Société

Trois ministres du gouvernement caquiste bras dessus bras dessous avec Greenpeace : même un scénariste très imaginatif n’aurait pas osé… Et c’est pourtant arrivé !

Coup de tonnerre en direct à la télévision, mercredi dernier, alors que plus de 400 personnalités québécoises – la plupart de la communauté artistique – ont donné le coup d’envoi au Pacte pour la transition – une démarche québécoise de sensibilisation et de mobilisation envers l’environnement.

Et depuis, à travers les innombrables hommages envers Bernard Landry et le mauvais quart d’heure vécu par Bombardier et son président Alain Bellemare, « le pacte » s’est imposé dans l’actualité – notamment lors d’une marche très médiatisée qui aurait réuni quelque 50 000 personnes à Montréal samedi dernier. Il a été question du pacte partout, continuellement. Et, au moment d’écrire ces lignes, près de 200 000 personnes l’avaient signé. Malgré cela, les travers de cette stratégie ont remonté à la surface.

Combien ?

Près de 1300 retombées dans les médias traditionnels québécois en huit jours – pour une cause louable parmi bien d’autres – c’est énorme.

C’est principalement à la radio et à la télévision qu’il fut question du pacte (plus de 80 % du rayonnement(, bien loin devant le web (15 %) et la presse écrite (4 %).
La répartition de la couverture médiatique est excellente : près de 30 % dans le grand Montréal, plus de 11 % à Québec et une présence significative dans les autres marchés.

En quelques jours, plus de 30 000 personnes se sont abonnées à la page Facebook, et l’organisation a également été active sur les différents médias sociaux.

Lorsque la montée d’un auditoire est aussi rapide, il n’est pas surprenant que le taux d’engagement soit faible (0,27 %).

Les médias qui ont traité la nouvelle sur leurs principales plateformes ont également parlé du pacte sur leurs comptes Facebook. Mais, ce sont les citoyens qui ont été les plus actifs pour commenter favorablement ou non – sur leurs pages personnelles et d’innombrables sites – l’avènement de ce pacte dans l’actualité.

Les médias sont-ils impartiaux ?

De nos jours, il y a encore des adultes qui croient au Père Noel et à l’impartialité des médias. Désolé de vous l’apprendre peut-être, mais ni l’un ni l’autre n’existe…

Privés ou publics, les médias sont dirigés par des individus qui ont des valeurs et des intérêts différents.

Qu’ils soient publics ou privés, à but lucratif ou des OSBL, les médias ont des missions et des plans d’affaires, et ils sont dirigés par des individus qui ont des valeurs et des intérêts différents. Conséquemment, aucune de leurs décisions liées au traitement des nouvelles n’est impartiale…

L’enjeu du pacte illustre très bien cette affirmation puisque, d’un média à l’autre, la couverture a été très différente.

Ainsi, tel que démontré sur sa page Facebook, Ensemble, accélérons la transition énergétique rappelle que le Journal de Montréal y est allé de tirs groupés sur le pacte.

À l’opposé, le quotidien Le Devoir – média par excellence de la communauté culturelle montréalaise – a été beaucoup plus clément dans sa couverture, tout en soulignant les limites de la démarche.

Nous avons analysé quatre retombées :

  • Dominic Champagne lance le Pacte pour la transition pour lutter contre les changements climatiquesLe Québec Maintenant, entrevue diffusée au 98,5 FM, 107,7 FM Estrie, 106,9 FM Mauricie et 104,7 FM Outaouais le 7 novembre 2018.  Toutes les variables sont positives, dont celles-ci : la présentation du sujet, le ton et le traitement journalistique.  Gain de réputation combiné de 17 035 $ pour le Pacte ;
  • Activists confident François Legault gets message on climate change, The Gazette, 9 novembre 2018. Toutes les variables sont positives, dont celles-ci : le titre, l’emplacement dans le média, le ton et les citations. Gain de réputation de 31 240 $ pour le Pacte;
  • Le Pacte et les enfants gâtésJournal de Montréal, 12 novembre 2018. Texte d’opinion de Sophie Durocher.  Majorité de variables négatives dont celles-ci : le titre, le traitement journaliste et le ton. Déficit de réputation de – 12 640 $ pour le Pacte;
  • Moi, je signe, aux élus d’en faire autant !, La Presse+, 10 novembre 2018.  Texte d’opinion signé par l’ex-ministre Michelle Courchesne.  Toutes les variables sont positives ou neutres, dont celles-ci : le titre, le traitement journaliste et le ton.  Gain de réputation de 8 710 $ pour le Pacte.

Et essayons d’imaginer tout le « Plateau Bashing » que le sujet a pu susciter dans certaines radios de Québec…

Pourquoi cette fois-ci et pas les autres ?

On ne compte plus les tentatives de toutes sortes et de toutes parts pour positionner, dans l’actualité, l’avenir de la planète et les actions à poser par les citoyens. Pourquoi un tel succès, cette fois-ci ?

