Nordiques et Expos : des fantômes dans l’actualité !

Lorsqu’il a mentionné, récemment, que les médias ne couvraient pas assez son équipe et lancé que le « buzz » était peut-être fini, le propriétaire de l’Impact de Montréal, Joey Saputo, a tracé un parallèle avec… un fantôme!

En effet, le « plus que passionné » président de l’Impact a déploré que le maire de Montréal, Denis Coderre, semblait plus attiré par une équipe virtuelle – les Expos – que par l’avenir d’une équipe réelle : l’Impact. Et c’est sans compter l’autre important fantôme du sport professionnel : les Nordiques, dont parle abondamment le maire de Québec, Régis Labeaume…

D’où la question légitime : entre les fantômes des Expos et des Nordiques, le « glamour » d’Eugenie Bouchard, le succès des sœurs Dufour-Lapointe et l’omniprésence – 12 mois par année – du Canadien, quelle place reste-t-il, dans les médias, pour l’Impact, les Alouettes et le sport amateur ?

En d’autres mots : le cri du cœur de Joey Saputo pour que les médias s’intéressent davantage à son sport est-il justifié ?

À part peut-être le Canadien de Montréal, toute équipe ou événement sportif souhaite être plus médiatisé. C’est la même réalité pour les festivals et les activités culturelles : tous veulent plus de couverture de la part des médias !

 

Impact : le défi

Il est important de se décoller de l’arbre pour mesurer et analyser avec recul, la véritable place qu’occupe notre organisation sportive ou notre événement dans l’actualité : est-ce vraiment aussi peu que l’on est parfois porté à le croire ?

Dans le cas du sport, la situation est particulièrement difficile pour toutes les organisations qui veulent faire parler d’elles. Le hockey du CH accapare la vaste majorité de l’espace médiatique dédiée aux sports, y compris durant l’été !

Une fois le Canadien servi, il reste qu’une petite pointe de tarte à partager entre tous les autres équipes… dont l’Impact.

Autre phénomène : plusieurs amateurs – et journalistes ! – souhaitent la renaissance d’équipes disparues. À Québec, on parle continuellement du possible retour des Nordiques depuis plus de cinq ans. Et à Montréal, le retour du baseball majeur, appuyé par le maire Coderre et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, est dans l’air depuis plus d’un an.

D’ailleurs : seulement depuis le début de l’année 2015, il a été question des Expos de Montréal dans 130 articles de journaux et sites Web d’information au Québec.

Si l’on ajoute l’investissement de 11 millions de dollars consenti par le maire Coderre pour la réfection des terrains de baseball de la ville, ainsi que tout ce qui tourne autour du retour du baseball majeur à Montréal, on répertorie au moins 215 articles sur le thème « baseball » à Montréal.

En comparaison, 280 articles mentionnent l’Impact de Montréal depuis le 1er janvier…

C’est plus que le baseball, mais bien peu si l’on réalise que les Expos n’existent plus… et que l’Impact est une équipe bien réelle avec un stade neuf de plus de 20 000 places !

Du côté des Nordiques et d’une possible expansion de la LNH à Las Vegas – possiblement avant Québec – quelque 200 articles ont été écrits sur le sujet depuis le début 2015. Mais c’est sans compter les radios de Québec et les chaînes sportives qui couvrent abondamment un éventuel retour des fleurdelisés…

 

… et la Genie Mania !

Ajoutons dans le portrait le tennis… Un sport de plus en plus populaire dans nos médias en raison, notamment, des succès d’Eugenie Bouchard. La joueuse montréalaise, qui a toujours eu une couverture de presse assez favorable, a toutefois été critiquée récemment pour son absence à la Fed Cup qui a eu lieu à Québec…

Uniquement depuis le 1er janvier, plus de 800 articles ont traité d’Eugenie Bouchard… rien qu’au Québec ! Près de 3 fois plus que l’Impact. Bref, des manchettes et des textes de toutes longueurs qui s’accumulent pour cette joueuse prometteuse, mais qui laissent moins d’espace aux autres athlètes…

Dans ce contexte, il est très difficile pour les autres sports d’obtenir une couverture médiatique abondante, et ce même si une équipe, comme l’Impact ou les Alouettes, remporte du succès sur le terrain et que les joueurs se rendent disponibles aux journalistes.

 

Gain et déficit de réputation…

Lors de son récent cri du cœur devant les médias, le président de l’Impact a généré quelques retombées de presse qui ont – ce n’était certainement pas son objectif –engendré un déficit de réputation.

Toutefois, dans la majorité des cas, l’Impact parvient à faire parler favorablement de  son organisation et de ses activités. Par exemple : après son match préparatoire contre l’équipe mexicaine Cruz Azul (le 11 février), l’équipe de soccer professionnel a bénéficié de deux pages dans la section des sports du Journal de Montréal. Deux pages publiées derrière le hockey et Eugenie Bouchard, mais deux pages quand même !

À elles seules, ces deux pages ont généré un gain de réputation de 108 920 $* pour l’Impact de Montréal, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d].

Au-delà de la quantité, il faut aussi s’assurer de la qualité et de la valeur de sa couverture. C’est là-dessus qu’une équipe comme l’Impact doit miser.

Si l’Impact n’aura jamais la quantité de couverture du CH, il est tout de même possible d’obtenir de la couverture de presse favorable la plupart du temps. C’est au moins cela de gagné pour l’équipe et ses partenaires !

 

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

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