Campagne électorale

De toute évidence, la campagne électorale qui se terminera lundi n’a pas répondu aux attentes à la fois élevées et précises des électeurs. Quel paradoxe… alors que jamais jusqu’à maintenant, les partis politiques n’ont eu en main autant d’outils pour connaître les intérêts des Québécois et mesurer leurs réactions !

Quelles leçons de communication peut-on tirer ? Il y en a au moins trois, et elles s’appliquent à toutes les décisions de gestion et de communication que l’on peut prendre au quotidien :

1) Propreté promise, boue livrée

Les voeux pieux ont été nombreux en début de campagne : « Ce sera une campagne propre, sans attaques personnelles », scandaient les chefs des quatre grands principaux partis. Or, trois d’entre eux ont rapidement oublié leurs belles promesses…

Les anglophones ont une très belle expressions : « Promise less, deliver more ». Et il serait approprié de la compléter avec ceci : « And be consequent with your intentions ».

Les chefs des quatre principaux partis ont beaucoup fait parler d’eux durant cette campagne. Loin derrière au départ, Manon Massé a connu une montée impressionnante à la suite du débat en anglais.
Sans surprise, le premier ministre sortant, Philippe Couillard, et son principal challenger selon les sondages, François Legault, ont obtenu un volume de couverture semblable. Le chef du PQ, Jean-François Lisée, suit d’assez près alors que Manon Massé ferme la marche.

2) À quoi bon recruter des vedettes ?

C’est toujours la même chose : quelques mois avant le déclenchement des élections – même lorsqu’elles l’ont été, comme ce fut le cas avec l’arrivée tardive de Christian Dubé et de Louis Lemieux, tous deux à la CAQ – les partis politiques rivalisent de fierté à recruter telle ou telle personnalité. Une démonstration de force, prétendent-ils.

Or, c’est à croire qu’une fois qu’ils ont dit oui, on leur réserve des rôles plus que réservés. Dans les points de presse, les partis les positionnent souvent comme des « plantes vertes » à côté du chef et hop ! on ne les voit plus et on ne les entend plus…

À part lors d’un débat portant sur l’économie, les principaux candidats au profil économique ont peu fait parler d’eux…
… Et les candidats vedettes du secteurs de la santé n’ont pas été davantage mis en vedette… Sauf Gertrude Bourdon, avec sa tonitruante entrée en scène !
Comparaison PLQ vs CAQ : l’arrivée de Gertrude Bourdon en politique a coïncidé avec un retrait calculé du Dr Gaétan Barrette et une déclaration du candidat caquiste Ian Lafrenière. Sinon, la campagne des vedettes ressemble plutôt à un bruit de fond.
Comparaison PQ vs QS : seul Gabriel Nadeau-Dubois a attiré l’attention des projecteurs pour sa formation politique. Du côté du PQ, les vedettes Véronique Hivon et Jean-Martin Aussant étaient dans l’ombre de la controverse Michelle Blanc…
Dans les médias sociaux, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois ont éclipsé leurs trois rivaux en ce qui a trait à l’engagement sur Facebook.

3) Gertrude Bourdon : un déficit de réputation historique !

Qu’est-ce qui n’a pas encore été dit sur l’ex grande patronne du CHU de Québec-Université Laval ?

Après des sessions de magasinage au PQ et à la CAQ, Mme Bourdon a joint les rangs du PLQ en affirmant au micro d’Alain Gravel, à ICI Radio-Canada Première : « Je savais que mon saut en politique allait marquer l’histoire. »

Depuis le 18 août, Gertrude Bourdon a généré un déficit de réputation de plus de 700 000 $.

Son souhait est largement atteint : du 18 août au 26 septembre 2018, son déficit de réputation a franchi le cap des 700 000 $. Cette somme provient des 4 933 retombées de presse qui sont liées à ses convictions politiques, à un contrat attribué sans appel d’offre sous sa direction au CHU et aux souhaits d’anniversaire réalisés ces derniers jours. C’est du jamais-vu dans l’histoire politique au Québec. Et, malgré tout, elle reste dans la course dans Jean-Lesage.

Toutefois, Mme Bourdon aurait tout intérêt à tenter de renverser la vapeur – une remontée positive à la fois – dès le 2 octobre, et ce à partir d’une stratégie réfléchie. Mais, aura-t-elle assez d’une vie pour y parvenir ?

Quelle semaine ! L’ennui des précédentes a rapidement cédé le pas à deux débats, à l’autoflagellation du chef caquiste, à l’importance des sondages pour donner le ton à la couverture médiatique et aux activités originales dans les circonscriptions.

Une malheureuse allusion à Génies en herbe

Les 35 ans et plus se souviennent avec une certaine nostalgie du quiz télévisé Génies en herbe, diffusé au « canal 2 » – à l’époque où il n’y avait qu’une seule façon de capter les signaux. Les écoles secondaires y envoyaient leurs « bollés » (notamment Mario Dumont) afin de répondre à des questions autrement plus difficiles que « Quelle est la seule province bilingue au Canada ? »

Dimanche dernier, le chef caquiste a compté dans son propre filet en démontrant sa méconnaissance des faits saillants à propos de l’immigration – un enjeu qu’il a lui-même imposé dans la campagne !

François Legault a choisi d’imager sa méconnaissance des faits saillants…

Conséquence : M. Legault est à l’origine d’un déficit de réputation grandissant dans toute sa couverture médiatique québécoise… et ailleurs. Ainsi, le quotidien néo-brunswickois L’Acadie nouvelle – très occupé par la campagne électorale qui s’y déroule – a trouvé le moyen de souligner la bourde du chef caquiste.

