À LA UNE

Même sans l’avoir cherché, les propriétaires et gestionnaires du Manoir Hovey, de North Hatley, apprécient certainement la couverture de presse aussi nombreuse que favorable des derniers jours.

Tout comme ce fut le cas pour le Manoir Richelieu il y a quelques semaines – lorsqu’il fut désigné comme site du G7 2018 – le Manoir Hovey bénéficie d’un grand nombre de mentions non sollicitées, et ce, à la fois dans des médias traditionnels et sociaux du Québec et à l’étranger.

Rappel des faits.

L’an dernier, l’auteure à succès de romans policiers, Louise Penny, a sensibilisé le couple Clinton aux beautés et au calme de l’Estrie, en plus d’attirer son attention vers un manoir de 1900 classé 2e parmi les meilleurs hôtels au Canada (et 27e du « Top 100 au monde ») par le réputé magazine Travel + Leisure.

Combien?

Le passage en Estrie d’Hillary, de Bill et de leurs proches a fait boule de neige dans les médias. Mais, ce fut essentiellement au Québec.

Voici quelques chiffres:

  • Entre le 8 août et le 17 août en matinée, il y a eu 474 mentions du nom « Manoir Hovey » dans les médias traditionnels québécois; l’an dernier, à la même période, cette propriété « 5 étoiles » de Relais & Châteaux, en avait obtenu… 3;
  • Durant la même période, le nombre de mentions fut de 102 au Canada (hors-Québec) et aux États-Unis;
  • Il n’y a eu aucune mention dans le New York Times.

C’est à peu près tout.

Pourquoi si peu de retombées?

La réponse à cette question peut sembler cruelle, mais elle traduit très bien l’ère du temps: les Clinton sont… d’une autre époque.

Parce qu’aussi charismatiques et inspirants puissent-ils être tous les deux, il y a un fait: ils ne font plus l’actualité. Chez nous, ils sont accueillis comme de véritables stars, et ce n’est pas étranger à leur profil social-démocrate qui plait passablement au Québec.

LES CLINTON NE FONT PLUS L’ACTUALITÉ. CE SONT LES TWEETS DE LEUR RIVAL QUI MONOPOLISE L’ATTENTION DES MÉDIAS

Et la réputation du Québec à l’étranger?

Presqu’à chaque fois qu’une personnalité vient au Québec ou qu’il s’y déroule un événement hors de l’ordinaire – Barack Obama à Montréal, le projet de cimetière musulman à Saint-Apollinaire, la Formule E, etc. – beaucoup de médias québécois présument que la couverture sur le sujet, hors-Québec, est abondante.

C’est rarement le cas. Et la raison est fort simple: comme les médias hors-Québec en ont déjà plein les bras avec tout ce qui se passe chez eux, il faut qu’une nouvelle survenue au Québec soit vraiment exceptionnelle pour qu’elle parvienne à se frayer un chemin et à se démarquer.

Voici quelques exemples récents qui ont été très positifs pour la réputation des marques « Montréal », « Charlevoix » et « le Québec » à l’étranger:

  • généralement, Charlevoix génère, en moyenne, quelques centaines retombées de presse par semaine. Lors de l’annonce de la tenue du G7 dans cette région en 2018, il y a eu une véritable explosion: plus de 11 000 retombées !
  • le 6 juin 2017, 83 % des retombées médiatiques sur Montréal dans le monde portaient sur la venue de Barack Obama – ce qui est énorme pour une destination qui travaille continuellement à attirer des touristes et des gens d’affaires.

Sans surprise, les mauvaises nouvelles retiennent davantage l’attention que les bonnes. Par exemple, lors du projet de cimetière à Saint-Apollinaire, il y a eu plus de 1400 retombées dans les médias traditionnels hors-Québec. Mais, lorsque le maire Labeaume a annoncé l’implantation d’un cimetière musulman à Québec, il y a eu moins de 200 retombées à l’étranger.

L’arbre et la forêt

Il est important de constater que les angles de couverture de presse qui monopolisent l’attention chez nous sont souvent différents à l’étranger.

Par exemple, la couverture de presse très négative portant sur la Formule E à Montréal – la logistique et les communications, pas ce qui se passait sur la piste – fut une crise médiatique essentiellement montréalaise. Aux États-Unis, il fut uniquement question de la course, pas du coût des murets de béton !

L’offre touristique: une superbe carte de visite !

Il y a un enjeu incontournable qui, année après année, contribue à faire rayonner le Québec à l’étranger: c’est son offre touristique.

Du Château Frontenac aux bonnes tables partout dans les grandes et plus petites villes, en passant par les baleines à Tadoussac et le Village gai, sans oublier les chiens de traîneau et le réseau sous-terrain de magasinage via le métro montréalais: les médias traditionnels et sociaux – y compris le courant exponentiel des youtubers – donnent le goût de venir visiter le Québec.

Chaque vendredi, Mesure Média présente le gain de réputation (ou le déficit) enregistré par une marque, une organisation ou une personnalité au cours de la semaine, grâce à une ou à quelques retombées de presse et des croisements de données.

Note: Après avoir déterminé le coût publicitaire avant négociation d’une retombée de presse, nous évaluons différentes variables d’analyse afin d’établir le gain ou le déficit de réputation de la retombée. Le gain ou le déficit de réputation (en dollars) d’une retombée est calculé à partir de plusieurs critères quantitatifs et qualitatifs pondérés, dont le traitement journalistique accordé au message ainsi que les aspects graphiques et visuels.

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