Marques

De la Fête des neiges au Domaine des flocons, en passant par la patinoire du Canal rideau et Montréal en lumière, il y a des activités hivernales de qualité pour tous les goûts.

Partout, les organisateurs rivalisent d’imagination pour nous attirer sur des sites précis, dans le but avoué de nous faire « vivre » des expériences formidables et inoubliables – le tout à la satisfaction des gestionnaires de marques qui investissent de façon de plus en plus stratégique afin de plaire.

Cette semaine, nous comparons deux événements qui ont des caractéristiques communes et qui, pourtant, adoptent des stratégies de communication très différentes : l’Igloofest et le Carnaval de Québec.

Igloofest est un festival de musique électronique qui, depuis 2007, a lieu en janvier dans le Vieux-Port de Montréal. La caractéristique de ce festival de musique électronique urbain est qu’il propose une programmation hivernale extérieure. Cette année, il a lieu du 19 janvier au 2 février.

Pour sa part, le Carnaval de Québec – créé en 1955 – est la plus grande fête d’hiver au monde. Il est connu pour Bonhomme et son palais de glace, et aussi pour ses duchesses. Cette année, il a lieu du 26 janvier au 11 février.

Montréal et Québec : deux mondes !

Affirmer qu’il y a d’énormes différences entre les marchés de Québec et de Montréal serait un euphémisme !

Comparons à quel point les médias traditionnels ont couvert de façon très différente les trois premiers jours des actuelles éditions de l’Igloofest et du Carnaval.

Ici aussi, on observe le « phénomène de la radio de Québec » – qui a généré 216 mentions sur le Carnaval alors qu’Igloofest n’en a obtenu que… 2 dans les stations de Montréal.

Au total, Igloofest n’a obtenu que 33 retombées dans les médias traditionnels du grand Montréal alors que le Carnaval en a obtenu 304 – et ce, malgré les commémorations du premier anniversaire de la fusillade à la Grande mosquée de Québec qui ont relégué ce premier week-end dans l’ombre.

Peu couvert à la télévision, l’Igloofest a généré un intéressant gain de réputation de 6 680 $ à CTV, le 19 janvier 2018  – tel que déterminé par l’outil Mesure D. Toutes les variables sont positives, dont celles-ci : la présentation du sujet, l’amorce, les photos, le traitement journalistique, les images et le ton.

Médias traditionnels et sociaux : deux approches

LA « MARQUE CARNAVAL » PEINE À SE DÉMARQUER DANS LES MÉDIAS SOCIAUX.

Créé à une autre époque, le Carnaval de Québec est sur le point d’amorcer une importante transformation sous la férule de Daniel Gélinas – qui a déjà revitalisé le Festival d’été et l’organisation des célébrations du 400e anniversaire de Québec.

Depuis la création de leurs comptes sur Instagram, Igloofest y regroupe plus de trois fois le nombre d’abonnés et de publications que le Carnaval. Mais, celui-ci est premier au chapitre du taux d’engagement.

Toutefois, d’ici à ce qu’un coup de barre soit donné, la « marque Carnaval » peine à se démarquer dans les médias sociaux. Par exemple : peu de « hashtags » sont utilisés, et Bonhomme a un compte Instagram qui est inactif depuis… avril 2017 !

Heureusement pour le Carnaval : l’Office du tourisme de Québec s’assure que les déplacements de Bonhomme aux quatre coins de la ville sont diffusés sur son site.

Mais, l’organisation du Carnaval ne retourne pas la politesse puisqu’elle n’utilise pas le « hashtag » #quebecregion…

Pour leur part, les véritables Duchesses du Carnaval sont à peine présentes sur Instagram, comme en témoignait leur faible nombre d’abonnés de 644 après le premier week-end… et la revengeance des Duchesses ne décolle pas non plus avec 240 abonnés.

Sur Facebook, l’équipe de l’Igloofest a un très faible taux d’engagement (moins de 1 %) auprès d’un public qui vient de plusieurs régions, uni par un profil plutôt « lifestyle ». Pour sa part, l’organisation du Carnaval ne tire pas pleinement profit de ses quelque 80 000 abonnés – une clientèle essentiellement régionale – en n’entretenant pas de conversations régulières. Le Carnaval aurait tout intérêt à implanter une campagne de marketing d’influence auprès des blogueurs et youtubers qui s’adressent aux familles.

Rien n’est acquis…

Les événements sont comme les restaurants : incontournables une journée, leur pertinence est questionnée le lendemain.

Alors que le Carnaval de Québec s’apprête à vivre une Xième évolution, Igloofest est « tendance »… pour le moment. Et pas à l’abri d’un questionnement visant à continuer d’impressionner sa clientèle.

Ces derniers jours, entre les hausses de taxes de la mairesse Plante, les annonces de départs au Parti Québécois et les défaites qu’accumule le Club de hockey Canadien, peu de bonnes nouvelles se sont démarquées.

Mais, l’une d’elles a retenu mon attention : une « opération séduction » réalisée auprès d’influenceurs pour la marque de manteaux Kanuk par la firme de relations publiques FDM.

Au début janvier, alors qu’il a fait particulièrement froid au Québec, la marque Kanuk a voulu profiter de la notoriété de plusieurs personnalités de la colonie artistique. Sept d’entre elles ont reçu un manteau dernier cri en échange d’une entente de visibilité sur Instagram : Karine Vanasse, Pierre-Luc Funk, Olivier Dion, Sophie Nélisse, Jean-Philippe Wauthier, Julianne Coté et Bianca Gervais.

Pourquoi eux et elles ? Probablement parce que leurs noms ont fait partie d’une longue liste de personnalités très populaires qui incarnent les valeurs de la marque – notamment le dynamisme – et qu’ils ont accepté de s’y associer.

Combien?

Ces personnalités rejoignent, notamment sur Instagram, des abonnés qui s’intéressent à ce qu’ils ont à dire et font. Leur popularité varie énormément.

Ainsi, l’animateur et chanteur Olivier Dion – issu de Star Académie – domine largement avec plus de 350 000 abonnés; l’animateur Jean-Philippe Wauthier, de Radio-Canada, ferme la marche avec… 16 000.

Ce sont les artistes plus jeunes (Pierre-Luc Funk, Julianne Côté et Sophie Nélisse) qui ont obtenu plus d’engagement que les autres. Aucune surprise… puisqu’Instagram rejoint un public plus jeune, donc plus porté aux engagements spontanés.

Le 17 janvier 2018, le compte Instagram de Kanuk comptait 5518 abonnés et un taux d’engagement de 2,89%.

Il est intéressant de constater que les personnalités plus jeunes ont généré un taux d’engagement plus élevé envers la marque Kanuk qu’elles n’obtiennent généralement. Dans d’autres cas (ex : Karine Vanasse), c’est leur taux d’engagement général qui est supérieur.