Le déficit de réputation de la CAQ causé par cette retombées est de – 4 % (le seuil de passage est de 50 %). Source : L’Acadie nouvelle

Pour sa part, la page Facebook Dérapages poétiques – qui relève les citations amusantes des personnalités publiques – s’est moquée du chef caquiste avec sa déclaration liée à Génies en herbe.

La page Dérapages poétiques regroupe plus de 42 000 abonnés !

Quand les chiffres génèrent des tonnes de mots

Dans les années 70, un ministre avant-gardiste était particulièrement sensible aux perceptions des Québécois envers les intentions et les décisions du gouvernement de René Lévesque, et il jugeait essentiel de mesurer régulièrement l’évolution de leurs humeurs. Son nom ? Marcel Léger.

Après cette carrière, M. Léger et son fils Jean-Marc ont créé ce qui est devenu la plus grande firme de sondages, de recherche et de stratégie marketing de propriété canadienne (plus de 600 employés). Depuis toujours, l’une des stratégies à succès de Léger consiste à diffuser continuellement des sondages qui vont « faire la nouvelle » – et celui de cette semaine confirme l’efficacité de cette démarche.

Ainsi, durant deux jours (mardi et mercredi), le sondage de Léger a donné le ton à la couverture médiatique. Et quel hasard : il a été dévoilé dans le creux de vague que connaît la CAQ et à deux jours du Face-à-face de TVA…

La une du Journal de Montréal, mardi. Malgré un titre commun, chaque parti obtient des gains de réputation différents grâce aux sous-titres et intentions de vote: 23 739 $ pour le PLQ, 20 735 $ pour la CAQ et 17 546 $ pour le PQ et QS.
À l’intérieur, le plus important gain de réputation appartient au Parti libéral (64 118 $), suivi de près du Parti québécois (59 875 $). Et, malgré un important déficit de réputation en page 2, le gain total de la CAQ est de 30 725 $. Québec solidaire ferme la marche avec 36 342 $.

La firme Léger est parvenue à obtenir plus de 400 mentions de son plus récent sondage !

Partout à travers le Québec, les stations de radio ont placé les faits saillants de ce sondage parmi les plus importants sujets d’actualité. À la télévision, TVA et LCN ont occupé le haut du pavé parmi les 148 mentions.

D’autres firmes de sondage jouent du coude pour obtenir de l’attention médiatique – notamment CROP et Mainstreet (qui ont diffusé leurs résultats jeudi).

Peu de mousse dans la bière…

Mercredi soir, le site éphémère Aire commune a réuni les quatre principales candidates de la circonscription de Mercier afin de faire le service aux tables. Ainsi, Ruba Ghazal (QS), Gabrielle Collu (PLQ), Johanne Gagné (CAQ) et Michelle Blanc (PQ) se sont retrouvées à discuter avec bon nombre d’électeurs et électrices dans un contexte original.

La candidate Ruba Ghazal se fait remarquer avec un intéressant taux d’engagement de 3,74 %.

Mais, assez étonnamment, elles et leur entourage ont très peu diffusé leur présence… C’est la candidate de QS qui s’est imposée avec 84 réactions sur Facebook. Michelle Blanc (3 réactions) et Johanne Gagné (2 publications) ont été timides, et Gabrielle Collu absente.

Le compte à rebours vers la fermeture des boîtes de scrutin est en marche !

Même si les quatre partis politiques ont développé leur stratégie autour de leur chef, l’actuelle campagne électorale laisse une certaine marge de manoeuvre à leurs candidats et candidates pour se mettre en valeur – notamment sur les médias sociaux. Vous verrez dans ce qui suit que, sans surprise, il y a du meilleur et du pire…

Les plus performants

1) Catherine Dorion, QS

Au coeur de la « bataille de Taschereau », la candidate de Québec solidaire, Catherine Dorion, se démarque parmi ses adversaires. Elle obtient deux taux d’engagement très élevés : 6,57 % sur Facebook et 5,98 % sur Instagram, mais sur Twitter, l’engagement est de 0,67 %.

Une vidéo placée sur Facebook a d’ailleurs généré 885 réactions, 144 commentaires et 275 partages. Cette vidéo a atteint sa cible : les jeunes.

2) Gabriel Nadeau-Dubois

Porté par son titre de co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois est comme un poisson dans l’eau sur les médias sociaux.

GND est présent sur les différentes plateformes, il sait écrire court et punché. Et, par conséquent, son taux d’engagement est important (5,50 % sur Facebook).

3) Véronique Hivon

La vice-cheffe du Parti québécois semble répartir ses énergies dans sa circonscription de Joliette et sur les médias sociaux. Elle compte plus de 27 000 abonnés sur Facebook – ce qui découle de son rayonnement partout au Québec – et un taux d’engagement de 2,41 %.

Véronique Hivon compte plus de 56 000 abonnés sur Twitter et un taux d’engagement de 0,6 % – ce qui est satisfaisant, compte tenu du nombre d’abonnés. Très active sur Instagram, la diffusion semble improvisée.

4) Nathalie Roy

Députée de Montarville et auparavant journaliste, Nathalie Roy est à l’aise avec des formules courtes et claires. Sa présence sur Facebook est plus payante pour elle ( 2 739 abonnés et un taux d’engagement de 3,17 %) que celle sur Twitter (6 086 abonnés, mais… engagement de 0 %).

