Pourquoi les médias s’ennuieront-ils d’Yves Bolduc?

Qui peut se vanter, au Québec, d’avoir été caricaturé à une vingtaine de reprises en une semaine ?

Primes de 215 000$ comme médecin, livres dans les écoles, fusion de commissions scolaires, fouilles à nu respectueuses, prime de départ de 155 000 $… En moins d’un an, l’ex-ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, s’est révélé une source inépuisable de controverses « payantes » pour les médias.

Alors que la Commission Charbonneau – qui a alimenté pendant deux ans les médias québécois en scandales de toutes sortes – a quitté les feux de la rampe, il faut bien trouver d’autres matières à controverses ! 

D’ailleurs, si les mêlées de presse avant l’entrée des ministres au caucus est autant couverte, en direct, sur les chaînes d’info continue, c’est parce que la commission Charbonneau ne siège plus…

Dans ce contexte, Yves Bolduc était devenu le souffre-douleur médiatique par excellence. Le docteur Bolduc répondait assidûment aux questions des journalistes, et ces derniers étaient presque certains d’obtenir une déclaration qui leur permettrait d’occuper les ondes pendant une journée entière… et même plus !

La question qu’il faut désormais se poser : qui remplacera Yves Bolduc comme souffre-douleur des journalistes politiques ? Car il y en aura un… mais qui ?

 La risée des caricaturistes

J’ai déjà rédigé un blogue sur pourquoi il ne faut pas hésiter à analyser sa couverture de presse négative. Les organisations – politiques ou autres – ne veulent pas toujours se faire dire jusqu’à quel point elles récoltent une couverture défavorable… Mais parfois, c’est nécessaire pour prendre des décisions éclairées.

C’est sans doute à cet exercice douloureux – mais essentiel – que le cabinet Couillard s’est prêté avant de décider (finalement) de remercier Yves Bolduc. 

Pour vous donner une idée du degré de couverture négative à l’endroit de l’ex-ministre, il suffit de répertorier les récentes caricatures à son sujet.

Depuis le 18 février, il s’est publié :

Pour un grand total de 22 caricatures – toutes négatives ! – en une semaine !

Et ce décompte ne comprend pas tous les quotidiens du Québec…

À elles seules, ces 22 caricatures représentent, pour Yves Bolduc, un déficit de réputation de – 103 345 $, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d *. Et c’est sans compter les innombrables commentaires qui en ont découlé à la radio et à la télévision…

 Le Journal de Montréal s’est même gâté un peu, avant qu’Yves Bolduc disparaisse complètement du radar, en publiant 21 photos drôles du ministre déchu…

À lui seul, cet article illustre pourquoi les médias s’ennuieront d’Yves Bolduc !

Déficit accumulé

Dès le départ, Yves Bolduc a connu un règne ardu.

En plein été, alors que les médias ont peu de nouvelles à se mettre sous la dent, il a dû justifier une prime controversée de 215 000 $ pour avoir accepté davantage de patients alors qu’il était député dans l’opposition.

Il y a tellement eu de mises au point dans ce dossier qu’on ne se souvient plus si le ministre a remboursé ou non sa prime, en totalité ou en partie, quand et à qui a-t-il donné l’argent… Bref, de quoi alimenter les médias pendant tout le mois de juillet !

Par exemple, l’entrevue de l’ex-ministre de la Santé Claude Castonguay  au Téléjournal 18h de la SRC, qui demande la démission d’Yves Bolduc, a valu à ce dernier un déficit de réputation de – 27 770 $, selon notre outil d’évaluation des médias mesure-d*.

C’est l’accumulation de tous ces faux pas et ces controverses dans les médias qui ont eu raison d’Yves Bolduc en politique.

Comme quoi, il faut parfois se décoller de l’arbre, évaluer l’impact de sa couverture négative et prendre les décisions qui s’imposent… ce qu’ont fini par faire le Premier ministre et son entourage.

* Précision : Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, mesure [d] évalue différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels. Mesure [d] est au service des organisations et des marques depuis 1994.

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