Le coup médiatique de l’été: l’affichage des syndicats

Il fallait y penser : alors qu’une campagne électorale s’annonce et que les médias n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent durant l’été, une coalition syndicale a voulu s’imposer dans l’actualité en créant une campagne d’affichage. Mission accomplie !

Mais… Rapidement, un bras de fer s’est engagé entre la Ville de Québec et la coalition syndicale – chacune interprétant à sa façon la réglementation portant sur l’affichage.

Rappel des faits

  • Le 17 juillet, une coalition de six syndicats prend d’assaut les poteaux de certaines villes – Québec, Roberval, Montréal et Saint-Jérôme – afin d’y installer des affiches d’allures électorales sous le thème « Libécaquiste Caquibéral : du pareil au même » ;
  • Graduellement, plusieurs autres villes ont droit à un tel affichage selon une habile stratégie de presse qui consiste à recréer la nouvelle !
  • Rapidement, la Ville de Québec réagit en invoquant sa réglementation interdisant un tel affichage. Débute alors une partie de bras de fer entre la Ville et la coalition syndicale – bras de fer qui se poursuit ;
  • À Québec, des employés municipaux enlèvent les affiches et, aussitôt, les syndiqués – qui avaient sans doute prévu le coup – en installent d’autres ;
  • Puis, à la suite d’un apparent réchauffement des relations – quand la Ville de Québec a invité la coalition à formuler une demande d’affichage formelle – les choses se gâtent de nouveau mercredi : l’administration municipale avise la coalition syndicale qu’elle s’expose à des amendes de 400 000 $ par jour en cas de récidive.

Combien ?

Jusqu’à maintenant, il y a eu trois vagues importantes dans les médias. Et d’autres étapes suivront assurément !

Nous avons analysé deux de ces retombées :

  • La Ville juge les pancartes illégales, Le Soleil, 20 juillet, page 3. Pour la Ville de Québec, le titre et l’amorce sont positifs. Pour la coalition syndicale, la photographie et la légende sous la photo sont déterminantes. Gain de 24 323 $ pour la Ville de Québec et de 25 289 $ pour « les syndicats » ;
  • Des affiches syndicales qui pourraient coûter cher, Le Journal de Québec, 2 août, page 9. La Ville de Québec essuie des citations négatives de la part du directeur québécois du SCFP, Marc Ranger, et elle a choisi de ne pas répliquer. Gain de 3 113 $ pour la Ville de Québec et de 4 242 $ pour « les syndicats ».
  • Plusieurs réputations, plusieurs bénéfices

Certaines méthodologies d’analyse du contenu des médias traditionnels et sociaux permettent de déterminer le gain de réputation – ou le déficit – au bénéfice des entreprises, des organisations, des marques ou des personnalités.

LA COALITION SYNDICALE A PARTI LE BAL. ET LES AUTRES VILLES ONT DÛ RÉAGIR, LES UNES APRÈS LES AUTRES.

Dans ce cas-ci, les syndicats ont créé la nouvelle, et de très nombreuses villes – notamment Québec, Montréal, Laval, Saint-Jérôme, Sainte-Catherine et plusieurs autres – se sont retrouvées dans les médias, à cause d’un enjeu qu’elles n’ont pas choisi. Conséquemment, les retombées pourraient être analysées au bénéfice des syndicats et de chacune des villes mentionnées.

La Ville de Québec est gagnante

Au moment de débuter un mandat, c’est le client qui détermine le bénéfice qu’il recherche. C’est le seul moment où le client peut avoir un certain impact sur le mandat qui sera réalisé à l’externe.

Ainsi, bien qu’elle aurait probablement voulu éviter toute la couverture de presse sur l’affichage syndical, la Ville de Québec – qui a choisi la ligne dure – pourrait vouloir connaître son gain de réputation en fonction de sa stratégie.

De ce point de vue, la Ville de Québec a su tirer son épingle du jeu dans son bras de fer contre les syndicats, et plusieurs retombées lui sont favorables – ou relativement neutres, ce qui, dans les circonstances, est très bon pour sa réputation.

… et la coalition syndicale aussi

Pour sa part, la coalition syndicale pourrait faire analyser l’ensemble de sa couverture dans les médias traditionnels et sociaux au bénéfice de « les syndicats » – une appellation qui a été beaucoup plus utilisée par les médias que « coalition syndicale ». Et chacun des syndicats pourrait vouloir connaître le nombre de mentions à son sujet, tout en sachant que c’est le leader du groupe – le Syndicat canadien de la fonction publique et son porte-parole, Marc Ranger – qui a pris le haut du pavé.

Chose certaine, c’est Mission accomplie ! pour les syndicats qui se sont démarqués, jusqu’à maintenant, dans l’avant-campagne électorale.

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