Les moins performants

1) Michelle Blanc

Assez étonnamment, la candidate du Parti québécois dans Mercier et experte en médias sociaux traîne de la patte avec son propre positionnement. Au premier coup d’oeil sur Facebook, on trouve une photo floue de Mme Blanc.

Sur Facebook, son taux d’engagement est de 0,23 % et de 0,05 % sur Twitter. Une cordonnière mal chaussée ?

2) Gaétan Barrette

Sauf exceptions, le taux d’engagement est une donnée favorable. Mais, dans le cas du bouillant ministre de la Santé, Dr Gaétan Barrette, il a un score très élevé (6,50 %) qui joue contre lui !

Sa page Facebook est en effet un endroit où des Québécois frustrés à propos de notre système de santé s’expriment…

Son entourage vient de le sensibiliser aux Instastories sur Instagram; il ne compte que huit photos pour le moment.

3) Jean-Martin Aussant

L’économiste souverainiste – tel qu’il se présente sur sa page Facebook – a une présence plutôt corporative qui n’a pas été mise à jour depuis plusieurs semaines.

Il compte plus de 26 000 abonnés et un taux d’engagement dans la moyenne, à 1,22 %. Absent d’Instagram.

Quelques observations

  • Sébastien Proulx (PLQ dans Jean-Talon) : environ 4 000 abonnés sur Facebook, mais un faible taux d’engagement (1,95 %). N’a rien publié sur Instagram depuis plusieurs jours.
  • Enrico Ciccone (PLQ dans Marquette) : il était plus populaire quand il jouait au hockey ! Il ne compte que 477 abonnés sur Facebook…
  • Vincent Marissal (QS dans Rosemont) : sur Facebook, l’ancien journaliste suscite beaucoup d’engagement (6,70 %), mais son nombre d’abonnés est faible (moins de 3 200).
  • Marguerite Blais (CAQ dans Prévost) : malgré ses 4 000 abonnés sur Facebook, son taux d’engagement est très faible (0,80 %). Sa clientèle ainée est moins présente sur les médias sociaux, ce qui ne l’empêche pas d’ajouter #AINÉS dans la grande majorité de ses publications.
  • Ian Lafrenière (CAQ dans Vachon) : taux d’engagement de 2,94 % sur Facebook et de 1,45 % sur Twitter.

Quand on observe ce qui s’est passé dans les médias au cours des derniers jours, doit-on se surprendre du haut niveau de cynisme qui a gagné les Québécois et de la nouvelle chute anticipée du vote, le 1er octobre prochain ?

Les lanceurs de boue éclaboussés

Contrairement à la campagne électorale positive promise, le Parti libéral du Québec s’est abaissé au moins trois fois à lancer de la boue sur ses adversaires : ce fut d’abord le tandem Christine Saint-Pierre – Marwah Rizqy qui a accusé François Legault de « féminisme de façade », puis Marc Tanguay qui s’en est pris, samedi dernier, au candidat caquiste Ian Lafrenière. Par la suite, ce fut un trio qui passa à l’offensive : à nouveau Marc Tanguay, en compagnie des ministres Pierre Arcand et Isabelle Melançon.

Plusieurs analystes politiques ont critiqué le PLQ pour ces sorties en parallèle de la campagne de leur chef – générant par le fait même des déficits de réputation aux libéraux. Voici deux exemples :

  • La guerre des « goons », La Presse+, 5 septembre 2018. Toutes les variables sont négatives, dont celles-ci : le titre, l’amorce, le traitement journalistique, le ton et le nombre de mentions. Déficit de – 28 275 $ pour le PLQ.
  • Chronique de Bernard Drainville, Puisqu’il faut se lever, 98,5 FM, 4 septembre. Toutes les variables sont négatives, dont celles-ci : la présentation du sujet, le ton et le traitement journalistique. Déficit de – 13 905 $ pour le PLQ.

Si les libéraux ont été les plus malmenés à ce sujet, les caquistes et les péquistes ne sont pas en reste puisqu’ils ont aussi payé le prix pour avoir joué dans la même boue.

Qu’en est-il de Québec solidaire ?

Source : Le Soleil

Un chroniqueur économique de La Presse+ vante QS !

Comme le parti obtient moitié moins d’attention médiatique que ses trois concurrents, Québec solidaire doit mener une campagne différente de celle de ses adversaires.

Nullement influencée par les réflexes du passé de ses concurrents, QS a créé deux circuits parallèles pour ses porte-paroles Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois – et ce, de toute évidence en fonction de leur personnalité et des cibles à toucher.

Ainsi, Manon Massé est omniprésente dans les médias traditionnels alors que Nadeau-Dubois – encore très associé aux carrés rouges de 2012 – se fait plutôt remarquer sur les réseaux sociaux auprès des clientèles plus jeunes.

GND compte plus de 28 000 abonnés à sa page Facebook et son taux d’engagement est relativement élevé (4,15 %). Il surpasse sa collègue Manon Massé (22 000 abonnés, taux d’engagement de 3,05 %).

Et alors que les deux seuls journalistes des médias traditionnels qui se trouvaient à bord de la caravane de QS l’ont quittée, Gabriel Nadeau-Dubois a lancé une invitation aux blogueurs à monter à bord, leur assurant carte blanche. Dès le premier jour, Jessie Nadeau et Alexandra Stellini – deux participantes d’Occupation double à Bali – ont accompagné GND dans sa campagne afin de présenter l’envers du décor à leurs milliers d’abonnés Instagram.