Retour sur investissement et… plaisir

Ce n’est pas Instagram qui a inventé la pose de personnalités mettant un produit en vedette…

Le placement de produits – qu’il soit convenu entre une marque et un média ou directement avec une personnalité – existe depuis plusieurs décennies. Par exemple, l’ex-journaliste sportif Richard Garneau fumait des Du Maurier en ondes… dans les années 60 !

Richard Garneau dans une publicité télévisée…

Si cette nouvelle campagne de Kanuk a été conçue pour Instagram, c’est parce qu’il s’agit d’une plateforme idéale, en 2018, pour promouvoir ses manteaux.

Mais, l’entreprise a recours depuis longtemps à des personnalités. Le cinéaste Pierre Falardeau était devenu un véritable ambassadeur de la marque dans une plateforme d’une autre époque : un catalogue !

Yan England posait fièrement dans le catalogue de Kanuk en 2012.

AUJOURD’HUI, LES ATTENTES DES GESTIONNAIRES DE MARQUES ENVERS LES PERSONNALITÉS SONT SOUVENT TRÈS PRÉCISES, ÉNORMES ET… IRRÉALISTES.

Différents indicateurs de performance sont utilisés pour mesurer l’impact d’une campagne réalisée auprès d’influenceurs. Le nombre d’engagements en est un. Le gain de réputation en dollars, un autre.

Mais, au-delà des ententes signées, il y a le plaisir que dégagent les personnalités qui ont reçu un manteau, une poussette pour bébé, un billet d’avion ou je ne sais quoi…

Dans ce cas-ci, seuls Pierre-Luc Funk et Bianca Gervais ont mentionné que le manteau qu’ils présentaient en photo était un cadeau. Et c’est Pierre-Luc Funk qui a été le plus généreux envers Kanuk, jouant les mannequins par grand froid.

Quand les médias sociaux s’invitent dans les traditionnels…

Certaines campagnes réalisées auprès d’influenceurs parviennent à s’inviter dans les médias traditionnels.

Par exemple : cette « opération séduction » de Kanuk a constitué le premier exemple donné par La Presse+ dans un récent reportage sur le marketing d’influence.

Nous avons analysé cette retombée intitulée « Quand les artistes font de la pub », La Presse+, 13 janvier 2018. Toutes les variables sont positives, dont celles-ci : la présentation du sujet, les images, le traitement journalistique, la position dans le média, le nombre de mentions et la mortaise. Gain de réputation de 36 678 $ pour Kanuk.

Que cette campagne d’influenceurs se soit retrouvée dans les médias traditionnels est un signe supplémentaire de sa réussite !

Changer le nom, le logotype ou l’ADN d’une marque ou d’une entreprise est un exercice risqué.

L’histoire est remplie d’exemples où les raisons évoquées – à la suite d’un échec – ne tenaient pas la route. Rappelons-nous le changement raté du logotype de GAP… et le retour à celui que les consommateurs aimaient ! Et l’on parle encore de la plus importante erreur de l’histoire de Coca-Cola, 32 années plus tard…

LES RISQUES DE NUIRE À LA RÉPUTATION SONT BEAUCOUP PLUS FAIBLES LORSQUE LES CHANGEMENTS SONT RÉFLÉCHIS ET RÉALISÉS EN SYNERGIE.

Heureusement, les risques de nuire à la réputation – qui découlent de tels changements – sont beaucoup plus faibles qu’auparavant puisque ceux-ci sont de plus en réfléchis et réalisés en synergie. La recette à peu près assurée du succès ? Les décideurs à l’interne font appel à des spécialistes de l’identité de marque et à des professionnels des relations publiques.

L’importance des messages clés

LA MARQUE ÉNERGIR EST ENTRÉE DE FAÇON HARMONIEUSE DANS L’ACTUALITÉ QUÉBÉCOISE

Il y a quelques jours, Gaz Métro a annoncé le changement de son identité : désormais, l’entreprise s’appelle Énergir.

Plusieurs firmes aux expertises complémentaires ont accompagné la direction et les communicateurs à l’interne, notamment Cossette (identité de marque). Une importante campagne publicitaire et une opération de presse ont été orchestrées.

Ce changement d’identité – qui prendra un certain temps à s’incarner dans les mentalités et les innombrables visuels – semble réussi à première vue puisque les messages clés ont été soigneusement préparés par les communicateurs.

Le résultat est double : en consultant le dossier de presse, les journalistes ont rapidement trouvé la nouvelle, et la couverture dans les médias traditionnels et sociaux tirait sa source des messages clés de l’entreprise.

Voici des extraits de la couverture de presse – qui doit sans doute plaire aux communicateurs d’Énergir :

  • « Désormais, le distributeur et le producteur d’énergie s’appellera Énergir afin de mieux refléter son «évolution considérable» depuis 10 ans »;
  • « L’entreprise se renomme Énergir, pour Énergie et Agir »;
  • « Énergir demeure la même entreprise, avec la même équipe, qui travaille à la décarbonisation de l’économie. » ;
  • « Près de 45 % de ses activités sont aujourd’hui non gazières »;
  • « Sa filiale Green Mountain Power est le principal distributeur d’électricité au Vermont » ;
  • « Gaz Métro est la propriété d’une équipe d’investisseurs dont la Caisse de dépôt, qui est l’actionnaire de contrôle, le Fonds FTQ et BC Investment Management Corporation, et d’Enbridge. Le public en détient une partie via Valener, dont les actions sont inscrites en bourse. »

Combien?

En trois jours, soit du 29 novembre au 1er décembre, les médias québécois ont parlé de ce changement de nom à 137 occasions. C’est beaucoup pour ce type de nouvelle, même si ce n’est pas vraiment surprenant… puisque la marque Gaz Métro jouit d’une bonne réputation et d’une présence remarquée dans le paysage québécois.

La nouvelle marque Énergir a fait l’objet d’une couverture plus importante (en nombre) à la radio et à la télévision ; moins nombreux, les textes dans la presse écrite ont été beaucoup plus étoffés.

Nous avons analysé deux de ces retombées avec l’outil Mesure D :

  • « Gaz Métro change de nom et d’image », Lesaffaires.com, 29 novembre. Les variables sont toutes positives, dont celles-ci : l’amorce, la photo avec le nouveau logo, le traitement journalistique, etc. Gain de 2 042 $ ;
  • « Gaz Métro devient Énergir », Le Devoir, 30 novembre, pages B1 et B2. Les variables sont toutes positives, dont celles-ci : l’amorce, la photo avec le nouveau logo, la légende, le traitement journalistique, la position dans la page, la position dans le média, etc. Gain de 11 831 $.

Et maintenant…

Je vais conclure en m’inspirant de mon introduction : changer le nom, le logotype ou l’ADN d’une marque ou d’une entreprise est un exercice… qui doit être planifié bien au-delà du « Jour J » de l’annonce.

