Campagne électorale

Campagne électorale : une 3e semaine sous les controverses

Par Caroline Roy   |   20 août 2015

Entre le marteau-piqueur de Denis Coderre, les sondages, l’affaire Duffy-Wright et le spectre de Margaret Thatcher, la 3e semaine de campagne est marquée par les controverses. Qui a marqué des points dans les médias ? Qui en a perdu ?

 

Gains :

  • Denis Coderre ou l’art d’imposer un enjeu de campagne

On peut être pour ou contre le geste de Denis Coderre, mais le maire de Montréal a réussi à s’implanter sans retenue dans la campagne fédérale. Armé d’un marteau-piqueur, il a brisé une dalle de béton, installée par Postes Canada. L’enjeu de la livraison du courrier est désormais inscrit dans l’agenda électoral.

La couverture médiatique de ce geste symbolique du maire Coderre est mitigée. En direct, les chaînes d’information continue ont abondamment couvert le point de presse. À RDI, la couverture en direct a valu un gain de réputation de 4 100 $* pour Denis Coderre, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d] http://mesuremedia.ca/.

Denis Coderre Postes Canada

À l’inverse, le lendemain matin, La Presse + titrait « Un geste illégal ? », suggérant même que Denis Coderre s’exposait à une peine de prison de cinq ans.

 

  • Sondage Léger : avantage opposition, désavantage Stephen Harper

Quelques sondages apparaissent peu à peu dans le radar médiatique. Le Journal de Montréal et Le Devoir publiaient samedi dernier, un sondage Léger nous apprenant que Stephen Harper est « en chute libre », Tom Mulcair en avance et Justin Trudeau en progression.

Même si les partis ne les commentent pas, les sondages sont toujours très médiatisés durant les campagnes électorales. Teintent-ils la couverture médiatique ? Une chose est certaine, le sondage, publié en une du Journal de Montréal, a généré un déficit de réputation de -67 910 $* pour Stephen Harper. En page 3, le NPD enregistre plutôt un gain de réputation de 76 940 $* grâce aux résultats favorables de ce sondage.

 

  • Ruth Ellen Brosseau, encore en vedette

Décidément, Ruth Ellen Brosseau continue d’être en vedette, particulièrement dans les médias du reste du Canada (hors-Québec). Après le portrait flatteur publié dans la version anglophone du Chatelaine, c’était au tour du National Post, cette semaine, de positionner la néo-démocrate sur sa une. Un gain de réputation de 43 720 $* pour Ruth Ellen Brosseau avec cette entrevue dans le National Post.

Après avoir été ridiculisée lors de son entrée en politique en printemps 2011, Ruth Ellen Brosseau est définitivement la candidate, tous partis confondus, qui obtient le plus de couverture positive par les temps qui courent.

 

  • Le bloquiste de Shefford

Une mention honorable au candidat bloquiste dans Shefford, Jocelyn Beaudoin, qui a réussi à s’illustrer dans la campagne grâce à une vidéo, qui a fait rire plusieurs internautes. L’aspirant député a réussi à obtenir une entrevue sympathique avec l’animateur Paul Houde au 98,5 FM. Comme quoi l’authenticité peut s’avérer payante en politique!

 

Déficits :

  • La mauvaise idée d’huer des journalistes

La campagne conservatrice souffre depuis le début du témoignage de Nigel Wright au procès de Mike Duffy. Sur les cinq questions que les journalistes ont le droit de poser à chaque jour à M. Harper, la majorité porte sur le procès Duffy. Exaspérés par les journalistes, les partisans conservateurs ont même hué ces derniers lors d’un point de presse.

Mauvaise idée : au lieu de rapporter l’annonce du jour de M. Harper, les journalistes ont rapporté qu’ils avaient été hués dans le cadre de l’affaire Duffy-Wright… Le porte-parole des conservateurs a tenté de calmer le jeu quelques minutes plus tard en s’excusant auprès des journalistes. Le mal était fait.

 

  • Justin Trudeau, le calinours

Le Toronto Sun n’a jamais eu la réputation de faire dans la dentelle. Justin Trudeau, qui a affirmé que la croissance économique doit partir du « cœur vers le haut », a goûté à la médecine de ce tabloïd en étant caricaturé tel un Calinours…

Justin Trudeau Toronto Sun

Nul besoin de dire que cette première page est défavorable au chef du Parti libéral du Canada, qui récolte un déficit de réputation de – 34 490 $*.

 

  • Tom Mulcair rattrapé par son passé

 Bien positionné dans les sondages, Thomas Mulcair était dû pour faire l’objet d’une controverse. Chose faite : un blogueur souverainiste a dépoussiéré une déclaration de M. Mulcair à l’époque où il était député libéral au Québec. Ce dernier vantait les politiques économiques de Margaret Tchatcher. Un sacrilège, selon ses adversaires politiques, puisque le chef du NPD doit représenter la gauche canadienne. La chronique de Patrick Lagacé sur le sujet dans La Presse équivaut à un déficit de réputation
de -28 430 $* pour Thomas Mulcair.

 

  • Kathleen Wynne visible, Philippe Couillard timide

Après avoir fait la vie dure à Stephen Harper en début de campagne, la première ministre de l’Ontario critique désormais le NPD de Thomas Mulcair. Kathleen Wynne, qui fait ouvertement campagne pour Justin Trudeau, a qualifié les idées du chef néo-démocrate d’incomplètes et d’inapplicables.

Mme Wynne est loin de passer inaperçue au cours de cette campagne. Pour sa part, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, s’est fait bien timide avec ses revendications. Une quarantaine d’articles ont été publiés sur la liste d’épicerie de M. Couillard aux partis fédéraux. Toutefois, la moitié de ces articles reprenaient les propos de l’opposition péquiste et caquiste, qui qualifie les requêtes du chef libéral de « mollassonnes ».

 

* Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] http://mesuremedia.ca/ évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.


Caroline Roy
Caroline Roy
Caroline Roy œuvre dans le domaine des communications depuis plus de 10 ans. D’abord journaliste, notamment au Journal de Montréal pendant quatre ans, elle a agi comme analyste principale chez un courtier en information médias, avant de se joindre à l’équipe de Mesure Média en 2013, où elle a rapidement montré sa passion et sa détermination au point d’en devenir associée et vice-présidente dès 2015.