Lettre à Anick Lemay

Cette semaine, mon blogue prend une allure inhabituelle puisque je suis encore secoué par ce que vit mon amie.

Nous ne sommes pas des intimes, mais j’ai beaucoup côtoyé la comédienne et ex-Madame Uniprix Anick Lemay et je l’estime beaucoup. Elle est une femme de parole et de rigueur.

J’ai donc choisi de mettre presque toutes les données de côté afin d’écrire à Anick. Et de vous mettre en c.c.

Chère Anick,

Réalisais-tu ce que tu allais provoquer comme réactions, à partir du 9 avril dernier, lorsque tu as publié une première chronique dans Urbania ?

Lorsqu’ils reçoivent un verdict de cancer comme un coup de masse sur un doigt qui devient rapidement violet, beaucoup de gens s’écroulent… en gardant leur douleur en dedans. Comme s’il n’y en avait pas déjà suffisamment.

Toi, avec ta si jolie tête de cochon, tu as décidé de t’exprimer. Haut et fort. Et régulièrement. Parce que ça te ferait le plus grand bien. Et aussi, tu t’en doutais certainement, tu allais le faire au nom de tous ceux et celles qui n’ont ni plume ni tribune.

Tu as écrit d’innombrables cris du cœur à toutes les syllabes, dont ceux-ci :

« Je m’appelle Anick Lemay, j’ai 47 ans et j’ai le cancer du sein.

J’ai envie de prendre cette tribune pour prendre ta main et te faire découvrir, en même temps que moi, ce nouvel univers. En temps réel. C’est ça, 2018, non? L’instantané?

Mais si tu embarques, faut que tu sois averti : y’aura pas de filtre. Pas de Photoshop, pas de mise en scène. »

Tu as su nous sidérer dès ta première chronique intitulée Le gouffre lumineux. Puis, tu nous as donnés le goût de te t’accompagner dans la souffrance. C’est réussi : nous tremblons et paniquons en jaquette d’hôpital, nous aussi.

Dès le départ, tu nous avais donné l’heure juste – très juste, en fait. Alors, on savait à quoi s’en tenir – du moins, on se l’imaginait. Et, comme si tu ne voulais aucune équivoque avec nous, tu as choisi la totale : les mots allaient nous ébranler et les photos allaient nous chavirer. Une seule photo par chronique allait suffire.

Il y a eu aussi Mon manège à moi, puis Mon élastique. Ces chroniques sont du même calibre que la première et on dirait que tu prends un malin plaisir à les écrire en t’assurant de faire pleurer aussi les hommes…

Le public habituel d’Urbania est fidèle au rendez-vous et un nouveau bassin de lecteurs s’est ajouté : celui de tes films et téléromans.

Urbania, qui diffuse du contenu très varié et compte plus de 120 000 abonnés sur Facebook, a un taux d’engagement de 0,36 % – ce qui est dans la norme.
Lors de la publication du premier blogue d’Anick Lemay, le taux d’engagement est rapidement monté à 2 % et de très nombreux commentaires d’appui ont jailli.

Te connaissant, tu n’as certainement pas choisi une stratégie de presse. Mais, tu as décidé, instinctivement – à travers tout ce qui te bouleversait – de contrôler le premier message qui allait être diffusé.

Ta première chronique a été beaucoup plus originale et percutante que ce qu’auraient été portés à faire, dans ta situation, probablement 98 % des agents et personnalités : diffuser un communiqué de presse…

Cette chronique a remplacé le bon vieux communiqué « réflexe » et les entrevues puisque tout ce que tu souhaitais transmettre l’a été d’un seul coup dans Urbania. Ainsi, il n’y a pas eu de rumeurs rocambolesques.

Et, une fois de plus, tu auras été originale puisque, grâce à toi, Urbania est devenu, sans doute pour la première fois, une source pour les journaux à potins du showbiz !

GRÂCE À TOI, URBANIA EST DEVENU UNE SOURCE POUR LES JOURNAUX À POTINS DU SHOWBIZ !

Trois chroniques ne nous suffisent pas. J’attends la suite. Même si j’aurai encore mal… tout en me disant que ce n’est vraiment pas si grave d’avoir mal en lisant. Ça doit faire beaucoup plus mal lorsque tu écris.

Salut, mon amie. Je t’embrasse en étant convaincu que tu seras toujours aussi belle.

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