Plusieurs publics doivent simultanément connaître, comprendre et apprécier la véritable raison de ce « changement de marque », et ce, avec des messages clés parfois différents, mais toujours soudés à cette raison.

Les communications internes ont toujours un rôle clé à assurer dans la réussite d’un changement d’identité – parce que, même s’il s’agit d’un cliché, je vais terminer là-dessus : les ressources humaines sont la principale ressource de toute organisation et son plus important groupe d’ambassadeurs.

Choisir de commanditer un événement en particulier, à travers mille et une propositions reçues, est devenu un art.

Fort heureusement, nous sommes assez loin de l’époque du « on mettra votre logo partout en échange d’un chèque »… quoiqu’il existe encore des « wheeler dealers » pour proposer aux gestionnaires de marques toutes sortes de projets qui ne tiennent pas la route.

Or, malgré des analyses poussées, réalisées par les professionnels de l’industrie de la commandite – grâce à leur expertise et différents outils sophistiqués – le mariage à peu près parfait entre les attributs d’une marque et un événement demeure très rare.

Parmi les exceptions de réussite : la Coupe Rogers. Ces jours-ci, les dirigeants et les gestionnaires de la marque Rogers doivent se frotter les mains !

Une ou deux conditions à la réussite d’un mariage… en commandite !

Qu’est-ce qui fait de la « Coupe Rogers, présentée par Banque Nationale », un mariage réussi pour les marques Rogers, Banque Nationale, Tennis Canada et Uniprix ?

Les experts de la commandite affirment continuellement qu’une condition doit absolument être remplie pour qu’une association entre une marque et un événement soit appréciée par les publics visés : le naturel. C’est-à-dire que les gens doivent décoder que les valeurs de la marque et celle de l’événement sont vraiment les mêmes.

Dans ce cas-ci, il n’y a pas qu’une seule marque et un événement, mais… plutôt six marques, soit : deux événements qui ont lieu simultanément à Montréal et Toronto (sous l’égide de l’ATP et de la WTA), le promoteur (Tennis Canada), le commanditaire en titre (Rogers), le présentateur (Banque Nationale) et le commanditaire du stade (Uniprix).

Si « la mayonnaise prend » à chaque année, c’est que les valeurs de chacune des marques sont compatibles : la santé (le tennis et une chaîne de pharmacie) et des entreprises crédibles (Rogers, Banque Nationale, ATP, WTA, Tennis Canada et Uniprix).

Un deuxième ingrédient vient contribuer au rayonnement de la marque Rogers : l’intégration de son nom dans celui de l’événement. Ceci est très rare.

Dans ce cas-ci, les médias n’ont pas vraiment le choix d’appeler l’événement par son nom… et mentionnent sans arrêt « Coupe Rogers » en quantité sensationnelle, jour après jour depuis le début août !

Parallèlement, le nom de l’endroit où est disputée la Coupe Rogers à Montréal (le Stade Uniprix) est souvent mentionné – comme c’est le cas des domiciles du Canadien (Centre Bell), de l’Impact (Stade Saputo), des Alouettes (Stade Percival-Molson).

Combien ?

Voici quelques données:

Coupe Rogers – Montréal vs Rogers Cup – Toronto
Médias canadiens entre le 1er et le 9 août 2017

Du 1er au 9 août inclusivement, il a été beaucoup plus question de la Coupe Rogers dans les médias de Montréal (56 %) que dans ceux de Toronto (44 %). Durant cette période, la marque Rogers a été soulignée 1607 fois sans association à l’événement, et l’événement « Coupe Rogers » a été mentionné pas moins de 11 144 fois !

DU 1ER AU 9 AOÛT, LES MÉDIAS QUÉBÉCOIS ET ONTARIENS ONT MENTIONNÉ LE NOM ROGERS 11 144 FOIS !

Sans surprise, c’est à la radio – média de proximité par excellence – qu’il a été le plus souvent question de la Coupe Rogers.

Et maintenant…

Même si quelques chiffres spectaculaires – tels le nombre de mentions de la marque Rogers – ont de quoi impressionner dirigeants, gestionnaires de marque, responsables des commandites et communicateurs, il est évident que le travail d’analyse, d’évaluation et de choix stratégiques pour 2018 n’est pas réalisé pour autant.

En effet, malgré une telle performance, l’analyse d’un grand nombre de données quantitatives et qualitatives pourrait contribuer à un succès encore plus impressionnant, lors la prochaine édition de l’événement.

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine, grâce à une ou à quelques retombées de presse.

Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

Parmi les organisations qui, au Québec, parviennent le mieux à se démarquer dans l’actualité, il y a sans contredit CAA-Québec. 

Régulièrement, sur différents sujets qui touchent la vie des Québécois, cet OSBL est parvenu à s’imposer grâce à de nombreux dossiers fouillés qui sont présentés avec clarté par ses porte-parole. Du bonbon pour les médias !

Cette semaine, CAA-Québec a pris la parole sur un sujet toujours gagnant : le prix de l’essence.

 Combien?

                                                                                                                       

caa-quebec

 

Au cours des six derniers mois, CAA-Québec a réalisé cinq opérations de presse d’importance, en plus d’intervenir de façon régulière sur différents sujets.

Qu’il s’agisse de trucs pour rouler moins cher en hiver, de congestion routière, du Salon de l’auto de Montréal, des pires routes de 2017 et du prix de l’essence : ces sorties médiatiques orchestrées ont su retenir l’attention des médias.

 caa-quebec

En 24 heures, CAA-Québec est parvenu à obtenir pas moins de 279 retombées dans les médias grâce à sa récente étude sur le prix de l’essence. C’est beaucoup, considérant la compétition avec les autres sujets d’actualité (financement du PLQ, Trump et l’Aléna, Maxime Bernier etc.).

Ce sont les stations de radio (38 %) et les sites web (36 %) qui, sans surprise, ont généré plus des deux tiers des retombées. La télévision n’est pas en reste avec 24 %. Et, même si les quotidiens ont un très petit pourcentage, ils ont néanmoins couvert cette plus récente sortie de CAA-Québec.

Nous avons analysé deux de ces retombées :

  • Le Soleil, 26 avril, page 31. Même si CAA-Québec n’est pas mentionnée dans le titre et le 1er paragraphe – deux éléments-clés qui sont mesurés – le nombre de mentions de l’organisation et les citations attribuées à la porte-parole ont contribué à démontrer que CAA-Québec défend les automobilistes. Gain de réputation de 6 955 $ pour CAA-Québec.
  • Puisqu’il faut se lever, 98,5 FM, 26 avril. Le porte-parole Pierre-Olivier Fortin est parvenu, en seulement 3 minutes et 11 secondes, à présenter les faits saillants de l’étude et de rappeler que le rôle de CAA-Québec, dans un tel cas, est d’observer le comportement des pétrolières et de poser des questions. Gain de réputation de 13 095 $ et écart favorable de 142 % pour CAA-Québec.

