Le (mauvais) coup médiatique de la semaine: Raymond Bachand

Quel est le dénominateur commun entre l’ancien ministre Raymond Bachand, le Cirque du soleil, le Bonhomme Carnaval, vous et moi ?

C’est simple : nous sommes tous des marques. Et nous avons tous une réputation à préserver, en toutes circonstances. Jour après jour – qu’il s’agisse d’un produit, d’un service ou d’une personne – il faut redoubler d’ardeur pour construire, protéger et défendre le capital le plus précieux des marques commerciales ou personnelles : la réputation.

QU’IL S’AGISSE D’UN PRODUIT, D’UN SERVICE OU D’UNE PERSONNE : IL FAUT REDOUBLER D’ARDEUR POUR CONSTRUIRE, PROTÉGER ET DÉFENDRE SA RÉPUTATION.

Alors, imaginons la réaction qu’a pu avoir l’ancien ministre Raymond Bachand, tôt lundi matin devant son jus d’orange, alors que TVA et le Journal de Montréal affirmaient qu’il est accusé, par le président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, Yves Francoeur, d’avoir participé à une activité de financement politique pouvant avoir un lien avec du trafic d’influence…

Une crise à plusieurs volets

Depuis lundi matin, le gouvernement Couillard vit une crise à plusieurs volets. L’épicentre, c’est la « crise Jean-Marc Fournier » – l’actuel Leader du gouvernement qui reconnait avoir participé à une rencontre controversée tout en affirmant haut et fort qu’il n’a rien à se reprocher.

Mais, il y a aussi la « crise Raymond Bachand », pour qui la situation est différente : il n’a pas participé à cette rencontre et, malgré cela, il doit se défendre bec et ongles.

« Comment vous défendez-vous de quelque chose qui n’existe pas ? », se questionne à voix haute M. Bachand depuis lundi, lui qui jouit d’une excellente réputation dans différents milieux.

Combien?

Lundi, ce fut « la » nouvelle de la journée, et un sujet très médiatisé mardi et mercredi avec pas moins de 926 mentions dans les médias québécois !

La radio contribue à marteler les nouvelles – bonnes ou mauvaises, selon le point de vue. M. Bachand en a pris pour son rhume…

Nous avons analysé trois des retombées qui ont causé un énorme déficit de réputation à M. Bachand :

  • Journal de Montréal, 18 septembre. Les lecteurs d’un quotidien se font une idée de la principale manchette du jour en… une seconde. Instantanément, M. Bachand s’est retrouvé au banc des accusés, devant le tribunal de l’opinion publique.  Déficit de – 113 200 $ ;
  • « Puisqu’il faut se lever », 98,5 FM, 18 septembre. Même s’il faisait tout pour ménager la réputation de son ex-adversaire politique, Bernard Drainville a contribué à la mauvaise presse dont a fait l’objet M. Bachand. Déficit de – 23 345 $ ;
  • « La Joute », TVA, 18 septembre. Le seul fait de parler de Raymond Bachand dans le cadre d’une situation à laquelle il jure n’être aucunement associé est très dommageable pour lui. Déficit de – 11 715 $.

Chiffrer le déficit de réputation

Comment MM. Bachand et Fournier pourront-t-ils se relever des coups de massue reçus à leur réputation, même s’il restera probablement un fond de suspicion dans l’air ?

Ils auraient tout intérêt à faire ce qui est de plus en plus fréquent : demander à leurs avocats de faire évaluer – en dollars – le déficit de réputation dont ils ont été victimes. Parce qu’il est facile d’imaginer qu’il s’élève à quelques centaines de milliers de dollars pour chacun d’eux…

Il y a sept ans, le « cas Maclean’s » a marqué les esprits. En effet, en septembre 2010, la direction du Carnaval de Québec avait été estomaquée de constater que Bonhomme faisait la une du magazine Maclean’s avec une valise d’argent ! Et qu’il était associé, sans aucune raison, au titre suivant : « The Most Corrupt Province in Canada »…

Grâce à l’outil Mesure D, les avocats représentant les intérêts du Carnaval ont pu faire chiffrer le préjudice médiatique causé à l’organisation et obtenir, de la part du magazine, une importante compensation.

Bien sûr, de telles compensations ne peuvent pas effacer complètement tous les dommages causés directement et indirectement aux réputations. Mais, elles contribuent, d’une part, à évaluer concrètement les déficits de réputation médiatique et, d’autre part, à obtenir des compensations financières qui devraient faire réfléchir deux fois ceux qui se servent des médias pour tirer à boulets rouges sur les réputations…

P.S. Il y a aussi d’autres crises dans cette histoire : la « crise Claude Béchard » – dont la mémoire est écorchée – et, aussi, la « crise Yves Francoeur » dont la réputation a été de plus en plus malmenée au fil de l’évolution de la couverture médiatique.

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

1 commentaire(s)

  1. louise fleischmann 4 semaines auparavant

    Certains groupes de média ne lâcheront pas pour les douze prochains mois – on le sait d’avance… comme diraient nos voisins
    du Sud, FAKE news. Très dommage, car pour le lecteur moyen de nouvelles qui, pour diverses raisons ne font pas d’analyse d’une nouvelle, ce groupe (ou ces groupes) ont une force de frappe qu’ils ne méritent certes pas. Quelle honte!

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