Malgré des engagements financiers qui sont souvent critiqués (ex : 38 nouvelles stations de métro à Montréal), il reste que les projets qui collent aux valeurs de QS sont parfois soulignés très favorablement. Ainsi, jeudi dans La Presse+, le chroniqueur Francis Vailles a vanté la pensée environnementale de Québec solidaire ! Voici notre analyse :

  • Pas de projet de société, vraiment ?, La Presse+, 6 septembre 2018. Toutes les variables sont neutres ou positives, dont celles-ci : le titre, la mortaise, l’emplacement dans le média, le nombre de citations et le ton. Gain de 32 516 $ pour QS.

Sans surprise, M. Vailles a terminé sa chronique avec les mots suivants : « Dans une prochaine chronique, j’analyserai le cadre financier de Québec solidaire. Et cette fois, vous pouvez oublier les fleurs… »

Bienvenue dans l’univers des mèmes

Après que Manon Massé eut lancé « Ça prend pas le pogo le plus dégelé de la boîte pour comprendre… », ce mème a vu le jour !

Selon Laurent Tremblay, gestionnaire de communauté chez Sid Lee et créateur de quelques pages connues – dont Être une mère de famille à Ville Mont-Royal – « un mème Internet est un symbole culturel ou une idée partagée par un grand nombre de façon virale. Il peut prendre la forme d’une photo, d’une image, d’une vidéo, de quelques phrases ou de symboles. Bref, le mème est présent dans tous les formats accessibles sur le web ».

Grâce aux mèmes, les citoyens se parlent entre eux selon leurs affinités, leur humour et leurs fantaisies.

Les mèmes se propagent comme un rhume à travers les médias sociaux. « Ils progressent et deviennent parfois très populaires en peu de temps », ajoute le créateur de contenu de 22 ans. Or, le concept derrière certains mèmes s’essouffle plus vite que d’autres ; cela dépend du taux d’engagement des abonnés aux différentes pages. « Les créateurs de mèmes sont les caricaturistes de notre génération ! », note Laurent.

Cette semaine, plusieurs jeunes qui ont choisi d’investir temps et créativité dans les mèmes se sont concertés afin d’adapter leur nom et leur logo à des partis politiques qui les rejoignent.

Ces démonstrations d’humour peuvent plaire ou déplaire aux gestionnaires de marques – en politique comme dans tout autre secteur. Mais ils n’y peuvent rien…

Les mèmes permettent aux citoyens de prendre, une fois de plus, le contrôle des marques.

Jeudi, le Journal de Québec rapportait que les mèmes ont investi la circonscription de Taschereau, à Québec, et que les créateurs y ont pris plaisir à rebaptiser la candidate du PQ Diane Lavallée « Dana », comme dans La Tribu De Dana, oeuvre fameuse de rap celtique !

La candidate du PQ dans Taschereau, Diane Lavallée, a été rebaptisée Dana…

 

… avant de saisir la balle au bond et de réécrire les paroles de la chanson ! Source : Le sac de chips

Rapidement, Diane Lavallée et son entourage ont saisi l’impact des mèmes auprès des jeunes électeurs puisqu’à eux deux, les pages « Fruiter » et « Lynternait » comptent quelque 200 000 abonnés – un rêve pour les partis politiques !

Où sont les coups d’éclat qui devraient marquer l’imaginaire des citoyens dans le but qu’ils exercent leur droit de vote?

Depuis le dévoilement de l’autobus psychédélique du PQ et le lancement des slogans et des affiches des partis, l’actuelle campagne électorale est assez ennuyante. Pourquoi ?

C’est parce que les partis ont conçu cette campagne sur les automatismes du 20e siècle, à une époque où les marques n’avaient pas l’importance qu’elles ont aujourd’hui. Et depuis, vous le savez : les partis politiques sont devenus des marques. Les candidates et candidats, également.

Or, quelles sont les marques qui se sont distinguées dans l’actualité depuis la semaine dernière ?

La marque Gertrude Bourdon

Impossible de terminer la semaine sans parler de Gertrude Bourdon, devenue LA candidate – et de loin – la plus médiatisée depuis son entrée en politique sous le signe de la controverse et du magasinage.

Depuis le 18 août dernier – alors que Denis Lessard annonçait, dans La Presse+, qu’elle se joindrait à la CAQ – Mme Bourdon a obtenu 2924 mentions – à peu près toutes neutres ou négatives. Ce n’est certainement pas ce que souhaitait le PLQ en l’accueillant…

EN MOINS DE DEUX SEMAINES, LE DÉFICIT DE RÉPUTATION DE GERTRUDE BOURDON A FRANCHI LE CAP DES – 500 000 $. C’EST DU JAMAIS VU EN POLITIQUE QUÉBÉCOISE.

Comme sur un chiffrier, le déficit de réputation de Mme Bourdon monte rapidement : déficit de – 19 000 $ chez Alain Gravel et près du double au micro de Bernard Drainville au 98,5 FM; déficit de plus de – 30 000 $ à la suite de la chronique de Joseph Facal dans Le Journal de Québec et Le Journal de Montréal; déficits à répétition à LCN et à RDI; déficits aux radios de Québec, etc.

