Gestion de crises

Mauvais coups médiatiques : OD Martinique et Hockey Canada

Par Pierre Gince, PRP, ARP, FSCRP   |   24 octobre 2022

Quel est le dénominateur commun entre les vagues qui ont secoué ces derniers jours OD Martinique et le tsunami qui a fait chavirer toute l’équipe de direction de Hockey Canada ?

La réponse ? La société se renouvelle tous les jours.

Le lien ? Tout ce qui touche de près ou de loin à l’intimidation et bien pire encore, c’est « tolérance zéro ». Une « tolérance zéro » qui devient « encore plus zéro » puisqu’elle s’amplifie continuellement – en particulier depuis l’implantation du mot-clic #metoo il y a un peu plus de cinq ans.

Les « petites intimidations », c’est terminé

Si vous n’écoutez pas OD Martinique, vous ne savez pas que Philippe, Isaack et Félix sont trois participants qui viennent d’être expulsés de l’émission.

Pourquoi ? Intimidation. Point à la ligne.

On ne parle pas ici de viol collectif (dixit Hockey Canada), ni d’agression sexuelle. On parle d’intimidation – ce qui, dans un passé pas si lointain, était considéré comme « croustillant » dans les intrigues de télé-réalités.

Aux yeux du public québécois, c’est maintenant terminé. Le niveau de sensibilité est encore rehaussé.

Mais, pour que ça survienne, il aura fallu une séquence :

  • d’abord, de très nombreuses réactions du public dans les médias sociaux;
  • ensuite, le retrait de commanditaires : d’abord les matelas Polysleep, les boutiques Shop Santé, les vêtements Oraki et les bijoux Twenty Compass, puis Couche-Tard et Guru. Au moment d’écrire ces lignes, le Groupe Geloso – Bulles de nuit, Shaker Mixologie – était encore là;
  • puis, une décision de Productions J : « Out ! ». Les images des trois gars seront retirées graduellement (la production enregistre ses émissions trois semaines à l’avance).

Comme le rapportait Hugo Dumas dans La Presse+ jeudi dernier : « Cette décision radicale, du jamais vu depuis l’ouverture du premier chapitre d’OD, en 2003, s’inscrit dans un mouvement de grogne populaire, qui dénote un important changement de culture et de mentalité dans les téléréalités d’ici. Les fans ne tolèrent plus des comportements associés à l’exclusion ou au manque de respect. »

S’ASSOCIER À DES PERSONNES COMPORTE TOUJOURS UN RISQUE DE DÉFICIT DE RÉPUTATION.

Combien ?

C’est ce risque qui vient de se transformer en un déficit de réputation auprès des partenaires de l’émission (ceux qui ont quitté et qui restent), Julie Snyder et Productions J, Noovo, Bell Media et les autres personnes encore sous le soleil de la Martinique.

Le score de performance au bénéfice de Productions J pour cette retombée non sollicitée est de 45 % sur 200 %. Source du visuel : La Presse+
Mercredi soir dernier, Julie Snyder a fait un mea culpa à son émission La Semaine des 4 Julie. Elle a généré un score de performance de 68 % au bénéfice de OD Martinique.
Source du visuel : Noovo.ca
Les pointes de publications A et C sur Twitter démontrent que les épisodes d’intimidation à Occupation Double font jaser sur Twitter depuis plus d’une semaine. En comparaison, la pointe de médiatisation en septembre (pointe B) marquait le début de la nouvelle saison d’OD Martinique.
Source du visuel : Cision

Que faut-il retenir ?

Dans notre industrie, « l’Affaire OD Martinique » devrait allumer une grosse lumière jaune.

LES STRATÈGES EN AFFAIRES PUBLIQUES ET EN MARKETING DOIVENT « LIRE » CETTE SOCIÉTÉ CONTINUELLEMENT NOUVELLE.

Les critères et réflexes qui guidaient les décisions d’affaires et la gestion de crise évoluent continuellement.

Aussi, il y a un bon coup – pas médiatique, mais un bon coup pour l’évolution des mentalités :

LES JEUNES QUI JOUENT AU HOCKEY ET QUI REGARDENT OD MARTINIQUE CONNAISSENT MIEUX LES NOUVELLES BALISES DE « L’ACCEPTABLE EN 2022 ».