Analyse de presse

André Boisclair : risée des caricaturistes

Par Caroline Roy   |   5 décembre 2013
radio-canada,ca
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Quand la majorité des caricaturistes font d’une personnalité leur sujet du jour, on peut en déduire que celle-ci souffre d’un grave déficit de réputation. C’est le cas d’André Boisclair  ces jours-ci.

 

L’ex-délégué du Québec à New York se voit caricaturé le même jour dans La Presse, Le Devoir, Le Journal de Montréal et sur le site Web du Journal de Québec !

 

Les liens sont ici :

 

Les caricaturistes se moquent évidemment du fait que Boisclair vient d’être nommé à la présidence du COMEX , un comité environnemental établi dans le nord du Québec.

 

Les caricatures du Devoir et de La Presse sont beaucoup plus cruelles que les autres en faisant allusion à sa consommation passée de cocaïne.

 

Celle du Journal de Montréal est presque sympathique – je dis bien presque – à l’endroit de Boisclair. Sous le crayon de Beaudet, l’ex-chef du PQ transforme un bonhomme de neige en statue de la Liberté parce qu’il s’ennuie de New York. Presque « cute »… puisqu’on a envie d’avoir pitié de Boisclair en regardant la caricature…

 

Pour sa part, YGreck trouve le moyen de ramener à la mémoire Jean Charest, qui avait suggéré en pleine crise étudiante que les malfaisants « carrés rouge » aillent se faire voir dans le nord du Québec. Associer Boisclair à ceux dont on veut se débarrasser au plus vite, ouin…

 

Réputation en chute libre

Pour nous, qui analysons la réputation des personnalités dans les médias, comment évaluons-nous la perte de réputation de Boisclair dans ces quatre caricatures ?

 

  • La Presse : la caricature de Chapleau se moque de Boisclair, qui, bien qu’il aura froid dans le nord, est habitué d’être gelé. Ouch ! Même s’il a consommé de la cocaïne il y a quelques années déjà, il semble que cette faute lui reste collée à la peau. Nous estimons qu’il s’agit d’une perte de réputation de – 12 500 $ dans La Presse pour l’ex-politicien, selon notre outil d’évaluation mesure-d.

 

  • Le Devoir : la caricature de Garnotte est sans doute la pire pour Boisclair. Non seulement l’épisode de la drogue est rappelé, mais en plus Jacques Duchesneau – à l’origine du départ de Boislcair de New York – revient le hanter… La perte de réputation de Boisclair dans Le Devoir est de – 4 000 $. Il s’agit d’une baisse de 344 % par rapport à la valeur publicitaire d’un tel espace dans Le Devoir;

 

  • Blogue du Journal de Québec : la caricature d’YGreck est remplie : Boisclair est une plante verte gelée et Jean Charest est sur une pancarte souhaitant la bienvenue aux « carrés rouge ». On retrouve aussi une valise identifiée à NY qui est bourrée d’argent… Ouf ! Puisque nous sommes sur le Web, Boisclair n’y perd pas une grande valeur en réputation. Toutefois, l’écart avec la valeur publicitaire est de – 154 %;

 

  • Le Journal de Montréal : la caricature de Beaudet est la plus gentille du lot pour Boisclair. Aucune allusion à la drogue, à Duchesneau ou à son gros salaire. Le pauvre s’ennuie simplement de New York… Une perte de réputation minime à signaler.

 

Dommages

Ces exemples illustrent jusqu’à quel point une personnalité peut voir sa réputation dégringoler rapidement dans les médias.

 

Plus tôt cet automne, Jacques Duchesneau avait insinué qu’il pourrait exister un lien entre une subvention de 2,5 millions $ accordée à un projet à l’église St-James mené par l’entrepreneur Paul Sauvé, l’infiltration de l’entreprise de ce dernier par le crime organisé et la consommation passée de cocaïne d’André Boisclair. Ce dernier poursuit maintenant Jacques Duchesneau pour 200 000 $ en diffamation dans cette affaire, estimant que le député de la CAQ a orchestré une campagne de communication partisane visant à lui nuire.

 

Quand on voit comment la réputation d’une personnalité se ternit vite dans les médias, on comprend pourquoi de telles sommes peuvent être exigées en dommages… 


Caroline Roy
Caroline Roy
Caroline Roy œuvre dans le domaine des communications depuis plus de 10 ans. D’abord journaliste, notamment au Journal de Montréal pendant quatre ans, elle a agi comme analyste principale chez un courtier en information médias, avant de se joindre à l’équipe de Mesure Média en 2013, où elle a rapidement montré sa passion et sa détermination au point d’en devenir associée et vice-présidente dès 2015.