Mercredi, au micro d’Alain Gravel, Mme Bourdon a tenté, une nouvelle fois, d’expliquer le sens de son échange de texto à la CAQ. En réponse à « Je crois sincèrement que nous avons l’occasion de marquer l’histoire », Mme Bourdon avait répondu : « Je le crois aussi. »

Lorsque l’animateur à ICI Première Montréal lui a demandé ce qu’elle a voulu dire, elle a répondu : « Je savais que mon saut en politique allait marquer l’histoire. »

Gertrude Bourdon est devenue un ver d’oreille grâce à la radio.
Avec 2 924 mentions, Gertrude Bourdon porte ombrage au ministre Gaétan Barrette – loin derrière avec 1 997 retombées. Qui l’eût cru ?

La marque François Legault

Le chef de la CAQ est celui qui a fait le plus parler de lui au cours des sept derniers jours, avec 7 801 mentions. Il est suivi de près par Philipe Couillard (7 520). Jean-François Lisée suit loin derrière avec 5 559 mentions et Manon Massé ferme le bal (2 925).

François Legault a généré la plus grande attention médiatique au cours de la première semaine électorale.

La marque Jean-François Lisée

Le chef du Parti Québécois, Jean-François Lisée, fait tout pour se démarquer. Il a retrouvé ses réflexes de communicateur et il a l’air heureux d’être en campagne électorale.

JEAN-FRANÇOIS LISÉE A RETROUVÉ SES RÉFLEXES DE COMMUNICATEUR, MAIS ÇA NE SUFFIT PAS.

Mais ses deux récentes sorties – inattendues – visant à défendre son adversaire caquiste contre des attaques de sexisme et sa main tendue aux trois autres chefs dans le but de faire front commun en faveur de la gestion de l’offre – n’ont pas suffi pour le positionner à l’avant-plan.

Malgré son initiative sur la gestion de l’offre, Jean-François Lisée est troisième.

La marque Le Bouyonnec

Le président de la Coalition avenir Québec, Stéphane Le Bouyonnec, a annoncé mardi qu’il renonçait à cette fonction sur-le-champ, en plus de retirer sa candidature dans La Prairie.

Pourquoi ? L’un de ses investissements a choqué bien des gens et incité un nombre grandissant d’entre eux à le qualifier, sur les réseaux sociaux, de « shylock » – une image que ni lui ni son parti ne peuvent endurer. Selon Bernard Drainville, son départ survient juste avant que le PLQ ne lance une campagne négative à ce sujet.

Tel un éclair, sa démission a généré 434 mentions en quelques heures.

La marque Rizqy

Habituée, sur des tribunes universitaires, à être très médiatisées grâce à des dossiers économiques, la recrue libérale Marwah Rizqy passe assez inaperçue dans le château-fort libéral de Saint-Laurent. Est-ce ce qui l’a incité à enfiler les gants de boxe pour accuser le chef caquiste de sexisme ?

Mardi matin, au micro de Paul Arcand, elle a été taillée en rondelles… Déficit de – 28 854 $ pour Marwah Rizqy.

La marque Caire

C’est l’arroseur arrosé ! Au fil du temps, le député de la CAQ, Éric Caire, a pris l’habitude de semoncer ses adversaires sur des questions de conflits ou d’apparence de conflits d’intérêts. Cette fois-ci, c’est lui qui paraît mal, après avoir contracté un prêt de 55 000 $ auprès d’un maire de sa circonscription…

Cette manchette non souhaitée par la CAQ et son candidat ont généré 412 mentions en quelques heures.

Éric Caire suscite un engagement très intéressant (3,31 %) sur les médias sociaux.

Quelles surprises nous réserve la semaine prochaine ?

Le compte à rebours faisait tic-tac depuis plusieurs mois. Et, avant même le coup de départ donné par le Lieutenant-gouverneur du Québec, jeudi matin, la campagne électorale était, dans les faits, déjà amorcée.

Qu’est-ce qui a marqué la semaine ? Plusieurs éléments, dont l’entrée en scène ratée de Gertrude Bourdon, celle réussie d’Ian Lafrenière et les boîtes à lunch du PQ.

Gertrude Bourdon : parlez-en en bien ou en mal…

Qui, la semaine dernière dans le grand public, aurait pu identifier la patronne du CHU-Québec ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est parvenue à faire abondamment parler d’elle. Pour les bonnes et… moins bonnes raisons.

ENCORE INCONNUE DU GRAND PUBLIC LA SEMAINE DERNIÈRE, GERTRUDE BOURDON A SUSCITÉ 1 278 MENTIONS !

De toute évidence très ambitieuse, Mme Bourdon a créé l’impression qu’elle adore le magasinage… à travers les partis politiques : le PQ, la CAQ et, finalement, le PLQ.

Entre le 17 et le 23 août inclusivement – donc avant sa présentation comme candidate du PLQ vendredi – la gestionnaire du secteur de la santé à Québec, Gertrude Bourdon, avait déjà obtenu 1 278 mentions dans les médias traditionnels québécois !
Source : La Presse+

Dans La Presse+, samedi dernier, le réputé journaliste Denis Lessard présentait Mme Bourdon – qui s’en allait prendre le café ce jour-là à la résidence du chef de la CAQ – comme la ministre de la Santé d’un éventuel gouvernement Legault. Mme Bourdon a débuté sa journée avec un gain de réputation de 35 210 $. Puis, d’heure en heure depuis, les choses se sont gâtées pour elle…

Évidemment, les animateurs de radio de Québec – mais pas seulement eux – s’en sont donné à coeur joie à propos des véritables convictions politiques de Mme Bourdon – ce qui lui a généré un énorme déficit de réputation.