Voici les principaux ingrédients de ce qui a fonctionné et… ce qui n’a pas été réussi :

Ce qui a fonctionné :

  1. Dominic Champagne est un excellent porte-parole. Il allie ténacité (il défend des causes depuis plusieurs années), conviction (son pacte est présenté avec une grande logique) et grande aisance à communiquer. Il n’a pas besoin d’être un scientifique… rien qu’un vulgarisateur ;
  2. Les médias aiment les gestes d’éclat. Or, une conférence de presse qui réunit 400 personnes connues fait la nouvelle ! La rencontre de Dominic Champagne avec le Premier ministre, puis une marche populaire réussie le lendemain ont contribué au momentum médiatique ;
  3. L’accueil du Premier ministre. Seulement deux jours après la conférence de presse, François Legault et sa ministre de l’environnement ont accueilli et écouté Dominic Champagne – au point où trois ministres ont été dépêchés à la marche du lendemain. Mais, sans surprise, le PM n’a pas signé le pacte ;

Ce qui n’a pas été réussi :

  1. Les contradictions des participants. Une fois la première impression spectaculaire passée, les contradictions allaient évidemment jaillir : untel est porte-parole d’une marque d’automobiles, la très grande majorité ont des véhicules à essence et des maisons trop grandes, ils boivent leurs lattés dans des verres jetables, etc. ;
  2. L’événement était « blanc, franco, Plateau ». Malgré son succès, le cri du cœur aurait été bien plus fort si de nombreux gens d’affaires, élus, athlètes et leaders de différents milieux avaient été présents et mis en vedette ;
  3. L’objectif est irréaliste. Un million de Québécois qui allaient signer le pacte… Vraiment ? L’annonce d’un objectif de 200 000 signataires – sur le point d’être atteint – aurait été réaliste, suivie d’une annonce de réussite et, par la suite, l’atteinte d’autres seuils ;
  4. L’impression de se substituer au gouvernement. Une autre marche est prévue à Québec le 27 novembre – premier jour du gouvernement caquiste à l’Assemblée nationale. Il y a un risque que la pression exercée par Dominic Champagne devienne contreproductive…

Chaque semaine, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

Il est probablement tout autant ambitieux qu’opportuniste, et il ne repousse pas les caméras.

Ces traits caractéristiques, qui ont grandement contribué à la réussite en affaires de l’ex-cycliste Louis Garneau, sont maintenant au coeur d’un enjeu de société que des circonstances tragiques l’incitent à promouvoir : le port du casque à vélo.

Rappel des faits

Samedi le 21 juillet dernier, l’ex-athlète olympique a fait une chute de vélo qui l’a passablement amoché : performation à un poumon, importante commotion cérébrale et épanchement de sang au cerveau.

Ce n’était pas suffisant pour empêcher l’une des personnalités les plus médiatisées du monde des affaires au Québec de tirer profit – dans le bon sens du terme – de la situation…

Dès le jour de l’accident, l’entourage de Garneau a diffusé des photos de lui à son arrivée à l’hôpital. Et les médias – qui l’apprécient et qui ont peu de nouvelles à diffuser au cours de l’été – ont suivi son rétablissement, de jour en jour, tout en s’intéressant à son 1001e projet.

L’HOMME D’AFFAIRES TIRERA PROFIT DE LA SITUATION. LA SOCIÉTÉ QUÉBÉCOISE, ET LES CYCLISTES DE LA PLANÈTE TOUT AUTANT… ET MÊME PLUS !

Combien ?

Assez étonnamment, la marque Louis Garneau est loin d’être exploitée à son plein potentiel dans les médias sociaux.

En effet, la page « personnalité publique » de Louis Garneau sur Facebook n’est plus utilisée depuis l’an dernier, et son président utilise plutôt son profil personnel. Considérant sa notoriété, son réseau de 2500 « amis » devrait être beaucoup plus imposant. Sur Twitter, Louis Garneau « retweete » un tas d’informations d’actualités liées à son sport préféré, mais ne semble pas diffuser de contenu original.

Par ailleurs, c’est dans les médias traditionnels que « l’affaire Garneau » a été le plus présente. Ainsi, du 21 au 26 juillet inclusivement, les médias traditionnels québécois ont mentionné pas moins de 558 fois le nom de Louis Garneau, en lien avec cet accident.

558 MENTIONS DE LOUIS GARNEAU LIÉES À CET ACCIDENT !

À eux seuls, le Journal de Québec, le Journal de Montréal et TVA ont consacré, sur leurs différentes plateformes, 196 reportages à cette nouvelle. Il n’y a rien de surprenant à cela puisque Louis Garneau et Québecor sont les deux principaux partenaires de l’événement Granfondo.

La couverture a été répartie aux quatre coins du Québec : 22 % des retombées proviennent des médias de Montréal, 20 % de Québec et il y en a eu partout parce que Louis Garneau est connu partout au Québec.

Source : Facebook de Louis Garneau

Nous avons analysé deux de ces retombées :

  • « Mon casque m’a sauvé la vie », Le Soleil, 23 juillet. Toutes les variables sont positives, dont celles-ci : le titre, l’amorce, la photo, la légende, le traitement journalistique, la position dans la page, la position dans le média, etc. Gain de réputation de 45 062 $ pour Louis Garneau (combiné une et page 3) et de 48 608 $ pour l’enjeu « port du casque à vélo » (combiné une et page 3) ;
  • En quête du « casque le plus sécuritaire au monde », Journal de Québec, 24 juillet. Toutes les variables sont positives, dont celles-ci : le titre, l’amorce, la photo, la légende, le traitement journalistique, la position dans la page, la position dans le média, etc. Gain de réputation de 17 360 $ pour Louis Garneau et de 15 573 $ pour l’enjeu « port du casque à vélo ».

Au bénéfice de qui ?

Très souvent, les gains de réputation (ou les déficits) qui sont associés aux retombées provenant des médias traditionnels et sociaux peuvent être nombreux.

Ainsi, comme on vient de le voir avec les exemples qui précèdent, la marque Louis Garneau – intimement associées à l’homme et à ses produits – profite, au coeur d’une saison idéale de vélo, du gain de réputation de cette couverture de presse.

Toutefois, l’enjeu « port du casque à vélo » est présent dès les premiers reportages, et il a pris plus d’importance à partir du moment où l’homme d’affaire a annoncé qu’il allait lancer un projet de recherche, de concert avec les départements d’ingénierie d’universités québécoises, dans le but de créer le casque de vélo le plus sécuritaire au monde.

