Tops & Flops médiatiques

Les Flops médiatiques de juillet à décembre 2022

Par Caroline Roy   |   5 décembre 2022

Pour plusieurs personnalités, marques et organisations, l’année 2022 se termine, malheureusement, avec d’importants déficits de réputation…

Les cinq cas choisis – et les nombreux autres qui ont été laissés de côté, faute d’espace – sont liés par un même dénominateur commun : avant qu’il y ait eu crise médiatique, de mauvaises décisions de gestion ont été prises.

Voici ce qui a surtout retenu l’attention de l’équipe de Mesure Média dans les médias sociaux et traditionnels :

Source des visuels : Noovo, lapresse.ca, CTV News, Hockey Canada

Hockey Canada

Ce sont des erreurs découlant directement d’une culture organisationnelle d’un autre siècle qui ont fait chuter – de façon drastique – la réputation de l’organisme Hockey Canada.

La première erreur, c’est de ne pas avoir bien « lu » une société en évolution continuelle.

NE PAS TENIR COMPTE DES VICTIMES D’AGRESSION SEXUELLE, AUJOURD’HUI, C’EST DÉMONTRER QUE L’ON VIT AU SIÈCLE DERNIER.

La seconde erreur, c’est d’avoir cru que l’on pouvait gérer une organisation de cette importance « à la bonne franquette », en jouant avec les comptes bancaires. Ça voulait donc dire transgresser une règle non écrite qui ne respecte pas les valeurs des joueurs, des entraineurs et des arbitres, des parents et des partenaires financiers privés et publics.

Dans 25 ans, dans les universités, on enseignera encore ce cas très mal géré.

D’un océan à l’autre et de façon unanime, les journalistes et analystes ont critiqué la gestion de Hockey Canada. Ici, le chroniqueur Alexandre Pratt a généré, selon Mesure Média, un score de performance de -140 % sur -200 % au bénéfice de Hockey Canada.
Source du visuel : La Presse+
Au pire de la crise, la couverture médiatique a été différente au Québec et ailleurs au Canada. Source du visuel : Mesure Média et Cision

Fonderie Horne et Glencore

Les blagues sur le pouding à l’arsenic d’Astérix n’ont plus leur place depuis que l’on connait l’importance plus que néfaste de l’arsenic et autres produits toxiques dans l’air de l’Abitibi-Témiscamingue…

2022 est synonyme d’une gigantesque crise de santé publique que l’actualité associe entièrement à la Fonderie Horne, propriété de Glencore.

Plus on en apprend à propos de la gestion de cette usine dans son milieu, plus les gens de l’Abitibi ont de quoi s’inquiéter pour leur santé… L’entreprise a indéniablement une approche du 19e siècle axée sur le secret. Seuls les actionnaires semblent compter !

OD Martinique

Trois participants de l’émission OD Martinique se sont d’abord fait expulser. Ciao, bye !

C’est l’un des éléments positifs de 2022 : au Québec, les « petites intimidations », c’est terminé – du moins, dans les émissions de téléréalité. Le public québécois a rehaussé son niveau de sensibilité.

Source du visuel : LaPresse+

Mais, pour que ça survienne, il aura fallu une séquence :

  • d’abord, de très nombreuses réactions du public dans les médias sociaux;
  • ensuite, le retrait de commanditaires;
  • puis, une décision de Productions J : « Out ! ». Les images des trois gars ont été retirées graduellement (la production enregistrait ses émissions trois semaines à l’avance).

S’ASSOCIER À DES PERSONNES COMPORTE TOUJOURS UN RISQUE DE DÉFICIT DE RÉPUTATION.

Ce risque s’est transformé en un important déficit de réputation pour les partenaires de l’émission (ceux qui ont quitté et qui sont restés jusqu’à la fin abrupte), Julie Snyder et Productions J, Noovo, Bell Media et les autres personnes encore sous le soleil de la Martinique.

Quelques correctifs ont été apportés, dont une formation d’urgence sur la communication non violente. Après une pause, l’émission est revenue en ondes.

Bell et CTV News

«L’Affaire Lisa LaFlamme» – la cheffe d’antenne de CTV News aux cheveux gris qui s’est fait montrer la porte – nous a incités à réfléchir à deux aspects cruciaux qui font partie de toute décision de gestion : l’analyse des situations à 360 degrés (ce qui inclut la prévention des crises) et la gestion des crises.

Ce qu’il faut retenir ?

  • CTV News et Bell Media ont additionné les faux pas;
  • les médias en général, tout comme une énorme majorité de citoyennes et de citoyens, ont pris la défense de Lisa LaFlamme – ce qui n’est aucunement surprenant;
  • à la suite de cette décision de gestion, les réputations de CTV News et de Bell Media ont subi d’énormes déficits de réputation;
  • le tout aurait pu être analysé autrement, en amont et… évité.
Source du visuel : @LisaLaFlamme, Twitter, 5 sept 2022

C’ÉTAIT ÉCRIT DANS LE CIEL : LE PATRON DE CTV NEWS NE POUVAIT PAS VIRER LISA LAFLAMME SANS ENGENDRER UN ÉNORME DÉFICIT DE RÉPUTATION QUI ALLAIT DURER… QUELQUES SEMAINES !

Le Parti libéral du Québec

L’ex-cheffe Dominique Anglade est loin d’être la seule responsable des déboires du Parti libéral du Québec.

Bien avant de parler de leurs problèmes de communication, il y a deux questions fondamentales que les libéraux – ceux et celles qui restent – devraient se poser :

  • Qu’ont-ils proposé de « Wow » à la population du Québec, lors des élections du 3 octobre dernier ? L’hydrogène vert ?
  • Que proposent-ils de sérieux et de constructif à la population du Québec, depuis les élections du 3 octobre dernier ? « L’Affaire Marie-Claude Nichols » ?
Selon Mesure Média, le score de performance est ici de -70%…
Source du visuel : Lesoleil.com

Un parti politique, c’est comme toute autre marque ou organisation : il s’agit d’une entité qui doit faire preuve de clarté, de pertinence et d’humilité… en quelques secondes. Ce fut raté.

Prochain rendez-vous lundi prochain, avec quelques-uns des « Tops » médiatiques de 2022.