Mince consolation : dans Le Soleil, jeudi, Mme Bourdon est parvenue à générer un gain de réputation de 9 660 $.

Source : Le Soleil

Mais la partie est loin d’être gagnée pour elle à la suite de cette entrée mitigée. Elle aura à convaincre la population de la circonscription de Jean-Lesage qu’elle est authentique et crédible pour faire carrière en politique.

Ian Lafrenière : policier dans l’âme

Source : Le Journal de Montréal

Le Commandant Ian Lafrenière – au SPVM jusqu’à lundi dernier – a été, sans contredit, son porte-parole le plus médiatisé au cours des deux dernières décennies. Les journalistes l’ont beaucoup apprécié parce qu’il était disponible et il leur donnait l’heure juste. Sa cote auprès du public est également élevée.

LA POUNE AURAIT SANS DOUTE DIT AUJOURD’HUI : IAN LAFRENIÈRE AIME SON PUBLIC, ET SON PUBLIC L’AIME !

Fin stratège en communication, il a très bien géré son passage du domaine policier à la politique : sans nier les rumeurs qui, il y a plusieurs semaines, l’envoyaient à la CAQ, il a affirmé qu’il avait des mandats à terminer avant de passer à autre chose.

Lundi dernier, Le Journal de Montréal a été témoin de la remise de son arme – ce qui lui a généré un gain de réputation de 47 130 $. Le lendemain, à RDI, les commentaires combinés des trois « ex » lui ont valu un gain de réputation de 4 675 $ dans un segment particulièrement long et favorable.

EN FAISANT LE SAUT EN POLITIQUE, IAN LAFRENIÈRE A OBTENU 565 MENTIONS DANS LES MÉDIAS TRADITIONNELS. SEULE MARGUERITE BLAIS A OBTENU UNE COUVERTURE DE CETTE IMPORTANCE LORSQU’ELLE A JOINT LES RANGS DE LA CAQ.

Quand Jean-François et Véronique font des sandwiches…

Qu’est-ce qui – et de loin – a le plus retenu l’attention des journalistes politiques au cours des derniers jours : la présentation du cadre budgétaire du Québec par la Vérificatrice générale ou l’engagement du Parti québécois d’améliorer les lunchs des élèves ?

EN TROIS JOURS, LE PQ – AVEC JEAN-FRANÇOIS LISÉE ET VÉRONIQUE HIVON QUI ONT FAIT DES SANDWICHES – A OBTENU 587 MENTIONS DANS LES MÉDIAS !

Le message était très clair : un gouvernement du Parti québécois investirait 39 millions $ par année afin de simplifier la vie des parents et bien nourrir leurs enfants.

Même The Gazette, avec son texte du 22 août intitulé PQ proposing $39-million lunch program for elementary schools a généré, sur ses plateformes, des gains de réputation au PQ !

Pourquoi attendre à la fin de la campagne électorale – qui débutera officiellement le 23 août prochain – pour parler des bons et des moins bons coups médiatiques des principaux partis et de leurs chefs ?

En pleine campagne pré-électorale, regardons de plus près ce qui s’est passé dans les médias sociaux au cours des derniers jours…

Twitter : un engagement plus élevé pour le PLQ

Depuis le 1er août, le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec sont très actifs sur Twitter, mais leurs résultats sont différents. Ainsi, même si leur auditoire est semblable (40 000 pour le PLQ, 36 000 pour la CAQ), le taux d’engagement des libéraux est de 1,02 %, contre 0,25 % pour les caquistes. Et 1 libéral sur 603 retweete, contre 1 caquiste sur 2 324.

Alors que la Coalition avenir Québec retweete pratiquement aux heures, Québec solidaire semble manquer de ressources attitrées à sa présence sur les médias sociaux avec, en moyenne, un tweet par jour.

Pour ce qui est du PQ, la stratégie est à toutes fins pratiques axée sur le chef Jean-François Lisée. Sa vice-cheffe, Véronique Hivon, est peu présente, et on retrouve encore sur sa page des tweets de janvier dernier…

Facebook : les libéraux causent plus

Même si la CAQ regroupe plus d’abonnés que le PLQ – 53 000 vs 47 000 abonnés – c’est le parti de Philippe Couillard qui se démarque sur Facebook avec 17 000 de ses abonnés qui en parlent, vs moins de 3 000 pour les troupes de François Legault. Et 1 libéral sur 595 commente, contre 1 caquiste sur 1 440.

Tout comme sur Twitter, les péquistes axent leurs communications sur Facebook autour du chef. Et QS est à la traîne.

Suggestions à tous les partis : les gestionnaires de communauté des partis politiques auraient tout intérêt à inscrire des « J’aime » à la suite des commentaires positifs que publient les Québécois sur leurs différentes plateformes.

RÉAGIR AUX COMMENTAIRES AVEC DES « J’AIME », C’EST INTERAGIR COMME ÇA SE FAISAIT ÉNORMÉMENT, AUPARAVANT, DANS LE PORTE-À-PORTE.

Instagram : seul Philippe Couillard a compris

Instagram a été créé pour mettre des gens, leurs plus belles recettes et des paysages magnifiques en valeur. Pas pour aligner des BBQ et des épluchettes de blé d’Inde…

C’est pourtant ce que font les trois plus importants. QS y est absent.