Analyse

Le dicton « Rome ne s’est pas fait en un jour » s’applique parfaitement à la situation de CAA-Québec.

C’est en effet avec beaucoup de patience et de persévérance, au fil du temps, que des organisations telles CAA-Québec et Protégez-vous parviennent, avec des budgets serrés consacrés aux relations de presse, à assurer une présence aussi importante que marquante.

Les néophytes ont souvent les deux mêmes certitudes : diriger le Canadien de Montréal et se démarquer en relations de presse, c’est facile ! Or, que ce soit récemment contre les Rangers de New-York ou à tout moment dans l’actualité : c’est de plus en plus difficile et complexe.

Toute organisation qui est présente sur une base régulière dans les médias traditionnels et sociaux doit définir ses stratégies en fonction de ses messages clés et des catégories de médias les plus appropriés pour les relayer.

Ainsi, ce sont les quotidiens qui se prêtent le mieux aux entrevues de fond. Ce sont les activités qui sont les plus visuelles qui conviennent le mieux à la télévision. Dans certains cas, il est préférable de cibler la radio ou les médias locaux, etc.

 En 24 heures, CAA-Québec a obtenu 279 retombées dans les médias. C’est beaucoup !

Faire mesurer les retombées de presse – suscitées ou non – permet notamment de :

  • connaître l’intérêt de tous les médias ciblés pour un sujet plutôt qu’un autre ;
  • obtenir et croiser de nombreuses données quantitatives et qualitatives ;
  • segmenter les données selon les catégories de médias, les marchés prioritaires, les commentateurs les plus influents, etc. ;
  • apprécier les plus importants gains de réputation en dollars parmi les retombées obtenues dans les médias traditionnels et sociaux ;
  • obtenir des pistes stratégiques pour réaliser les prochaines opérations de presse.

Ceci est possible lorsque les communicateurs s’appuient sur des outils d’évaluation qui améliorent la gestion de leurs communications et contribuent au rayonnement de leur travail.

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine, grâce à une ou à quelques retombées de presse.

 Note: Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

Ricardo Elle à table

Dans sa plus récente édition, le magazine français ELLE France consacre pas moins de 21 pages à Ricardo et à Montréal.

21 pages ! C’est la meilleure preuve que la direction de ce magazine a voulu faire rayonner en France, celui qu’elle surnomme le « gentleman-trappeur ». Il tente de conquérir ce marché avec un livre de recettes et une émission de télé.

Au cours des derniers jours, au Québec, les médias traditionnels et sociaux ont beaucoup plus parlé de ce qui retroussait dans ce texte que de ce qu’il contient de positif et d’attrayant.

Voici le verdict de l’équipe de Mesure Média :

  • Si Ricardo et la Ville de Montréal avaient déboursé pour acheter 21 pages dans cet important magazine vendu en France à une clientèle de qualité, la facture aurait été de 443 877 $ (tarif non négocié).
  • Malgré les clichés et bêtises que le journaliste saupoudre ici et là, le gain de réputation est le même pour Ricardo et la Ville de Montréal : 1 039 875 $.
  • L’écart favorable est de 134 %, ce qui est largement au-dessus de notre seuil moyen de 50 %.

Qu’est-il donc arrivé ?

À la suite d’une visite d’une semaine à Montréal et de rencontres avec Ricardo Larivée, le journaliste Julien Bourré a brossé un profil qui fait saliver tout Montréalais ! Il s’agit d’un reportage fusionnel entre Montréal, destination gastronomique, et le « Punk Iroquois » (ça ne s’invente pas…).

Le texte est très intéressant et les photos, formidables ! Ce dossier très étoffé nous donne le goût de prendre des vacances non prévues et de redécouvrir notre ville à pied. Lentement. Et en allant surtout manger partout : au Café Ricardo, au Marché Jean-Talon et dans un grand nombre de restaurants.

Là où le bât blesse, c’est que ce reportage est rempli de clichés et d’expressions d’une autre époque. Et d’une pure invention.

Là où le bât blesse, c’est que ce reportage a été conçu uniquement pour le marché français. Et, comme c’est fréquent, il est rempli de clichés et d’expressions d’une autre époque. Et d’une pure invention.

On parle du Québec comme de « la Nouvelle-France » et de « la Belle Province » (sans surprise, c’est à La Banquise que le journaliste est allé manger une poutine, pas à la Belle Province…).

On qualifie quelques femmes rencontrant Ricardo sur la rue de « fan club sauvage ». On écrit à son sujet : « Il y a chez lui, comme en tout Québécois, une vénération de la retraite dans l’érablière ».

Et voici l’invention : « Pendant le temps des sucres (de 4 à 6 semaines autour de Pâques), un porc est traditionnellement sacrifié et congelé en plein air, véritable garde-manger dont on tire des charcuteries fumées au bois d’érable ».

Surprise, excuses et récupération

Rejoint par l’animateur Alain Gravel, à la suite de réactions aussi vives que nombreuses dans les médias sociaux, le journaliste s’est dit «mortifié» par les réactions négatives que son texte a suscitées dans le «Nouveau Monde».

Dans la même veine, la direction du magazine s’est excusée sur un ton sympa, en plus de publier de suaves commentaires de Québécois, accompagnés de photos.

Une fois de plus, des journalistes français ont confondu leurs fantasmes pour nos grands espaces et la réalité !

Rappelez-vous ce reportage diffusé, en 2014 à la télé française. Ce n’est pas étonnant que mon ami Laurent, en Champagne, parvienne à faire croire à ses amis et collègues que son «pote» Québécois se rend à son bureau en traîneau à chiens…

Une révision au Québec, peut-être ?

La direction d’ELLE France aurait pu faire une chose toute simple : demander à ses collègues d’ELLE Québec de réviser le texte. À moins, bien sûr, qu’elle ne se régale actuellement de cette controverse comme s’il s’agissait de délicieuses coulées de tire sur la neige…

analyse média

Pourquoi faudrait-il continuer de faire analyser sa couverture obtenue dans la presse écrite (journaux et web), à la radio et à la télévision ?

Cette question, on me l’a posée lors d’une conférence que j’ai donnée à l’événement Communication de crise, organisé la semaine dernière par Les Affaires.

Les médias sociaux se sont retrouvés au cœur de plusieurs discussions entre les conférenciers et les participants.

Rien de surprenant, puisque de plus en plus de campagnes de communication et marketing se déroulent sur les médias numériques, et l’on ne compte plus les crises qui naissent désormais sur Twitter, Facebook et autres.

Aussi, selon une donnée récente provenant du Centre d’étude sur les médias de l’Université Laval :

En 2015, au Québec, les médias numériques détrônaient la télévision comme principal moyen d’être informé.