Il y a fort à parier que le gouvernement du Québec voudra tirer profit, lui aussi, de tout le rayonnement favorable que les médias traditionnels et sociaux viennent d’accorder au port du casque à vélo. Une campagne conjointe avec Louis Garneau dès le printemps 201 9 ?

 

Cette semaine, mon blogue prend une allure inhabituelle puisque je suis encore secoué par ce que vit mon amie.

Nous ne sommes pas des intimes, mais j’ai beaucoup côtoyé la comédienne et ex-Madame Uniprix Anick Lemay et je l’estime beaucoup. Elle est une femme de parole et de rigueur.

J’ai donc choisi de mettre presque toutes les données de côté afin d’écrire à Anick. Et de vous mettre en c.c.

Chère Anick,

Réalisais-tu ce que tu allais provoquer comme réactions, à partir du 9 avril dernier, lorsque tu as publié une première chronique dans Urbania ?

Lorsqu’ils reçoivent un verdict de cancer comme un coup de masse sur un doigt qui devient rapidement violet, beaucoup de gens s’écroulent… en gardant leur douleur en dedans. Comme s’il n’y en avait pas déjà suffisamment.

Toi, avec ta si jolie tête de cochon, tu as décidé de t’exprimer. Haut et fort. Et régulièrement. Parce que ça te ferait le plus grand bien. Et aussi, tu t’en doutais certainement, tu allais le faire au nom de tous ceux et celles qui n’ont ni plume ni tribune.

Tu as écrit d’innombrables cris du cœur à toutes les syllabes, dont ceux-ci :

« Je m’appelle Anick Lemay, j’ai 47 ans et j’ai le cancer du sein.

J’ai envie de prendre cette tribune pour prendre ta main et te faire découvrir, en même temps que moi, ce nouvel univers. En temps réel. C’est ça, 2018, non? L’instantané?

Mais si tu embarques, faut que tu sois averti : y’aura pas de filtre. Pas de Photoshop, pas de mise en scène. »

Tu as su nous sidérer dès ta première chronique intitulée Le gouffre lumineux. Puis, tu nous as donnés le goût de te t’accompagner dans la souffrance. C’est réussi : nous tremblons et paniquons en jaquette d’hôpital, nous aussi.

Dès le départ, tu nous avais donné l’heure juste – très juste, en fait. Alors, on savait à quoi s’en tenir – du moins, on se l’imaginait. Et, comme si tu ne voulais aucune équivoque avec nous, tu as choisi la totale : les mots allaient nous ébranler et les photos allaient nous chavirer. Une seule photo par chronique allait suffire.

Il y a eu aussi Mon manège à moi, puis Mon élastique. Ces chroniques sont du même calibre que la première et on dirait que tu prends un malin plaisir à les écrire en t’assurant de faire pleurer aussi les hommes…

Le public habituel d’Urbania est fidèle au rendez-vous et un nouveau bassin de lecteurs s’est ajouté : celui de tes films et téléromans.

Urbania, qui diffuse du contenu très varié et compte plus de 120 000 abonnés sur Facebook, a un taux d’engagement de 0,36 % – ce qui est dans la norme.
Lors de la publication du premier blogue d’Anick Lemay, le taux d’engagement est rapidement monté à 2 % et de très nombreux commentaires d’appui ont jailli.

Te connaissant, tu n’as certainement pas choisi une stratégie de presse. Mais, tu as décidé, instinctivement – à travers tout ce qui te bouleversait – de contrôler le premier message qui allait être diffusé.

Ta première chronique a été beaucoup plus originale et percutante que ce qu’auraient été portés à faire, dans ta situation, probablement 98 % des agents et personnalités : diffuser un communiqué de presse…

Cette chronique a remplacé le bon vieux communiqué « réflexe » et les entrevues puisque tout ce que tu souhaitais transmettre l’a été d’un seul coup dans Urbania. Ainsi, il n’y a pas eu de rumeurs rocambolesques.

Et, une fois de plus, tu auras été originale puisque, grâce à toi, Urbania est devenu, sans doute pour la première fois, une source pour les journaux à potins du showbiz !

GRÂCE À TOI, URBANIA EST DEVENU UNE SOURCE POUR LES JOURNAUX À POTINS DU SHOWBIZ !

Trois chroniques ne nous suffisent pas. J’attends la suite. Même si j’aurai encore mal… tout en me disant que ce n’est vraiment pas si grave d’avoir mal en lisant. Ça doit faire beaucoup plus mal lorsque tu écris.

Salut, mon amie. Je t’embrasse en étant convaincu que tu seras toujours aussi belle.

Pourquoi parler de harcèlement cette semaine ?

Parce qu’au cours des derniers jours, le Groupe Juste pour rire a été blâmé publiquement pour sa gestion qui, selon d’ex-employés, serait marquée par du harcèlement psychologique.

Comme si elle n’avait pas été suffisamment entachée depuis le 18 octobre dernier – lorsque le ciel est tombé sur la tête de son fondateur Gilbert Rozon – la réputation de la marque Juste pour rire vient d’en prendre solidement pour son rhume…

EN JANVIER SEULEMENT, LES MÉDIAS TRADITIONNELS QUÉBÉCOIS ONT ASSOCIÉ 320 FOIS LA MARQUE JUSTE POUR RIRE AU HARCÈLEMENT.

Tolérées socialement jusqu’à récemment, les diverses formes de harcèlement font maintenant partie de l’actualité.

Si certaines entreprises et organisations, telles Juste pour rire, sont visées, de nombreuses autres modifient leurs codes de conduite et d’éthique – notamment la Ville de Montréal, l’Université de Sherbrooke et l’Université du Québec à Chicoutimi. Cet enjeu de société fait même l’objet de conférences dans les milieux d’affaires.