Cependant, l’entourage du chef des libéraux, Philippe Couillard, publie de belles photos d’ambiance sur son compte personnel, mais à peu près uniquement des photos insipides de BBQ sur le compte du PLQ.

Alors que Philippe Couillard compte près de 8 % d’engagement, François Legault n’a aucune activité sur son compte Instagram…

Jean-François Lisée : du pareil au même

Suivre le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, sur Facebook ou sur Twitter ne change rien : le contenu est à peu près identique sur les deux plateformes.

François Ouimet : silence radio sur Facebook…

La dernière publication du député François Ouimet sur Facebook remonte au 6 août. Il confirmait alors à une journaliste sa candidature à la prochaine élection…

Est-ce parce qu’ils étaient trop ébranlés ? Le député de Marquette, François Ouimet, qui a fait mercredi une sortie orageuse contre son ex-chef Philippe Couillard dans les médias traditionnels, et son entourage n’ont rien publié sur sa page Facebook…

Voilà pour l’instant. Dans une semaine, le coup de départ officiel à une campagne électorale déjà bien amorcée sera donné. D’ici là, les partis politiques ont toujours le temps de peaufiner leur stratégie sur les médias sociaux tout en n’étant pas à l’abri d’autres controverses comme celle de François Ouimet…

Qui a dit que, désormais, ce sont les médias sociaux qui allaient dicter le ton des campagnes électorales ?

Depuis déjà trois semaines, une coalition syndicale a pris d’assaut les poteaux de téléphone de plusieurs villes-clés du Québec; c’était le sujet de notre billet de la semaine dernière. Et aux États-Unis, c’est grâce à la bonne vieille télévision que les campagnes de dénigrement d’adversaires monopolisent, ces jours-ci, des budgets considérables.

Mais, revenons au Québec où une campagne d’autodérision du Parti Québécois constitue notre bon coup médiatique de la semaine.

Combien ?

À l’époque où le comédien Claude Blanchard débutait ses blagues de stand-up par « C’est l’histoire d’un gars, comprends-tu… », les Québécois disaient : « Parlez-en en mal ou en bien, mais parlez-en ! ». On était encore bien loin de l’analyse des données quantitatives et qualitatives…

Claude Blanchard. Source : fr.canoe.ca

Incidemment, c’est avec des blagues du style de Claude Blanchard qu’Upperkut – l’agence qui a grandement contribué à la notoriété de la future mairesse de Montréal, Valérie Plante – a permis à son client, le Parti Québécois, de faire la manchette au cours des derniers jours.

En seulement quatre jours, les médias traditionnels ont parlé de cette campagne d’affichage au moins 291 fois !

C’est d’ailleurs cet humour qui a inspiré le chroniqueur Mario Girard. Dans La Presse+, mardi, sa chronique intitulée Claude Blanchard à la rescousse du PQ a généré, à elle seule, un gain de réputation de plus de 70 000 $ au Parti Québécois !

La veille, au 98,5 FM, le chroniqueur politique et ex-ministre péquiste, Yves-François Blanchet, et l’animateur Louis Lacroix avaient eu des commentaires favorables envers cette campagne – ce qui a valu au PQ un gain additionnel de plus de 23 000 $ à cette heure de grande écoute.

L’OBJECTIF DU PQ EST ÉVIDENT : S’INSÉRER DANS L’ACTUALITÉ, ALORS QUE LES MÉDIAS SEMBLENT CROIRE QUE LA PROCHAINE ÉLECTION SERA DISPUTÉE ENTRE LE PLQ ET LA CAQ.

Il s’agit d’une campagne qui vise une clientèle jeune et branchée – contrairement au « PQ grisonnant » que veut transformer Paul St-Pierre Plamondon… Le tout premier message a provoqué plus de 1200 « J’aime », les suivants toujours plus de 300.

 

Avec près de 25 000 tweets, le PQ a dominé, au cours des derniers jours, parmi les partis politique au Québec.

 

Les caricaturistes s’en donnent à coeur joie avec cette formule d’humour questions et réponses…

 

… Et les électeurs aussi !

La campagne de… la campagne !

Ce qu’Upperkut vient de réussir une fois de plus – et c’est rare – c’est de créer « la campagne de la campagne ».

Qu’ils l’avouent ou non, tous les créatifs et les agences publicitaires rêvent que leurs campagnes aillent au-delà des médias où ils ont acheté de l’espace et du temps d’antenne afin qu’elles deviennent « the talk of the town », ce dont on parlera à la machine à café au travail ou dans les épluchettes, cet été.

Avec cette campagne du PQ, c’est réussi !

Il fallait y penser : alors qu’une campagne électorale s’annonce et que les médias n’ont pas grand-chose à se mettre sous la dent durant l’été, une coalition syndicale a voulu s’imposer dans l’actualité en créant une campagne d’affichage. Mission accomplie !

Mais… Rapidement, un bras de fer s’est engagé entre la Ville de Québec et la coalition syndicale – chacune interprétant à sa façon la réglementation portant sur l’affichage.

