 10 avril (jour de l’annonce des compressions).

À la radio et télévision au Québec, on retrouve quelque 760 mentions de compressions à Radio-Canada.

Dans le cas de la SRC/CBC, il s’agit de 657 emplois qui seront abolis à travers le Canada.

En janvier dernier, Bombardier a supprimé 1 700 emplois, dont 1 100 au Québec, à la suite des coûts élevés du développement de la CSeries.

Devinez combien d’articles ont été publiés sur le sujet au Québec ? Quelque 75 articles…

Quand des journalistes perdent leur boulot, les médias ont tendance à en parler plus. C’est normal, ça touche leur monde. Si, en plus, une personnalité telle Pierre Karl Péladeau se prononce, la couverture s’emballe littéralement !

 

Des appels au débat

En général, plus une cause est favorablement médiatisée, plus elle peut toucher le public et faire changer les choses.

Mais dans le cas de Radio-Canada, c’est un peu comme si son sort était déjà réglé en raison du silence médiatique du gouvernement conservateur dans ce dossier. La chose est entendue. Le gouvernement conservateur a réduit le budget de la société d’État. La ministre du Patrimoine, Shelly Glover, n’a rien à ajouter.

En fait, il n’y a aucun débat sur l’avenir de Radio-Canada dans les médias. Il n’y a que des personnalités publiques et des syndicats qui demandent un débat sur le futur de Radio-Canada/CBC. Mais personne n’est là pour répondre…  

Vendredi dernier, le chroniqueur culturel de La Presse, Marc Cassivi, écrivait que nous en étions à « l’heure des choix » quant au diffuseur public. « Financer adéquatement Radio-Canada, je l’ai dit et je le répète, est un choix de société. Et l’heure des choix a sonné », écrit-il.

Publiée dans La Presse +, cette chronique représente un gain de réputation de 12 820 $ pour l’enjeu de la sauvegarde de Radio-Canada, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d.

Reste maintenant à savoir si toute cette couverture se traduira, dans un proche avenir, par un réel débat et à des solutions concrètes pour l’avenir du diffuseur public canadien. 

Quand une personnalité publique s’approprie une cause sociale, nous pouvons être certains d’une chose : sa médiatisation sera augmentée. Encore plus, quand cette personnalité publique « vit » personnellement la cause en question. Elle devient une porte-parole à la puissance 10, tels Pierre Bruneau et le cancer infantile, Martin Matte et les traumatisés crâniens, Pierre Lavoie et l’activité physique chez les jeunes, Jasmin Roy et l’intimidation.

Radio-Canada.ca
Radio-Canada.ca

Ce qui nous amène à traiter du récent débat sur la procréation assistée qui implique l’animateur et comédien Joël Legendre et son conjoint.

Les deux hommes ont présentement recours à une mère porteuse, qui est enceinte de leurs jumelles. La fécondation a été remboursée par l’État québécois, d’où le présent débat…

À peine assermenté, le nouveau ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a dû se prononcer sur ce dossier.

 

Combien ça vaut ?

Vendredi dernier, trois éditoriaux simultanés ont été publiés sur le sujet dans La Presse, Le Soleil et Le Devoir. Une soixantaine d’articles en 48 heures, plus de 200 mentions de ce sujet à la radio et à la télévision. Et pour finir la semaine : une entrevue de Joël Legendre à Tout le monde en parle (TLMEP).

Joël Legendre a d’ailleurs réservé ses commentaires sur le débat à TLMEP, déclinant toutes les autres demandes d’entrevues. La stratégie de se présenter uniquement au confessionnal de Guy A. Lepage est de plus en plus retenue, car elle assure une grosse visibilité avec des cotes d’écoute autour du million. Mais elle ne respecte pas l’équité envers les autres médias – qui sont pourtant toujours enclins à promouvoir les activités de Joël Legendre lorsqu’il a besoin d’eux…

Les commentaires sur cet enjeu sont mitigés pour les couples homosexuels qui souhaitent, comme l’animateur, avoir recours à une mère porteuse. Joël Legendre causera-t-il un précédent favorable ou défavorable aux couples dans cette même situation ?

Les trois éditoriaux dans les quotidiens représentent, malgré tout, un gain de réputation de 35 340 $ pour l’enjeu de la procréation assistée, selon notre outil d’analyse des médias mesure-d. Bien que critiques, ces éditoriaux posent des questions qui pourraient faire évoluer le débat dans un sens comme dans l’autre, ce qui explique cette valeur en dollars. 

 

Une cause de vedettes

La question : est-ce que ce débat aurait reçu autant de couverture si l’un des pères dans cette histoire n’était pas connu ? Bien sûr que non… D’ailleurs, Radio-Canada rapportait que Joël Legendre n’était pas le premier père gai à être remboursé pour le traitement in vitro avec une mère porteuse. Mais l’histoire de ces deux hommes du Saguenay est loin de s’être retrouvée sur le radar médiatique…

En soi, ce n’est pas une mauvaise chose que cet enjeu soit médiatisé grâce à Joël Legendre. Il est d’intérêt public de savoir jusqu’à quel point l’État doit rembourser les traitements de procréation assistée. Surtout en ces temps de compressions budgétaires, diront certains…

Ironie du sort : c’est une autre personnalité publique, Julie Snyder, qui avait aussi propulsé dans l’espace public le projet de rembourser la procréation assistée aux couples infertiles.

Depuis 2008, des centaines d’articles dans les journaux et les principaux sites Web d’information ont été écrits sur la croisade de l’animatrice de TVA pour la procréation assistée. Julie Snyder a gagné sa cause.

En sera-t-il de même pour le cas présent ?

En plus de commenter la campagne qui, pour leur bonheur comme pour le nôtre, se terminera dans quelques heures, les chefs des principaux partis ont parcouru le Québec à pleine vitesse.

Pauline Marois a fouetté ses troupes, insistant sur la mobilisation de ses militants et regrettant d’avoir trop parlé de référendum. Et Philippe Couillard a répété que, selon lui, un vote pour la CAQ était un appui au PQ.

Évidemment, François Legault, sorti du lit ce matin avec un appui de 23 % des Québécois selon le sondage Léger, n’était pas de cet avis. Selon le chef de la CAQ, tout est possible lundi… à condition d’appuyer ses candidats. Quant à Québec solidaire, ses porte-parole semblent avoir préféré le porte-à-porte aux tribunes….

Il s’agit de notre dernier bulletin quotidien. Dimanche à 12 h 00, nous publierons notre bilan de la campagne. Merci à vous tous, toujours plus nombreux, pour votre fidélité à nous lire, à faire circuler notre nouvel outil et à commenter !

 

Chaque résultat représente une note sur 100 %. 

 

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Gagnerlajournée.com est un outil de mesure qui détermine à tous les jours, les performances du PQ, du PLQ, de la CAQ et de QS dans les principaux médias traditionnels et les sites web d’information du Québec, de même que sur Twitter et Facebook. Partenariat de DIRECTION Communications et de Substances stratégies. Principales sources : Cision, Cedrom-SNI et Radian6.

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