Saint-Apollinaire a mal à sa réputation. Le Québec aussi!

À moins d’avoir séjourné sur la Lune au cours des derniers jours, aucun Québécois n’a pu échapper à l’immense couverture de presse portant sur un changement de zonage qui aurait permis l’implantation d’un cimetière musulman à Saint-Apollinaire, en banlieue de Québec.

Deux ingrédients essentiels étaient réunis pour qu’il y ait, en seulement quelques jours, une véritable explosion dans les médias du Québec (près de 1900 retombées) et à travers le Canada (près de 1 400 hors Québec): la période de l’année (l’été, faible en nouvelles) et un enjeu très sensible (la crainte de l’inconnu).

Toute cette couverture de presse portant sur un endroit généralement paisible a causé un tort énorme à la réputation de Saint-Apollinaire (qui a fait l’objet de seulement 27 retombées durant toute l’année 2016). L’impact très négatif s’est également répercuté, par ricochet, sur les réputations de la ville, de la région et de tout le Québec.

Voici quelques données :

Couverture St-Apollinaire

C’est la radio – média d’émotion par excellence ! – qui, à elle seule, a généré près de 60 % des 1886 retombées québécoises qui ont traité d’un possible cimetière musulman à Saint-Apollinaire.

Proportion des mentions de St-Apollinaire ou Québec en lien avec le vote dans les médias québécois depuis 7 jours

Dans les médias québécois, 89 % des mentions mentionnaient les noms de Saint-Apollinaire ou de Québec, en lien avec le référendum du 17 juillet dernier.

Proportions des mentions de St-Apollinaire dans les médias canadiens – hors Québec

Au Canada (hors Québec), une retombée sur deux identifiait Saint-Apollinaire; l’autre moitié parlait de « Québec City », « region of Quebec » ou « Province of Quebec ». Ceci est très négatif puisque l’enjeu (une décision liée à la crainte de l’inconnu) a rejailli énormément.

LE MAIRE LABEAUME A RAISON D’ÊTRE FÂCHÉ! PUISQU’EN COUPANT LES COINS RONDS, BEAUCOUP DE MÉDIAS ONT SITUÉ LA CONTROVERSE À… QUÉBEC.

À Québec, la confusion est favorable… généralement

C’est un fait connu : la confusion qu’il y a entre la ville, la région et l’état profite généralement aux différentes instances lorsque la couverture de presse est favorable : les récentes images du Festival d’été, celles du célèbre Château Frontenac, de Bonhomme, du Vieux-Québec et une foule d’autres contribuent à une perception générale.

Mais… quand ça va mal, ça va mal. Depuis quelques jours, il y a bien plus que la réputation de Saint-Apollinaire qui est malmenée : celles de la ville de Québec, de la région et de l’état le sont également.

Le maire Labeaume a raison d’être fâché ! En effet, la Ville de Québec fait les frais d’une couverture de presse non sollicitée partout à travers le Canada, dans laquelle – en coupant les coins ronds – beaucoup de médias ont situé la controverse à… Québec.

Et maintenant?

Une question fort simple : après une telle tornade, est-ce que ces réputations pourront être réhabilitées ?

Une réponse toute simple : oui, assurément. Mais, à une condition. Une seule : que l’engagement du « mieux vivre ensemble » évoqué lors des funérailles qui ont suivi la fusillade du 29 janvier dernier se traduise par des gestes concrets, et ce, de la part de tous ceux et celles qui en ont alors parlé.

Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine, grâce à une ou à quelques retombées de presse.

Note: Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.