Le harcèlement : un enjeu qui peut faire mal…

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la marque Juste pour rire ne fait pas rire ces temps-ci…

JUSTE POUR RIRE : UNE MARQUE EMPLOYEUR ÉBRANLÉE.

Il est tout-à-fait normal que le climat de travail soit tendu dans les entreprises dont la mise en vente est connue de tous. Mais, c’est encore pire lorsqu’un contexte tel que celui reproché par d’ex-employés de Juste pour rire retient l’attention des médias.

Regardons le déficit de réputation généré par seulement deux des 320 retombées négatives portant sur Juste pour rire et le mot clé « harcèlement » :

Même le droit de réplique accordé ce jour-là par La Presse+ à la nouvelle PDG, Mme Guylaine Lalonde, a généré un déficit de réputation pour la marque Juste pour rire…

Contrairement aux chroniques habituelles, celle-ci ne porte pas sur une marque, une organisation ou une personnalité. Elle porte sur… la prise de parole de victimes et l’écoute que leur ont accordée les médias.

Il m’apparait évident que c’est la prise de parole de l’actrice américaine Alyssa Milano à Hollywood, le 15 octobre dernier, qui aura probablement eu raisons des carrières de MM. Éric Salvail et Gilbert Rozon…

Lorsque tombe le premier domino, on ne sait jamais quelle sera la force de l’impact et la durée de ce qui suivra.

Ainsi, dans le cas qui nous intéresse, qui aurait pu imaginer – même dans les scénarios les plus spectaculaires d’Hollywood – que le tweet d’une actrice américaine donnerait vie, au Québec, au hashtag #MoiAussi ? Et que le mouvement prendrait une telle ampleur, en seulement quelques jours, qu’il allait inciter de nombreuses femmes et hommes à dénoncer, dans La Presse+, Le Devoir et quelques autres médias, des comportements inacceptables ?

Dans cette foulée, Nathalie Simard a repris la parole pour rappeler la vie d’enfer qu’elle a vécue aux mains de son ex-gérant, et on apprend que Me Marcel Aubut est officiellement poursuivi.

Un déficit de réputation qui est amplifié… de minute en minute !

Il n’y a aucun doute que la journée du 18 octobre 2017 aura été la pire qu’auront connu, dans toute leur vie, les « incontournables » – ou plutôt « ex-incontournables » – du show-business Éric Salvail et Gilbert Rozon.

Voici quelques données colligées jeudi à 12 h 00 alors que, comme c’est le cas avec les compteurs des déficits budgétaires des gouvernements, le déficit de réputation est amplifié de minute en minute pour ces deux personnalités :

Éric Salvail

EN UNE SEULE JOURNÉE, LE DÉFICIT DE RÉPUTATION D’ÉRIC SALVAIL DANS LES MÉDIAS QUÉBÉCOIS A FRANCHI LE CAP DE 1 MILLION $. DU JAMAIS VU!

À lui seul, le dossier de La Presse + a généré un déficit de réputation de – 130 000 $ à l’animateur ; il s’agit du reportage qui a déclenché la crise que vit Éric Salvail ;

Même le Toronto Star a traité de cette affaire, ajoutant sa contribution : un déficit de réputation de – 45 660 $ ;

Entre mercredi matin et jeudi à 12 h 00, dans les médias traditionnels du Québec, son nom a été associé plus de 2 354 fois à une inconduite de nature sexuelle et aux effets négatifs que cela a entrainé pour lui : suspension de ses émissions à la radio et à la télévision, retrait de ses commanditaires, etc ;

Gilbert Rozon

LA RÉPUTATION DE GILBERT ROZON SUBIT ÉGALEMENT UN IMPORTANT DÉFICIT À L’ÉTRANGER, OÙ IL EST OMNIPRÉSENT.

Amorcée en début de soirée dans les médias, « l’Affaire Rozon » a rapidement fait boule de neige, venant se greffer à « l’Affaire Salvail » qui était rapidement devenu le principal sujet d’actualité depuis mercredi aux aurores.

Puis, le 98,5 FM et Le Devoir ont donné un coup de tonnerre tôt jeudi matin, alimentant, comme ce fut le cas la veille, toutes les stations de radio et de télévision du Québec et les médias sociaux.

La puissance des médias traditionnels

Ces deux « affaires » ont démontré une fois de plus la pertinence des médias traditionnels – notamment La Presse +, Le Devoir, 98,5 FM, ICI Radio-Canada et TVA : les trois premiers pour avoir diffusé des dossiers très étoffés grâce à des témoignages sur MM. Salvail et Rozon, les deux autres pour avoir contribué à du journalisme de qualité.

Non seulement les victimes ont pu parler, mais elles ont été enfin écoutées et crues.

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine.

Note: Après avoir tenu compte du coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

Ruth Ellen Brosseau

Entre le « jingle » de Maxime Bernier, les surplus d’Ottawa et le retour de Jean Chrétien, la 7e semaine de campagne électorale ne soulève pas encore de grande passion.

Le tournoi de golf du Canadien de Montréal est venu nous le prouver, alors que plusieurs médias semblent plus préoccuper par le choix du prochain capitaine du CH que par celui du premier ministre du Canada.

 

Les gains :

1- Surplus d’Ottawa : enfin une bonne nouvelle pour Stephen Harper

L’affaire Duffy, la récession, la crise des migrants… Le chef des conservateurs a été écorché par l’actualité depuis le début de la campagne. M. Harper a toutefois de quoi se réjouir cette semaine, alors qu’Ottawa annonce un surplus de 1,9 milliard dans ses coffres. La nouvelle, favorable aux conservateurs, s’est retrouvée en une du Toronto Star, du Globe and Mail, du National Post et du Ottawa Citizen, pour ne citer que ceux-là. L’article en une du Globe and Mail représente un gain de réputation de 71 885 $ pour Stephen Harper et ses troupes, selon l’outil d’analyse de presse mesure [d].