Une question d’actualité…

Durant ma présentation, j’ai d’abord présenté différents exemples d’analyses de gestion d’enjeux et de crise dans les médias traditionnels (presse écrite, web, radio et télévision) avant d’enchaîner avec des exemples tirés des médias sociaux.

Puis, un participant m’a posé cette question :

« Aujourd’hui, les médias sociaux ont-ils plus d’impact que les médias traditionnels ? Et dans ce contexte, pourquoi analyser encore les médias traditionnels ? »

… et ma réponse en trois points :

 

1- L’évaluation des médias traditionnels et sociaux : un tout.

J’ai donné l’exemple de l’analyse que nous avons fait, à chaque semaine, lors de la campagne électorale fédérale de l’automne dernier.

Il aurait été impensable de ne pas évaluer les gains et déficits de réputation des partis politiques à la suite des chroniques du très populaire Jean Lapierre, tant à la radio qu’à la télévision (médias traditionnels).

Tout comme il aurait été impensable de ne pas se pencher sur les stratégies utilisées par les partis pour mobiliser leurs partisans via les médias sociaux.

Malgré son influent compte Twitter, c’est au 98,5 que le « Québec politique » s’immobilisait, à 7 h 05, pour écouter feu Jean Lapierre.

 

2- Plusieurs histoires naissent sur les médias sociaux et sont reprises par les médias traditionnels. L’inverse est aussi vrai.

Récemment, IGA a annoncé en primeur en primeur dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec, une politique de baisse de prix dans ses magasins.

Le président de Sobeys Québec a aussi accordé des entrevues dans les médias traditionnels. Les consommateurs ont rapidement commenté cette nouvelle sur les médias sociaux, y allant à la fois de compliments et de critiques envers IGA.

Puis, La Presse + a répliqué en révélant que la bannière avait haussé le coût de certains aliments, malgré sa promesse de baisse de prix. Instantanément, les critiques sur IGA ont décuplé sur Facebook !

Si on analyse la couverture de la campagne d’IGA sur la baisse des prix, il faut tenir compte des médias traditionnels et sociaux, puisque l’un ne va pas sans l’autre.

 

3- Aussi influents soient-ils, les médias sociaux n’ont pas encore atteint le niveau de crédibilité de certains médias traditionnels

De plus en plus de campagnes de communication-marketing font appel à des influenceurs, des blogueurs, des vlogueurs et des instagrammeurs pour faire parler d’un nouveau produit ou promouvoir des services et des idées. Et des organisations (telles le Club de hockey Canadien) peuvent rejoindre leurs publics, sans intermédiaires, grâce à leurs propres médias.

Malgré cela, des reportages importants – favorables ou défavorables – dans certains médias traditionnels ont encore beaucoup de poids dans l’opinion publique, et monopolisent beaucoup d’énergies chez les communicateurs et les dirigeants.

Par exemple : l’un des participants racontait comment l’équipe de communication de SNC-Lavalin avait utilisé Twitter pour répliquer, en direct, lors d’une émission Enquête, à Radio-Canada.

Ici, on ne pourrait pas se contenter de chiffrer l’interaction de SNC-Lavalin sur les médias sociaux. Il faut aussi mesurer le déficit de réputation de SNC-Lavalin à la suite de l’émission Enquête. C’est d’ailleurs l’impact négatif majeur d’Enquête qui a incité SNC à réagir sur Twitter !

Oser… pour s’améliorer !

En gestion, il est pertinent de connaître le gain de réputation de nos meilleures retombées de presse. Tout comme il faut oser faire mesurer celles qui ont généré un déficit de réputation – pour prendre du recul…

Chez Mesure Média, nous avons adapté notre méthode de mesure du gain et du déficit de réputation en dollars – développée à l’origine pour les médias traditionnels – aux médias numériques.

Nos indices en dollars ainsi que nos scores en pourcentage s’adaptent à la fois aux variables propres à la presse écrite, à la radio, à la télévision, au web et aux journaux numériques, et aussi à Facebook, Twitter, Instagram et compagnie.

Grâce à nos données, nos clients osent se remettre en question… ce qui leur permet de définir plus précisément leurs nouvelles stratégies.

Pour en savoir plus, téléchargez notre Guide de la mesure en dollars de votre réputation sur les médias sociaux

bilan année 2015

Après un été, qui est arrivé en même temps que la rentrée scolaire, et une campagne électorale interminable, voilà que l’année 2015 tire à sa fin. Comme le veut maintenant la tradition, dressons la liste des tops et flops des derniers mois de l’année 2015.

Pour relire, les tops et flops médiatiques des six premiers mois de 2015

Tops :

1- Justin Trudeau : Les filles crient sur son passage. Les citoyens du monde entier envient les Canadiens pour notre premier ministre digne d’un sex-symbol. Celui qui a été élu à la tête du Canada, après une campagne de 11 semaines, est toujours en lune de miel avec les citoyens, d’où sa présence parmi les tops médiatiques.

Le sort de l’élection a été prédit – ou presque – sur Twitter le 15 octobre, lorsque Justin Trudeau est devenu le politicien avec le plus d’abonnés sur Twitter au Canada, dépassant ainsi son adversaire conservateur Stephen Harper après une longue lutte de plus de 70 jours.

médias sociaux campagne électorale

 

2- Drogba et le buzz de l’Impact : Joey Saputo a débuté l’année en se plaignant du manque de « buzz » pour l’Impact de Montréal. Il peut aujourd’hui crier victoire, car le buzz pour l’Impact est revenu, surtout grâce à l’ajout du joueur vedette Didier Drogba. Accueilli par des fans surexcités à l’aéroport de Montréal, Drogba a vite amené une série de gains médiatiques pour son équipe. Un exemple ? L’arrivée de Drogba à Montréal, capté pour la télé de Radio-Canada, génère un gain de réputation de 14 840 $* pour l’Impact et son joueur étoile.

 

3- Le CH domine : Dès son tournoi de golf en début de saison, le CH a balayé tout le reste de l’actualité. Pendant que certains politiciens en campagne électorale – on pense ici à Gilles Duceppe – se débattait pour obtenir de la couverture médiatique, nos glorieux bénéficiaient de 12 pages et en plus de la une du Journal de Montréal.

C’est sans compter le don impressionnant de P.K. Subban à l’hôpital pour enfants, qui a fait monter les enchères pour le choix du prochain capitaine. Pendant ce temps, Carey Price et Gallagher sont blessés, mais le CH domine la ligue. Allons-y d’un cliché : ça sent la coupe !

 

4- Inauguration du Centre Vidéotron : Parlant hockey, le nouvel amphithéâtre de Québec, le Centre Vidéotron, a ouvert ses portes en grande pompe en septembre. Parmi les sujets discutés lors de l’ouverture et qui ont fait couler beaucoup d’encre : le prix élevé des hot-dogs… À part quelques critiques, les médias ont tous couvert favorablement l’événement. L’inauguration officielle, diffusé sur TVA Sports, a rapporté un gain de réputation de 7 615$* pour le Centre Vidéotron.