Rappel des faits

  • Le 17 juillet, une coalition de six syndicats prend d’assaut les poteaux de certaines villes – Québec, Roberval, Montréal et Saint-Jérôme – afin d’y installer des affiches d’allures électorales sous le thème « Libécaquiste Caquibéral : du pareil au même » ;
  • Graduellement, plusieurs autres villes ont droit à un tel affichage selon une habile stratégie de presse qui consiste à recréer la nouvelle !
  • Rapidement, la Ville de Québec réagit en invoquant sa réglementation interdisant un tel affichage. Débute alors une partie de bras de fer entre la Ville et la coalition syndicale – bras de fer qui se poursuit ;
  • À Québec, des employés municipaux enlèvent les affiches et, aussitôt, les syndiqués – qui avaient sans doute prévu le coup – en installent d’autres ;
  • Puis, à la suite d’un apparent réchauffement des relations – quand la Ville de Québec a invité la coalition à formuler une demande d’affichage formelle – les choses se gâtent de nouveau mercredi : l’administration municipale avise la coalition syndicale qu’elle s’expose à des amendes de 400 000 $ par jour en cas de récidive.

Combien ?

Jusqu’à maintenant, il y a eu trois vagues importantes dans les médias. Et d’autres étapes suivront assurément !

Nous avons analysé deux de ces retombées :

  • La Ville juge les pancartes illégales, Le Soleil, 20 juillet, page 3. Pour la Ville de Québec, le titre et l’amorce sont positifs. Pour la coalition syndicale, la photographie et la légende sous la photo sont déterminantes. Gain de 24 323 $ pour la Ville de Québec et de 25 289 $ pour « les syndicats » ;
  • Des affiches syndicales qui pourraient coûter cher, Le Journal de Québec, 2 août, page 9. La Ville de Québec essuie des citations négatives de la part du directeur québécois du SCFP, Marc Ranger, et elle a choisi de ne pas répliquer. Gain de 3 113 $ pour la Ville de Québec et de 4 242 $ pour « les syndicats ».
  • Plusieurs réputations, plusieurs bénéfices

Certaines méthodologies d’analyse du contenu des médias traditionnels et sociaux permettent de déterminer le gain de réputation – ou le déficit – au bénéfice des entreprises, des organisations, des marques ou des personnalités.

LA COALITION SYNDICALE A PARTI LE BAL. ET LES AUTRES VILLES ONT DÛ RÉAGIR, LES UNES APRÈS LES AUTRES.

Dans ce cas-ci, les syndicats ont créé la nouvelle, et de très nombreuses villes – notamment Québec, Montréal, Laval, Saint-Jérôme, Sainte-Catherine et plusieurs autres – se sont retrouvées dans les médias, à cause d’un enjeu qu’elles n’ont pas choisi. Conséquemment, les retombées pourraient être analysées au bénéfice des syndicats et de chacune des villes mentionnées.

La Ville de Québec est gagnante

Au moment de débuter un mandat, c’est le client qui détermine le bénéfice qu’il recherche. C’est le seul moment où le client peut avoir un certain impact sur le mandat qui sera réalisé à l’externe.

Ainsi, bien qu’elle aurait probablement voulu éviter toute la couverture de presse sur l’affichage syndical, la Ville de Québec – qui a choisi la ligne dure – pourrait vouloir connaître son gain de réputation en fonction de sa stratégie.

De ce point de vue, la Ville de Québec a su tirer son épingle du jeu dans son bras de fer contre les syndicats, et plusieurs retombées lui sont favorables – ou relativement neutres, ce qui, dans les circonstances, est très bon pour sa réputation.

… et la coalition syndicale aussi

Pour sa part, la coalition syndicale pourrait faire analyser l’ensemble de sa couverture dans les médias traditionnels et sociaux au bénéfice de « les syndicats » – une appellation qui a été beaucoup plus utilisée par les médias que « coalition syndicale ». Et chacun des syndicats pourrait vouloir connaître le nombre de mentions à son sujet, tout en sachant que c’est le leader du groupe – le Syndicat canadien de la fonction publique et son porte-parole, Marc Ranger – qui a pris le haut du pavé.

Chose certaine, c’est Mission accomplie ! pour les syndicats qui se sont démarqués, jusqu’à maintenant, dans l’avant-campagne électorale.

inauguration Donald Trump

Couverture médiatique de l’inauguration à travers le monde

  • ​Les ¾ de la couverture proviennent de l’Amérique du Nord
  • 18 % de la couverture en provenance des médias de l’Europe, surtout de la France, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
  • Et la Russie ? 1 % de la couverture en Europe… C’est peu.
  • Ton de la couverture : moitié positive (discours de M. Trump, parade, bals, etc.) et l’autre moitié négative (visibilité des manifestations, critiques, peur et opposition).

couverture inauguration Trump

Donald Trump sur les médias sociaux

  • ​Donald Trump publie 13 publications par jour en moyenne sur les médias sociaux (Twitter, Facebook et Instagram) depuis le 9 novembre.
  • Plus de 900 publications au total
  • Les mots clés les plus utilisés par Donald Trump :

#usa
#trumpTrain
#MAGA
#MakeAmericaGreatAgain
#AmericaFirst
#ThankYouTour2016

  • ​Donald Trump est actif sur Twitter, mais aussi sur Facebook et Instagram …
  • Depuis le 9 novembre, c’est d’ailleurs sur Facebook qu’il a le plus publié.

Facebook : 380 publications
Twitter : 359 publications
Instagram : 178 publications

  • ​Ses abonnés interagissent d’ailleurs plus sur Facebook et Instagram que sur Twitter.
  • ​Durant l’inauguration (19 au 21 janvier), plus de 15 millions d’interactions (j’aime, partage, commentaires, retweet) de ses « fans » ou détracteurs sur les plateformes sociales de Donald Trump. ​
  • C’est plus de 40 000 « j’aime » (ou commentaires, partages, etc.) à chaque minute…

Trump Twitter