À cela, s’ajoute le verdict de la Cour d’appel, permettant le port du Niqab, aux cérémonies de citoyenneté. Avec sa décision d’amener la cause en Cour suprême, le gouvernement Harper a l’actualité de son côté cette semaine.

 

2- Après le Stampede, le Festival western de St-Tite

L’Alberta a son Stampede, où les politiciens se présentent chaque année en juillet. Mais le Québec n’est pas en reste avec le Festival western de St-Tite, qui se déroule cette année en pleine campagne électorale. Plusieurs candidats, tous partis confondus, y voient l’occasion d’aller y serrer des mains. Chaussés des traditionnels bottes et chapeaux de cowboys, Denis Lebel, Ruth Ellen Brosseau et Alexandre Boulerice sont, notamment, allés faire leur tour à St-Tite.

Denis Lebel
Source : La Presse

Pendant ce temps, le Regroupement majeur des événements internationaux interpellent les partis fédéraux pour savoir comment ils soutiendront les festivals, comme celui de St-Tite. À cet appel, les candidats restent plutôt muets…

 

3- Jean Chrétien revient à l’avant-scène

La sortie de Jean Chrétien, aux côtés de Justin Trudeau, n’est pas passée inaperçue dans les médias. Plus de 515 articles ont été publiés dans la presse écrite et sur le web à travers le Canada. M. Chrétien en a profité pour égratigner M. Harper sur les réfugiés syriens et le NPD, sur la question référendaire. Même si Thomas Mulcair a répliqué en comparant Jean Chrétien aux Classels… l’appui de l’ex-premier ministre du Canada représente, sans contredit, un gain médiatique pour Justin Trudeau.

 

4- Les jeunes, allez voter !

Radio-Canada lance une initiative intéressante pour inciter les jeunes à voter pour la première fois à une élection fédérale. Sachant que le taux de participation des jeunes à un scrutin est bas, la société d’État a lancé le projet #1ervote. On invite les jeunes de 18 à 22 ans à parler des enjeux qui les préoccupent dans des vidéos de 15 secondes diffusées sur Instagram, cette plateforme sociale de plus en plus populaire. Reste à voir si les jeunes participeront à cette initiative, mais surtout, s’ils iront voter davantage le 19 octobre !

 

Les déficits :

1- En chanson, Maxime Bernier abandonne les conservateurs

Dans un message radio diffusé dans sa Beauce natale, le député conservateur et ministre Maxime Bernier fait cavalier seul. Il y fait tourner un « ver d’oreille » qui ne parle que de lui, « un gars qui nous ressemble », sans aucune allusion à sa formation politique.

C’est un plus pour Maxime Bernier, qui aura réussi à faire parler de lui, grâce à cette publicité, en plein milieu de la campagne. Un reportage sur le député de Beauce, diffusé lundi au Téléjournal 18h, lui vaut un gain de réputation de 7 800 $.

Mais c’est aussi un moins pour M. Bernier… Déjà un électron embêtant pour les conservateurs – rappelons-nous l’affaire Julie Couillard – voilà que le candidat joue à un jeu bien dangereux : visant à être réélu sans se soucier de son parti, il pourrait se retrouver dans l’opposition… ou sur les banquettes d’arrière-ban si Stephen Harper redevenait Premier ministre…

 

2- Quand le Canadien fait de l’ombre aux élus

caricature campagne électorale
Source : Le Journal de Montréal

Jusqu’à maintenant, cette campagne électorale ne soulève pas les passions. Le tournoi de golf annuel du Canadien de Montréal est venu nous le rappeler de belle façon, il y a quelques jours. Si l’on se demande qui sera le prochain élu à la tête du Canada, force est d’admettre que le choix du prochain capitaine du CH motive davantage bon nombre de Québécois, sans parler des médias… Le Journal de Montréal a consacré sa une et 12 pages au tournoi de golf de nos glorieux. La Presse n’est pas en reste avec 4 pages complètes et une photo de Max Pacioretty sur sa une. À quand une pareille couverture pour les partis fédéraux ?

 

 

3- La Pennsylvanie, nouvelle terre d’accueil du Bloc

Un internaute perspicace a découvert lundi qu’une publicité du Bloc, visant les agriculteurs québécois, utilisait un paysage de campagne de la Pennsylvanie… Le Bloc a retiré rapidement la photo des médias sociaux, mais le mal était fait. Si quelques heures plus tôt, Gilles Duceppe avait rencontré Denis Coderre, c’est plutôt cette bourde publicitaire, qui a résumé le début de la semaine du Bloc. Pour un parti en mal de bonne visibilité médiatique, ça fait mal. Cette histoire, publiée dans Le Journal de Montréal, représente un déficit de réputation de – 8 894 $ pour le Bloc québécois.

publicité bloc québécois

 

4- Justin Trudeau ne chiffre pas sa plateforme électorale

Voilà une nouvelle qui n’a pas fait grand bruit dans un contexte où l’économie occupe une place importante dans cette campagne. Si l’on se fie à un article de La Presse Canadienne, diffusé mardi, Justin Trudeau ne publiera pas le coût total de sa plateforme électorale. Selon le chef des libéraux, nul besoin de chiffrer sa plateforme dans la mesure où il détaille les dépenses liées à chacune de ses promesses. Alors que l’incertitude économique plane sur le Canada, M. Trudeau fait le pari de ne pas dévoiler son cadre financier. Ce choix lui nuira-t-il, ce soir, durant le débat sur l’économie ?

Le choix du nouveau chef du Parti québécois fait déjà partie des plus importantes nouvelles politiques de l’année 2015.