 

5- Les comeback : Joël Legendre et matricule 728 : Même s’il s’est retrouvé dans les flops du début d’année 2015, Joël Legendre effectue toute une remontée et se mérite la 5e place des tops de fin d’année. Sa réputation a sérieusement été mise à mal lorsqu’il s’est fait prendre les culottes à terre dans un parc de Longueuil. À l’automne, l’animateur a toutefois effectué un retour réussi à V et MusiquePlus en animant Lip Sync Battle. Pas question d’être réembauché pour le Bye bye, mais il aura droit à son sketch…

De son côté, Stéfanie Trudeau, alias matricule 728, s’est fait écorché lors de son passage à Tout le monde en parle. Mais contre toute attente, elle a été accueillie avec sympathie au Salon du livre de Chicoutimi, alors que les visiteurs se bousculaient pour prendre des selfies avec elle. L’article relatant cette anecdote, paru dans Le Soleil notamment, lui vaut un gain de réputation de 8 110 $*. Qui l’eut cru ?

 

Parmi les mentions honorables, qui auront pu se retrouver dans ces tops médiatiques…

Paris : une ville très médiatisée cette année… Heureusement, la conférence sur le climat est venue mettre un peu de baume sur cette ville atteinte par les attentats de Charlie Hebdo et ceux du vendredi 13.

25 000 réfugiés : bien que la population soit mitigée sur leur arrivée, 25 000 réfugiés syriens se poseront au Canada dans les prochaines semaines. Les médias, dont l’émission Tout le monde en parle et Le Journal de Montréal, se sont efforcés de nous présenter des familles de réfugiés sous un beau jour. Parions que les caméras de télé seront tournées vers ces réfugiés pendant le temps des fêtes pour nous montrer leur premier Noël au Québec…

Les femmes autochtones : elles sont apparues sur le radar médiatique cet automne, elles qui ne reçoivent généralement que des miettes de couverture… Ce dossier aura toutefois eu la peau de la ministre Lise Thériault.

FIQ : automne chaud dans les négos entre le gouvernement et ses syndiqués. La FIQ, qui représente les infirmières, a mené rondement ses négos avec l’État pendant que sur le front des enseignants, ça stagne…

Star Wars : contrairement à la pratique habituelle, les journalistes n’auront pas le droit de voir Star Wars avant tout le monde. Qu’à cela ne tienne, les médias en parlent quand même !

Adele et Xavier Dolan : Dolan fait toujours partie de notre palmarès des tops et flops. Cette fois, c’est la chanteuse Adele, pour qui il a réalisé le clip de la chanson Hello, qui le fait rayonner.

 

Flops :

1- Niqab : Avec plus de 3 220 mentions dans la presse écrite et sur le web au Québec, le niqab s’est révélé un enjeu majeur de la campagne électorale. Si l’on considère qu’une soixantaine de femmes portent le niqab au Québec, chacune de ces femmes a bénéficié en moyenne de 53 articles à son sujet durant les élections. Toutefois, depuis la fin de la campagne, cet enjeu a perdu tout son intérêt…

Le niqab a aussi soulevé les passions sur les médias sociaux. La publication ayant obtenu le plus d’interactions lors de la campagne est celle de Stephen Harper, sur Facebook, affirmant qu’il ne demanderait jamais à sa fille de se couvrir son visage.

Cette publication a obtenu 87 526 interactions (54 023 likes, 29 200 partages, et 4 303 commentaires). Ouf!

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2- #flushgate : Quelques odeurs nauséabondes ont animé l’hôtel de ville de Montréal cet automne, après que le projet de déverser 8 milliards d’eaux usées dans le fleuve ait provoqué la colère des citoyens. Soudain épris d’une conscience environnementale, les conservateurs ont interrompu les plans de la ville. Manœuvre électoraliste, dénoncera le maire Coderre. Sitôt les libéraux au pouvoir, le déversement a eu lieu sous certaines conditions. En pleine gestion de crise, la descente du maire Coderre dans l’intercepteur pour suivre les opérations nous a procuré l’une des meilleures caricatures de l’année :

caricature Coderre flushgate
Source : La Presse

Surnommé le #flushgate sur Twitter, cette histoire était en une de l’actualité jusqu’à temps que surviennent les attentats à Paris. Nos problèmes d’eaux usées sont alors apparus bien insignifiants…

 

3- Marcel Aubut : Descente aux enfers pour Marcel Aubut en octobre. L’avocat s’est retiré de la vie publique et de ses occupations professionnelles après une série d’allégations de femmes victimes d’harcèlement sexuel de sa part. La nouvelle, révélée par un journaliste sur le site web du Globe and Mail, a généré un déficit de réputation de -4 115 $* contre Marcel Aubut. Et ce n’était que le début du scandale… Verra-t-on l’homme d’affaires réapparaître sur la scène publique en 2016 ? À suivre…

 

4- Volkswagen : Sans doute le plus gros flop d’entreprise en 2015. Volkswagen s’est fait prendre par des environnementalistes pour avoir truqué des moteurs diésel. La compagnie s’est excusée, mais sa crédibilité en souffre toujours comme en témoigne sa demande de pardon publiée dans les quotidiens québécois, notamment.

 

5- Eugenie Bouchard : Véritable star en 2014, la joueuse de tennis, Eugenie Bouchard, a dégringolé à la fois sur les courts et dans les médias en 2015. Alors qu’elle effectuait une remontée aux Internationaux des États-Unis à la fin de l’été, l’athlète a subi une commotion cérébrale. Quand ça va mal ! Au cours de l’été 2014, quand elle multipliait les exploits, « Genie » avait été 2 fois plus médiatisée au Québec que le premier ministre Couillard et 3 fois plus que le maire Coderre. Saura-t-elle retrouver de telles statistiques médiatiques en 2016 ?

 

Parmi les mentions honorables, qui auront pu se retrouver dans ces flops médiatiques…

Commission Charbonneau : la CEIC a fini en queue de poisson, notamment en raison d’un manque de communication avec les journalistes lors de la remise du rapport de 1741 pages ! Une fin malheureuse pour cette commission, qui a abattu un travail gigantesque.

PKP : sa position sur la partition du territoire québécois s’est transformée en déficit médiatique pour son parti. Le chef du PQ a avoué qu’il avait toujours des « croûtes à manger » en politique.

 

* Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

 

Guide RP 2015

Lorsqu’il a mentionné, récemment, que les médias ne couvraient pas assez son équipe et lancé que le « buzz » était peut-être fini, le propriétaire de l’Impact de Montréal, Joey Saputo, a tracé un parallèle avec… un fantôme!

