Où sont les maires ?

Plus tôt cette année, j’ai comparé la performance, sur les réseaux sociaux, des maires de Montréal Valérie Plante et Denis Coderre.

Nul doute que les deux plus récents maires de la métropole ont intégré les médias sociaux à leurs stratégies pour mieux communiquer avec les citoyens.

Mais qu’en est-il des maires des autres grandes villes du Québec ? Sont-ils présents et se démarquent-ils sur les médias sociaux, alors que l’opinion publique se cristallise de plus en plus autour des publications – vraies ou fausses – qui circulent sur ces plateformes et que des analystes politiques affirment que c’est maintenant là que se gagnent et se perdent les campagnes électorales ?

Pour cette chronique hebdomadaire, j’ai comparé la performance des huit maires suivants sur Facebook, Twitter et Instagram depuis leur élection du 6 novembre 2017 :

  1. Valérie Plante, mairesse de Montréal
  2. Régis Labeaume, maire de Québec
  3. Marc Demers, maire de Laval
  4. Sylvie Parent, mairesse de Longueuil
  5. Maxime Pedneaud-Jobin, maire de Gatineau
  6. Steve Lussier, maire de Sherbrooke
  7. Yves Lévesque, maire de Trois-Rivières
  8. Josée Néron, mairesse de Saguenay

Qui se démarque le plus ?

Premier constat : les principaux maires du Québec sont loin d’avoir une présence optimale sur les médias sociaux. Et la mairesse de Montréal est dans une classe à part.

Dans ce contexte, je m’attarde surtout aux maires autres que Valérie Plante, d’autant plus que j’ai déjà analysé son activité sociale par rapport à son prédécesseur. Les données sur la mairesse de Montréal sont citées à titre comparatif.

Les maires des grandes villes du Québec misent surtout sur Facebook, ce qui s’avère une bonne décision pour rejoindre le plus grand nombre.

LES MAIRES SONT PEU PRÉSENTS SUR FACEBOOK, ET ENCORE MOINS BAVARDS…

Outre Valérie Plante, seul le nouveau maire de Sherbrooke, Steve Lussier publie une fois par jour en moyenne – pour un total de 157 publications depuis son élection.

Le maire de la 2e plus grande ville au Québec, Régis Labeaume, n’a diffusé que 29 publications depuis le 6 novembre… La plus populaire de ses publications portait sur des publicités de Tourisme Montréal et de l’Office du tourisme de Québec.

Steve Lussier et sa collègue Josée Néron (la nouvelle mairesse de Saguenay) sont les plus performants avec des taux d’engagement respectifs de plus de 3 %. Ce qui signifie que leurs publications suscitent plus d’interactions – soit des « J’aime », des partages et des commentaires – de la part de leurs abonnés. Par contre, ils ont moins d’abonnés que les autres maires, ce qui explique en partie leur haut taux d’engagement.

Le maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque, obtient un fort taux d’engagement, mais il publie peu. Considérant que ses abonnés réagissent beaucoup lorsque leur maire diffuse du contenu sur Facebook, celui-ci devrait songer à s’investir davantage sur cette plateforme.

Pour sa part, la nouvelle mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, a seulement un profil personnel sur Facebook (et non une page de personnalité publique). C’est pourquoi ni son équipe, ni vous ni moi ne pouvons mesurer son impact sur Facebook.

Profils des maires sur Facebook classés par le nombre de publications.

LES MAIRES DES GRANDES VILLES SONT TOUS SUR TWITTER, SAUF RÉGIS LABEAUME.

Seuls quatre des huit maires analysés ont publié sur Twitter depuis le début novembre. C’est d’ailleurs sur cette plateforme que la mairesse de Longueuil, Sylvie Parent, s’active plus d’une fois par jour. Est-ce un choix judicieux ? La question se pose, puisqu’elle cumule peu d’abonnés (482).

Quant à Maxime Pedneaud-Jobin, ses abonnés s’activent peu, comme en témoigne le faible taux d’engagement.

Profils des maires sur Twitter, classés par le nombre de publications.

VALÉRIE PLANTE FAIT FIGURE D’EXCEPTION SUR INSTAGRAM !

Pour Instagram, ce n’est pas compliqué : à part Valérie Plante, les maires y restent timides.

Le maire de Sherbrooke, Steve Lussier, a un compte, mais il ne diffuse aucune photo. Sylvie Parent et Marc Demers commencent à expérimenter cette plateforme si l’on se fie à la dizaine de photos publiées ces dernières semaines.

Il y a peut-être lieu de se questionner sur l’utilisation d’Instagram par ces maires – ne serait-ce que pour rejoindre un public plus jeune.

Un grand potentiel inexploité

Il est étonnant qu’en 2018, les maires des grandes villes du Québec – pourtant entourés de communicateurs pour la plupart jeunes et sensibles aux nombreux changements qui bouleversent les communications – ne soient pas plus présents et pertinents sur les médias sociaux.

Mais, donnons la chance aux coureurs : ils sont encore en début de mandat… Mais, observons au fil du temps, comment les entourages politiques et les permanents qui les appuient parviendront à tirer profit de ce grand potentiel inexploité.

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