Pierre Karl Péladeau sera couronné à moins d’un revirement de situation inattendu.

Les liens entre la politique et les médias ont été au cœur des débats de cette course à la chefferie.

Plusieurs s’inquiètent du type de couverture médiatique que PKP peut recevoir en étant actionnaire du plus important groupe de presse au Québec, soit Québecor.

Sans grande surprise, Pierre Karl Péladeau a été plus médiatisé que les autres candidats à la direction du PQ.

Si l’on analyse le simple volume de mentions (sans pondération) des aspirants chefs du PQ dans les médias du Québec, voici la part de chacun depuis le 18 octobre 2014 (date du début de la période de mise en candidature).

En gros, dans les journaux du Québec, PKP obtient le tiers des mentions et les autres candidats se partagent le reste :

Chefferie PQ
L’autre question que certains se sont posés : est-ce que les médias de Québecor couvrent trop leur ancien patron par rapport aux autres candidats ?

Comparons le volume de mentions des candidats dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec vs La Presse et Le Soleil (depuis le 18 octobre 2014) :

Chefferie PQ

Ainsi, PKP accapare 34 % du volume de mentions accordé aux six candidats dans La Presse et Le Soleil, et 39 % de celles du Journal de Montréal et du Journal de Québec. L’écart est peu significatif.

Certains reprocheront aux médias de Québecor de couvrir plus favorablement PKP… D’autres diront que les médias de Gesca ou Radio-Canada sont les plus critiques à l’endroit de PKP…

Qui dit vrai ? Au-delà du volume de mentions, il faut aussi s’intéresser au poids santé, soit la valeur qualitative de la médiatisation du député de St-Jérôme.

À titre de comparaison, le rassemblement de Pierre Karl Péladeau, réunissant plusieurs artistes au National, lui a valu un gain de réputation :

Il s’agit ici d’un simple exemple qui ne permet de tirer aucune conclusion. Seule une analyse plus approfondie de la couverture accordée à PKP peut confirmer ou non certaines impressions.

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

Qui peut se vanter, au Québec, d’avoir été caricaturé à une vingtaine de reprises en une semaine ?

Primes de 215 000$ comme médecin, livres dans les écoles, fusion de commissions scolaires, fouilles à nu respectueuses, prime de départ de 155 000 $… En moins d’un an, l’ex-ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, s’est révélé une source inépuisable de controverses « payantes » pour les médias.

Alors que la Commission Charbonneau – qui a alimenté pendant deux ans les médias québécois en scandales de toutes sortes – a quitté les feux de la rampe, il faut bien trouver d’autres matières à controverses ! 

D’ailleurs, si les mêlées de presse avant l’entrée des ministres au caucus est autant couverte, en direct, sur les chaînes d’info continue, c’est parce que la commission Charbonneau ne siège plus…

Dans ce contexte, Yves Bolduc était devenu le souffre-douleur médiatique par excellence. Le docteur Bolduc répondait assidûment aux questions des journalistes, et ces derniers étaient presque certains d’obtenir une déclaration qui leur permettrait d’occuper les ondes pendant une journée entière… et même plus !

La question qu’il faut désormais se poser : qui remplacera Yves Bolduc comme souffre-douleur des journalistes politiques ? Car il y en aura un… mais qui ?

 La risée des caricaturistes

J’ai déjà rédigé un blogue sur pourquoi il ne faut pas hésiter à analyser sa couverture de presse négative. Les organisations – politiques ou autres – ne veulent pas toujours se faire dire jusqu’à quel point elles récoltent une couverture défavorable… Mais parfois, c’est nécessaire pour prendre des décisions éclairées.

C’est sans doute à cet exercice douloureux – mais essentiel – que le cabinet Couillard s’est prêté avant de décider (finalement) de remercier Yves Bolduc. 

Pour vous donner une idée du degré de couverture négative à l’endroit de l’ex-ministre, il suffit de répertorier les récentes caricatures à son sujet.

Depuis le 18 février, il s’est publié :

Pour un grand total de 22 caricatures – toutes négatives ! – en une semaine !

Et ce décompte ne comprend pas tous les quotidiens du Québec…

À elles seules, ces 22 caricatures représentent, pour Yves Bolduc, un déficit de réputation de – 103 345 $, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d *. Et c’est sans compter les innombrables commentaires qui en ont découlé à la radio et à la télévision…

 Le Journal de Montréal s’est même gâté un peu, avant qu’Yves Bolduc disparaisse complètement du radar, en publiant 21 photos drôles du ministre déchu…

À lui seul, cet article illustre pourquoi les médias s’ennuieront d’Yves Bolduc !

Déficit accumulé

Dès le départ, Yves Bolduc a connu un règne ardu.

En plein été, alors que les médias ont peu de nouvelles à se mettre sous la dent, il a dû justifier une prime controversée de 215 000 $ pour avoir accepté davantage de patients alors qu’il était député dans l’opposition.

Il y a tellement eu de mises au point dans ce dossier qu’on ne se souvient plus si le ministre a remboursé ou non sa prime, en totalité ou en partie, quand et à qui a-t-il donné l’argent… Bref, de quoi alimenter les médias pendant tout le mois de juillet !

Par exemple, l’entrevue de l’ex-ministre de la Santé Claude Castonguay  au Téléjournal 18h de la SRC, qui demande la démission d’Yves Bolduc, a valu à ce dernier un déficit de réputation de – 27 770 $, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d*.

C’est l’accumulation de tous ces faux pas et ces controverses dans les médias qui ont eu raison d’Yves Bolduc en politique.

Comme quoi, il faut parfois se décoller de l’arbre, évaluer l’impact de sa couverture négative et prendre les décisions qui s’imposent… ce qu’ont fini par faire le Premier ministre et son entourage.