En effet, le « plus que passionné » président de l’Impact a déploré que le maire de Montréal, Denis Coderre, semblait plus attiré par une équipe virtuelle – les Expos – que par l’avenir d’une équipe réelle : l’Impact. Et c’est sans compter l’autre important fantôme du sport professionnel : les Nordiques, dont parle abondamment le maire de Québec, Régis Labeaume…

D’où la question légitime : entre les fantômes des Expos et des Nordiques, le « glamour » d’Eugenie Bouchard, le succès des sœurs Dufour-Lapointe et l’omniprésence – 12 mois par année – du Canadien, quelle place reste-t-il, dans les médias, pour l’Impact, les Alouettes et le sport amateur ?

En d’autres mots : le cri du cœur de Joey Saputo pour que les médias s’intéressent davantage à son sport est-il justifié ?

À part peut-être le Canadien de Montréal, toute équipe ou événement sportif souhaite être plus médiatisé. C’est la même réalité pour les festivals et les activités culturelles : tous veulent plus de couverture de la part des médias !

 

Impact : le défi

Il est important de se décoller de l’arbre pour mesurer et analyser avec recul, la véritable place qu’occupe notre organisation sportive ou notre événement dans l’actualité : est-ce vraiment aussi peu que l’on est parfois porté à le croire ?

Dans le cas du sport, la situation est particulièrement difficile pour toutes les organisations qui veulent faire parler d’elles. Le hockey du CH accapare la vaste majorité de l’espace médiatique dédiée aux sports, y compris durant l’été !

Une fois le Canadien servi, il reste qu’une petite pointe de tarte à partager entre tous les autres équipes… dont l’Impact.

Autre phénomène : plusieurs amateurs – et journalistes ! – souhaitent la renaissance d’équipes disparues. À Québec, on parle continuellement du possible retour des Nordiques depuis plus de cinq ans. Et à Montréal, le retour du baseball majeur, appuyé par le maire Coderre et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, est dans l’air depuis plus d’un an.

D’ailleurs : seulement depuis le début de l’année 2015, il a été question des Expos de Montréal dans 130 articles de journaux et sites Web d’information au Québec.

Si l’on ajoute l’investissement de 11 millions de dollars consenti par le maire Coderre pour la réfection des terrains de baseball de la ville, ainsi que tout ce qui tourne autour du retour du baseball majeur à Montréal, on répertorie au moins 215 articles sur le thème « baseball » à Montréal.

En comparaison, 280 articles mentionnent l’Impact de Montréal depuis le 1er janvier…

C’est plus que le baseball, mais bien peu si l’on réalise que les Expos n’existent plus… et que l’Impact est une équipe bien réelle avec un stade neuf de plus de 20 000 places !

Du côté des Nordiques et d’une possible expansion de la LNH à Las Vegas – possiblement avant Québec – quelque 200 articles ont été écrits sur le sujet depuis le début 2015. Mais c’est sans compter les radios de Québec et les chaînes sportives qui couvrent abondamment un éventuel retour des fleurdelisés…

 

… et la Genie Mania !

Ajoutons dans le portrait le tennis… Un sport de plus en plus populaire dans nos médias en raison, notamment, des succès d’Eugenie Bouchard. La joueuse montréalaise, qui a toujours eu une couverture de presse assez favorable, a toutefois été critiquée récemment pour son absence à la Fed Cup qui a eu lieu à Québec…

Uniquement depuis le 1er janvier, plus de 800 articles ont traité d’Eugenie Bouchard… rien qu’au Québec ! Près de 3 fois plus que l’Impact. Bref, des manchettes et des textes de toutes longueurs qui s’accumulent pour cette joueuse prometteuse, mais qui laissent moins d’espace aux autres athlètes…

Dans ce contexte, il est très difficile pour les autres sports d’obtenir une couverture médiatique abondante, et ce même si une équipe, comme l’Impact ou les Alouettes, remporte du succès sur le terrain et que les joueurs se rendent disponibles aux journalistes.

 

Gain et déficit de réputation…

Lors de son récent cri du cœur devant les médias, le président de l’Impact a généré quelques retombées de presse qui ont – ce n’était certainement pas son objectif –engendré un déficit de réputation.

Toutefois, dans la majorité des cas, l’Impact parvient à faire parler favorablement de  son organisation et de ses activités. Par exemple : après son match préparatoire contre l’équipe mexicaine Cruz Azul (le 11 février), l’équipe de soccer professionnel a bénéficié de deux pages dans la section des sports du Journal de Montréal. Deux pages publiées derrière le hockey et Eugenie Bouchard, mais deux pages quand même !

À elles seules, ces deux pages ont généré un gain de réputation de 108 920 $* pour l’Impact de Montréal, selon notre outil d’évaluation des médias mesure [d].

Au-delà de la quantité, il faut aussi s’assurer de la qualité et de la valeur de sa couverture. C’est là-dessus qu’une équipe comme l’Impact doit miser.

Si l’Impact n’aura jamais la quantité de couverture du CH, il est tout de même possible d’obtenir de la couverture de presse favorable la plupart du temps. C’est au moins cela de gagné pour l’équipe et ses partenaires !

 

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

Alors que l’année 2014 tire à sa fin et que les traditionnelles revues de l’année sont en préparation, permettez-nous de vous proposer la nôtre. Et puisque nous avons souvent le nez plongé dans l’actualité, voici la 1ière partie de nos « tops » et nos « flops » médiatiques de 2014. 

revue média 2014

 

Les « tops » :

1- Denis Coderre : On peut possiblement reprocher certaines choses au maire de Montréal, mais pas celle de manquer de visibilité médiatique.

Y-a-t-il une seule journée durant laquelle il ne donne pas d’entrevues ?

Certains commentateurs le qualifient d’« omnimaire ». À l’image de ses nombreuses priorités, le maire Coderre est partout dans les médias. Dans les seuls journaux du Québec, Monsieur le Maire récolte 4614 mentions durant les 12 derniers mois. En comparaison, l’ex-maire Gérald Tremblay avait eu une présence deux fois plus faible avec 2152 mentions en 2011 (année avant sa démission).

coderre-titres 

 

2- Quatre athlètes féminines : Bien que les joueurs du Canadien soient tous plus médiatisés que les autres athlètes, ce sont surtout quatre femmes qui ont su se démarquer dans les pages sportives, mondaines et culturelles en 2014.

Pendant les Jeux olympiques de Sotchi, le public a découvert les trois sœurs Dufour-Lapointe. De spécialistes des bosses, elles sont devenues, entre autres, les visages d’une marque de cosmétique, des souliers Spring, en plus de prêter leur voix au film d’animation Les avions.

Pour sa part : grâce à ses succès sur les courts des grands chelems, Eugenie Bouchard a fait la manchette durant la saison chaude. Elle s’est retrouvée 10 fois en une de La Presse +. Comme quoi, il n’y pas juste les hommes qui lancent et comptent !

