À Winnipeg, les nuits sont longues…

Députés en Nordiques

Députés en NordiquesUne photo réunissant des députés avec des chandails des Nordiques a-t-elle plus d’impact qu’une autre avec des chandails des Jets de Winnipeg ? Réponse plus bas.

Le maire de Québec obtiendra vraisemblablement la rencontre qu’il réclame avec le Premier ministre Stephen Harper. Un signe ? Vendredi dernier, il est entré dans le « passage obligé », soit le bureau de la ministre régionale.

Puisqu’ils ont leurs propres intérêts – un amphithéâtre multifonctionnel dans un cas, une réélection prochaine dans l’autre – Régis Labeaume et Josée Verner avaient un rendez-vous écrit dans le ciel… bleu. Et ce, même s’ils n’ont pas d’atomes crochus.

Mais ils ont au moins un point en commun : les « photo op » (la mise en scène d’images impressionnantes dans le but de faire la nouvelle).


Le « one-two punch » de la Grande Allée

À Québec – maintenant devenue Ville des succès, Ville du Cirque du Soleil et Ville de combats de boxe… avant de redevenir Ville de la LNH – le retour éventuel des Nordiques aura été marqué par deux importants « photo op » en peu de temps : celui de la majorité des députés conservateurs québécois portant le chandail des Nordiques, suivi de la marée humaine de la Marche bleue.

Le poids média – non orchestré – de ces deux idées spontanées qui ont pris d’énormes proportions est pourtant mesurable : il vaut des millions de dollars pour Québec !


Une priorité mais pas d'engagementLes députés font pression

En voulant simplement souligner leur appui au retour des Nordiques à la population québécoise, les députés conservateurs n’ont pas tenu compte que les territoires jadis réservés des médias n’existent plus… Il était pourtant facile d’imaginer qu’en 2010, cette photo prendrait des dimensions politiques pan-canadiennes !

À titre d’exemples : leur « photo op » a généré une valeur économique de 38 680 $ dans le Journal de Montréal et 6 500 $ dans le Winnipeg Sun.

 

Un citoyen débute la marche… sur Twitter

C’est fascinant, cette initiative de Mario Roy. Un simple amateur de hockey de Lévis qui lance l’idée d’une marche sur Twitter. Enthousiasme instantané. Et c’était parti !

Il rêvait d’un regroupement de 10 000 personnes – il y en aurait eu 60 000 ! Il fallait mettre au point une logistique appropriée – service d’ordre, transport en commun, audio-visuel, etc. Il était donc naturel que la Ville de Québec s’en charge, appuyée de quelques commanditaires. D’autant plus qu’il y avait un « momentum » à créer et à nourrir dans les médias, de même qu’un scénario à mettre au point.

Résultat : la Marche bleue a « coloré » tous les médias qui font de l’actualité (radio, télévision, quotidiens et mêmes hebdomadaires) durant plusieurs jours : avant, pendant et après l’événement.

À titre d’exemples : le dimanche 3 octobre, la Marche bleue a généré une valeur économique de 99 070 $ à la « une » du Journal de Québec et de 121 270 $ à l’intérieur du Toronto Sun!

 

J'ai ma place!

Logique et émotion

Il y a au moins trois villes canadiennes intéressées à une équipe de la LNH : Québec, Winnipeg et Hamilton. Mais, contrairement aux deux autres, Winnipeg s’est récemment dotée d’un amphithéâtre qui répond aux critères de la LNH, ce qui lui permettrait de retrouver dès maintenant « ses » Jets !

Il y a quelques semaines, les médias québécois racontaient que Winnipeg était la ville canadienne la plus susceptible de voir la LNH y revenir. C’était avant les « photo op ».

Si logiquement, le Manitoba détient un atout pour devancer La Belle Province dans les projets inavoués de Gary Bettman, il faut maintenant tenir compte de l’émotion… Une énorme émotion qui s’est répandue grâce aux médias traditionnels et sociaux.

Tous les grands médias du Canada ont parlé de la Marche bleue. Ils ont aussi présenté la photo des députés québécois avec leurs chandails des Nordiques, souvent même à la « une » ! Parce que ces nouvelles étaient incontournables.

Mais, pourquoi aucun d’entre eux n’a couvert une « Blue Walk » à Winnipeg – rappelons-nous que le chandail des Jets était bleu lui aussi – ni un « photo op » avec les députés conservateurs du Manitoba ? Parce que ces coups de créativité n’ont pas eu lieu.

« À Winnipeg, les nuits sont longues… », chantait Stéphane Venne en décrivant une ville où l’activité n’est pas optimale… pour être poli. Si le vent semble avoir tourné en faveur de Québec, les élus du Manitoba peuvent s’en mordre… la rondelle !

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