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

Il ne fait aucun doute : le choix du prochain chef du PQ sera parmi les grosses nouvelles politiques en 2015.

Si l’on se fie aux sondages, Pierre Karl Péladeau est presque déjà couronné. Dans ce contexte, PKP est-il trop couvert par les médias ? Quelles miettes médiatiques reste-t-il pour les autres candidats à la chefferie du Parti québécois ?

Récemment, des adversaires de PKP à la direction du PQ se sont plaints au chroniqueur du quotidien Le Soleil, Gilbert Lavoie, de l’immense attention médiatique dont bénéficie l’ex-dirigeant de Québecor.

Dans sa chronique intitulée « La notoriété de PKP déséquilibre la couverture des médias », Gilbert Lavoie cite, sous le couvert de l’anonymat, l’un d’eux : « Pierre Karl a des réponses à donner, mais si les médias le couronnent à l’avance… Parce que les médias estiment que c’est réglé, ils lui accordent plus de couverture. Et en lui accordant plus de couverture, ils accréditent l’idée que c’est réglé. »

Toujours dans cette chronique, un autre candidat, qui s’exprime aussi anonymement, s’indigne que le réseau LCN ait couvert pendant une heure complète, le lancement de campagne de PKP le dimanche 30 novembre (aucun autre candidat n’a eu droit à un tel traitement).

« Ça vaut combien d’argent, une heure en direct à LCN ? », demande-t-il. 

Qu’en est-il vraiment ? Les adversaires de PKP ont-ils raison de critiquer la couverture média dont il fait l’objet ? Combien coûte vraiment une heure d’antenne à LCN le dimanche après-midi ?

Regardons les chiffres…

D’abord, une heure à LCN, en plein cœur de l’après-midi du 30 novembre valait la somme ridicule de 1 890 $, selon une estimation effectuée par l’agence Touché! phd. Il y avait seulement 2 600 téléspectateurs à l’écoute par tranche de 30 secondes ; rien pour s’étouffer…

Le dimanche après-midi, ça n’a rien à voir avec le primetime du matin ou l’heure du souper !

En comparaison : 30 secondes de publicité coûtent en moyenne 800 $ (tarif non-négocié) durant l’émission matinale de Paul Arcand au 98,5 FM. Si on extrapole, c’est donc 96 000 $ pour une heure de temps d’antenne chez Arcand. On est loin du coût de LCN le dimanche après-midi…

pierre karl péladeau caricature
Source : Hervé Philippe, La Tribune

 

PKP vs les autres

Maintenant, comparons jusqu’à quel point Pierre Karl Péladeau est plus médiatisé que les autres candidats à la direction du PQ.

Si l’on analyse le simple volume de mentions (sans pondération) des aspirants chefs du PQ dans les médias du Québec, voici la part de chacun depuis le 18 octobre 2014 (date du début de la période de mise en candidature) :

Candidats

%

Pierre Karl Péladeau

32 %

Martine Ouellet

17 %

Bernard Drainville

16 %

Alexandre Cloutier

15 %

Jean-François Lisée

14 %

Pierre Céré

5 %

 

100 %

 

En clair, PKP obtient le tiers du volume de mentions ; les autres se partagent les deux tiers du gâteau restant.*

PKP est donc deux fois plus mentionné en lien avec la course à la chefferie du PQ que les candidats Ouellet, Drainville, Cloutier et Lisée.

L’autre question – plus importante aux yeux des adversaires de PKP : est-ce que les médias de Québecor couvrent trop leur ancien patron par rapport aux autres candidats ?

Comparons le volume de mentions des candidats dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec vs La Presse et Le Soleil : 

 

La Presse /
Le Soleil

JdeM / JdeQ

Pierre Karl Péladeau

35 %

40 %

Jean-François Lisée

19 %

15 %

Martine Ouellet

14 %

14 %

Bernard Drainville

14 %

12 %

Alexandre Cloutier

13 %

13 %

Pierre Céré

6 %

5 %

 

100 %

100 %

 

Ainsi, PKP accapare 35 % du volume de mentions accordé aux six candidats dans La Presse et Le Soleil, et 40 % de celles du Journal de Montréal et du Journal de Québec. L’écart est non significatif.

 

Poids santé

Mais les plus malins reprocheront peut-être aux médias de Québecor de couvrir plus favorablement PKP que les autres groupes de presse…

Car au-delà du poids médiatique, il faut aussi s’intéresser au poids santé de la couverture de presse.

Si on est hyper-médiatisé, mais que l’on reçoit uniquement de la couverture négative, ça cause plus de tort que de bien ! À l’inverse, si notre couverture est favorable, là, ça devient avantageux !

Parmi les retombées de presse qui semblent avoir fait jaser au sein des troupes péquistes, on retrouve un reportage sur « La semaine gourmande de Pierre Karl Péladeau », signé par Thierry Daraize.

Combien vaut ce reportage publié à la fois dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec ?

Compte tenu que PKP y est présenté sous son plus beau jour, il s’agit d’un gain de réputation de 71 820 $ pour lui, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d]**. Une retombée de presse très payante pour l’ex-magnat de la presse.

Sur les médias sociaux, plusieurs ont aussi souligné – pour ne pas dire raillé – que l’agence QMI, propriété de Québecor, ait élu PKP personnalité de l’année 2014. Bref, le débat est lancé.

En somme, tous les médias, qu’ils soient propriété de Québecor ou non, couvrent abondamment PKP et laissent des miettes aux autres candidats à la direction du PQ.

Mais si en plus, l’homme d’affaires, devenu politicien, bénéficie d’une visibilité plus favorable, complaisante et glamour que les autres candidats – pensons au mariage qui s’en vient – on pourra vraiment parler, à ce moment-là, d’un avantage médiatique marqué pour PKP.