 

3- Bernard « Rambo » Gauthier : Voilà un homme qui pourrait se retrouver autant dans les « tops » que les « flops » !

Malgré ses démêlés avec la justice dans des causes d’intimidation et d’harcèlement, Bernard « Rambo » Gauthier a surpris lors de son passage à la Commission Charbonneau. Il était si bien préparé que plusieurs se sont demandé si un professionnel de la communication le conseillait ainsi. Mystère et boule de gomme…

Martelant son message à l’effet qu’il défendait sans conditions les travailleurs de la Côte-Nord, il s’est posé en syndicaliste accompli, nous faisant presque oublier son comportement de fier-à-bras…

À son retour sur la Côte-Nord après la Commission, ses collègues l’ont accueilli avec des porte-clés à son effigie – porte-clés dont les profits de la vente ont été remis à des bonnes œuvres. Le Soleil titrait alors « Rambo superstar », qui ce a valu un gain de réputation de 28 160 $* pour Rambo Gauthier, selon notre outil mesure [d].

En prime, « Rambo » termine l’année avec une biographie rédigée par nul autre que Victor-Lévy Beaulieu !

 

4- Bélugas et GND : Même si leur population est en déclin, force est de constater que les bélugas sont moins menacés ces jours-ci que le projet de pipeline de TransCanada. Des citoyens ont commencé à manifester, dès cet été, contre les travaux de forage de TransCanada, à Cacouna, site de reproduction des bélugas.

L’enjeu cheminait tranquillement dans l’actualité jusqu’à ce que le plan de communication de TransCanada, jugé agressif par des groupes environnementaux et des journalistes, soit dévoilé publiquement.

Gabriel Nadeau-Dubois (GND) a ajouté sa touche en offrant sa bourse du Gouverneur général à l’organisme Coule pas chez nous, qui lutte contre le projet de TransCanada. Les bélugas peuvent remercier GND, car qui veut maintenant de cet oléoduc après tout ce battage ?

 

5- Xavier Dolan : Dans la catégorie des ambassadeurs du Québec à l’étranger, difficile de passer à côté du travail du cinéaste Xavier Dolan.

Dans les journaux français seulement, avec le succès de son film Mommy au Festival de Cannes, Dolan est mentionné dans pas moins de 2 625 articles depuis le début de l’année 2014. C’est beaucoup et exceptionnel !

Parmi ces nombreuses retombées de presse, le quotidien français Le Monde a publié, en plein durant le festival de Cannes, une critique très élogieuse du film qui représente un gain de réputation de 171 790 $* pour Dolan et son film, selon notre outil d’évaluation des médias en dollars mesure [d]. Avec une présence possible aux Oscars, parions que Xavier Dolan ne disparaîtra pas du radar médiatique en 2015…

 

xavier dolan Cannes
Source : theguardian.com

 

Les « flops » :

1- La Charte de la laïcité : Elle a fait couler tellement d’encre à l’automne 2013, puis à l’hiver 2014… Mais aujourd’hui, cette charte, qui devait affirmer nos valeurs québécoises et assurer la victoire électorale au PQ, est reléguée aux oubliettes.

Outre Bernard Drainville, la plupart des ténors péquistes l’ont reniée. Parmi les victimes collatérales, soulignons la famille Pineault-Caron, qui a comparu, en janvier, à la Commission parlementaire sur la Charte. Cette famille de la Côte-Nord, venue raconter ses voyages en Turquie et au Maroc, est devenue la risée d’Infoman et des médias sociaux… Sur YouTube, la vidéo a été vue plus de 480 000 fois.

 

2- Marcel Aubut et Vladimir Poutine aux Jeux olympiques : Cette visite aurait dû se transformer en bon coup, mais il s’agit plutôt d’un « flop »…

Après tout, le président du comité olympique canadien avait réussi à attirer Vladimir Poutine à la maison du Canada à Sotchi. Mais Marcel Aubut aurait sans doute dû se garder une petite gêne avant de faire une accolade enthousiaste au président russe. Même Poutine a eu l’air étonné d’autant d’amitié !

Me Aubut s’est retrouvé sur la défensive pendant deux semaines dans les médias. Il a été ridiculisé et caricaturé. « Je me suis expliqué quarante fois, c’est assez », a-t-il répliqué à un journaliste de Québecor à son retour au pays après les Olympiques. Cet article, publié notamment dans Le Journal de Montréal, représente un déficit de – 33 830 $* pour Marcel Aubut, selon notre outil mesure [d].

 

3- Yves Bolduc : Relégué au poste de ministre de l’Éducation, alors que son collègue Gaétan Barrette occupe le siège de la Santé, Yves Bolduc a connu un début de règne ardu.

Rappelons-nous qu’il a dû justifier une prime controversée de 215 000 $ pour avoir accepté davantage de patients alors qu’il était député dans l’opposition. M. Claude Castonguay – devenu à sa façon la belle-mère des libéraux – a ensuite demandé la démission d’Yves Bolduc.

L’entrevue de M. Castonguay au Téléjournal 18h de Radio-Canada vaut à Yves Bolduc un déficit de réputation de – 27 770 $*, selon notre outil mesure [d].

 

4- Fatima Houda Pépin : Entendons-nous, Fatima Houda-Pépin n’est pas un « flop » à proprement parler.

Mais après avoir été très médiatisée pour ses idées sur la Charte des valeurs et pour avoir tenu tête à ses anciens collègues libéraux, l’ex-députée de La Pinière a complètement disparu de la carte après avoir perdu son comté au profit de Gaétan Barrette.

Plusieurs ex-politiciens deviennent commentateurs dans les médias après leur carrière politique. Où est donc Fatima ?

fatima houda pépin 

 

L’entre-deux

PKP : Difficile de qualifier de « flop », l’ex-homme d’affaires qui caracole en tête des sondages comme aspirant chef du PQ.

Pourtant, son poing droit levé pour « faire du Québec un pays », lors de son entrée en scène aux dernières élections, fait partie des causes probables de la déconfiture électorale du PQ…

PKP est tellement médiatisé qu’il n’a qu’à respirer et il fait automatique la manchette ! J’exagère à peine…

Parmi les retombées célèbres sur PKP en 2014, soulignons la « une » du magazine Maclean’s avec ce titre « Is this the man who will break up Canada ? » au cours de la campagne électorale. Malgré certains éléments négatifs, ce reportage avait valu, selon notre outil mesure [d], un gain de réputation de 751 200 $* pour le PQ et son candidat vedette. La force de PKP réside dans cette capacité à générer une couverture médiatique que le PQ n’aurait pas sans lui. Pour le meilleur et pour le pire…  

 

La semaine prochaine, la suite des « tops » et des « flops » 2014…

 

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.