Analyse de presse

Femen, Janette et Inclusives : qui a gagné ?

Par Caroline Roy   |   22 octobre 2013

Il y a eu les Femen, seins nus à l’Assemblée nationale. Puis, les « Janette », menées par Janette Bertrand, qui ont fait naître les Inclusives.

Tous ces groupes de femmes se sont prononcés sur la Charte des valeurs et la laïcité. Mais lequel s’est fait le plus remarquer dans les médias québécois ?

 femen_janette

Sources : Facebook Femen Québec, Wikipédia. 

 

Regardons d’abord les chiffres bruts :

Depuis le 1er octobre, jour où les Femen ont réussi leur coup d’éclat à l’Assemblée nationale, il y a eu :

  • Plus de 300 retombées médiatiques * qui ont mentionné les Femen au Québec 
  • Quelque de 1 200 retombées médiatiques * qui ont mentionné les « Janette »
  • Quelque 80 retombées médiatiques * qui ont mentionné les « inclusives »

Donc, à première vue, les « Janette » ont remporté la palme de la plus importante couverture médiatique.

Les « Janette » regroupent des personnalités féminines très connues, et médiatisées. Outre Janette Bertrand, le collectif inclut entre autres Denise FiliatraultJulie SnyderÉdith CochraneDenise Robert, etc.

Elles ont fait la une du Journal de Montréal mardi dernier. Leur lettre était publiée dans la plupart des quotidiens québécois. En page 3 du Journal de Montréal, l’article, fort favorable, représente un gain de réputation de 58 000 $ pour les « Janette », selon notre outil d’évaluation mesure-d.

 

Le message des Janette ?

Mais quel est le message des « Janette » ? C’est ici que ça grince un peu.

Janette Bertrand est pour la charte et ne veut plus que la religion menace l’égalité homme-femme au Québec. Très bien mais…

…il aurait fallu que toutes les femmes du groupe retiennent ce message. En effet, le lendemain, Le Soleil faisait sa une avec une citation de Denise Filiautrault, traitant les femmes qui portent le voile de « folles ».

La metteure en scène s’est exprimée ainsi au cours d’une entrevue donnée à Paul Arcand. Les médias tenaient alors leur controverse ! 

Voilà qui réduit grandement l’effet positif de la une du Journal de Montréal et de la lettre initiale signée par les « Janette »… Mme Filiatrault s’est excusée vendredi sur Twitter pour ses propos, mais le mal était fait.

 

« Janette » contre « Inclusives »

Si l’on s’attarde seulement au volume de retombées, les « Inclusives » passent sous le radar. Quatre-vingts retombées pour les « Inclusives » contre 1 200 pour les « Janette », inutile de préciser qui sort gagnant et perdant de ce débat sur la charte…

Néanmoins, les « Inclusives » ont su tirer leur épingle du jeu dans leur sortie publique visant à répondre aux « Janette ».

Voici l’analyse de l’article du Journal de Montréal où l’on confronte les arguments des « Janette » à ceux des « Inclusives ».

 

Équivalent

Publicitaire

Gain de réputation

Écart

 Les « Inclusives »

16 347 $

34 425 $

+ 111 %

 Les  « Janette »

6 716 $

12 902 $

+ 92 %

 Les « Inclusives » occupent plus d’espace dans la page comme on le constate en comparant l’équivalent publicitaire. En condamnant les propos de Denise Filiatrault et de Janette Bertrand, qui hésiterait à se faire soigner par une médecin voilée, la porte-parole des « Inclusives », Aurélie Lanctôt, réussit un gain de réputation plus important.

Si l’on oppose les arguments des « Inclusives » à ceux des « Janette », c’est qu’on leur accorde autant d’importance, même s’ils ne sont pas livrés par une personnalité connue.

À défaut d’un volume important de retombées, les « Inclusives » ont au moins un message clair. Et c’est sans doute parce qu’il était dépourvu de dérapage et de sensationnalisme qu’il n’a pas connu le retentissement de celui des « Janette » et des Femen…  

Pour en savoir plus sur le gain de réputation : mesure-d.ca.

* Il s’agit des retombées dans les imprimés, radio, télévision et principaux sites Web d’information. 


Caroline Roy
Caroline Roy
Caroline Roy œuvre dans le domaine des communications depuis plus de 10 ans. D’abord journaliste, notamment au Journal de Montréal pendant quatre ans, elle a agi comme analyste principale chez un courtier en information médias, avant de se joindre à l’équipe de Mesure Média en 2013, où elle a rapidement montré sa passion et sa détermination au point d’en devenir associée et vice-présidente dès 2015.