 

* La recherche a été effectuée dans la base de données Eureka.cc dans les journaux, sites Web, radio et télévision du Québec.

** Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

La semaine dernière, ce blogue vous proposait notre palmarès des « tops » et des « flops » de l’été 2014. Mais puisque la récente saison chaude s’est avérée riche en faux pas médiatiques, nous récidivons cette semaine, à la demande générale, avec la suite de nos « fameux » flops de l’été. 

 

1- Trivago : Ça ne devait être qu’une publicité vantant un site Web de réservation d’hôtels. Mais Trivago est devenu « Le » sujet par excellence pour les chroniqueurs médias, qui ont dénoncé l’incessante diffusion de cette pub, qui met en vedette une jeune voyageuse qui se tortille dans son lit d’hôtel (qui n’existe même pas !)  à Venise. La chronique d’Hugo Dumas dans La Presse vaut un déficit de réputation de – 26 085 $ pour Trivago. Le blogue de Marie-Claude Ducas, sur le site du Journal de Montréal, représente, quant à lui, un déficit de – 1 756 $ au détriment de Trivago, selon notre outil d’évaluation des médias, mesure [d]*.

trivago

2- Guêpes : La mairesse de La Prairie, Lucie F. Roussel, est morte tragiquement au cours de l’été après avoir été piquée par de nombreuses guêpes. Nous le savons tous, les nids de guêpes sont dangereux. Mais en pleine saison creuse, les médias se sont fait un plaisir de nous le rappeler. Qui n’a pas entendu un spécialiste des insectes se prononcer sur la soudaine peur des guêpes ? L’entomologiste Georges Brossard s’en plaignait d’ailleurs sur les ondes du 98,5 FM. Les guêpes ont fait l’objet de 755 mentions dans les médias québécois cet été. En 2013, pendant la même période, nous avons recensé 550 mentions. Quelle mouche a piqué nos médias ?

 

3- Procès de Lise Thibault : Quelle source de distraction que ce procès en plein cœur des vacances de la construction ! Les citations surréalistes de l’ex-lieutenant gouverneure du Québec ont fait rire autant dans les médias traditionnels que sociaux. Meilleur qu’un spectacle d’humour ! Des blogueurs se sont payé sa tête, dont Mathieu Charlebois du magazine L’actualité. Lise Thibault affirme qu’elle lisait huit journaux par jour comme un chef d’État doit les lire… Parions que cette couverture médiatique l’a découragée à faire analyser ce qui se dit à son sujet…  

 

4- Serge Losique et le FFM : C’est sans doute le miracle de l’été ! Le Festival des films du monde de Montréal (FFM) a eu lieu, malgré une couverture terriblement négative et des bailleurs de fonds absents. La virulente lettre de Danièle Cauchard, la directrice du FFM, contre la présidente de la Sodec, Monique Simard, a provoqué la démission du directeur des communications du festival, qui était en poste depuis 15 ans. De nombreux artisans du cinéma ont dénoncé les agissements du FFM. Bref, une gestion de crise désastreuse !

La chroniqueuse Nathalie Petrowskia néanmoins senti le besoin de défendre le FFM dans sa chronique du 5 juillet dans La Presse. Une rare voie positive qui représente un gain de réputation de 38 575 $* pour le FFM, selon notre outil d’évaluation des médias, mesure [d]. Un léger baume sur la plaie

serge losique FFM

 

5- Postes Canada : Ragaillardi par ses vacances estivales, le maire de Montréal, Denis Coderre, est tombé à bras raccourcis sur Postes Canada à la mi-août. « Immonde et même stupide », a-t-il dit à propos des clients handicapés qui devront obtenir des billets de médecin pour avoir leur courrier livré à domicile. Un reportage de TVA sur la réaction du maire Coderre cause un déficit de réputation de – 9 175  $* pour Postes Canada.

 

6- Information internationale : Commençons par la bonne nouvelle : l’actualité internationale a occupé davantage d’espace dans nos bulletins d’information ces dernières semaines : Gaza, Ukraine, Syrie, Irak, l’Ebola en Afrique, etc. Toutefois, dire qu’il s’agit de mauvaises nouvelles est un euphémisme… Avec le retour dans l’actualité de la commission Charbonneau, de la course à la chefferie du PQ, du projet de loi 3, ces enjeux internationaux risquent de passer de la page une à la page 20 de nos journaux. Il ne s’agit donc pas d’un « flop » à proprement parler, mais d’un triste constat…

 

7- Tony Accurso : Alors que nous venons d’apprendre que son yacht a trouvé un acheteur, Tony Accurso a échoué cet été dans l’une de ses dernières tentatives pour éviter de comparaître à la commission Charbonneau. L’homme d’affaires doit témoigner cette semaine à la CEIC. Le dernier « flop » de l’été serait-il encore à venir ? 

Tony Accurso et son yacht
Source : TVAnouvelles.ca

 

8- Eddy Savoie : Ce dernier nous a été suggéré par quelques lecteurs désireux de le retrouver parmi nos « flops » de l’été. Le président des Résidences Soleil a bien mal commencé le mois de mai en devant dévoiler sa fortune de 1,5 milliard de dollars. Et son mois d’août se termine tout aussi mal alors qu’il doit remettre 300 000 $ à la fille d’une ancienne résidente qu’il poursuivait en diffamation. Pour Eddy Savoie, il s’agit d’un « flop », mais pour les victimes de poursuites-bâillons, avouons qu’il s’agit plutôt d’une « victoire » de l’été !

 

Est-ce d’autres « flops » nous auraient échappé ? Merci de commenter !

Pour lire le premier volet de nos « tops » et nos « flops » de l’été 2014. 

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.